vendredi 24 octobre 2014

Instantanées de la semaine

Automne est là
bonjour monsieur petits frisons
tiédeur de la maison délicieux 
soupe de pot au feu bienvenue


 foto de frankie

au coeur des feuilles d'automne  la rose d'octobre
se fait bercer


 foto de frankie

le rouge
pour rimer avec 
les petits arbres rouges 
les likidenbars





 foto de frankie
 Sortir de piscine
 bien bonnetée




 foto de frankie
 les graines 
dans les labours





 foto de frankie

les labours des mots corrigé du premier jet s
Ecrire les chapitres manquants,
corriger l'épreuve
en un beau chantier


et allez donc faire un tour chez l'amie Armarita vous y trouverez tous les instantanées de  la semaine
tendresse à vous chers instantanés de la semaine




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sagesse photgraphies Paris



 foto frankie

la déesse a pris la barque
de tissus insubmersibles
sous des vagues de layettes bleues
sur une mer verte pistache
elle se dirige vers
une presqu'île du Morbillan
pour célébrer
bientôt deux baptêmes
FP

1

Karlfried Graf Dürckheim

Le Chemin n'est pas linéaire, mais en forme de spirale, une spirale penchée où les cercles tombent dans l'obscurité et passent dans la hauteur de la lumière. À chaque révolution c'est plus lumineux. Son mouvement continuel nous mène de la périphérie vers l'axe, le centre, et du centre vers la périphérie, de la surface extérieure vers la profondeur abyssale du noyau et de là à nouveau vers la périphérie. Sans cesse nous nous sentons attirés vers le centre, appelés par lui mais, en même temps, envoyés dehors, au large. C'est le mouvement même du Souffle qui nous habite et dans son va-et-vient permanent nous saisis tout entiers, nous pénètre des couches les plus extérieures vers les couches les plus profondes et des couches les plus profondes vers celles qui sont extérieures, il nous "hominise" et nous divinise ...


 à l'atelier de la parole de Martine Tollet
 le travail du verdoyant 
foto frankie 
 le tableau d'une des participante

2

Alan Watts

L’illumination, c’est d’abord la liberté d’être le raté que l’on est. Il nous faut commencer là où l’on est, de façon entière, sans réserve et sans regret. En dehors de cette acceptation, toute tentative de discipline morale ou spirituelle demeure le combat stérile d’un esprit divisé et de mauvaise foi.


Foto frankie

Les hommes du verdoyant du marché de la Réunion

3

Mullah Nasrudin

On demanda un jour au Mullah Nasrudin :
- Nasrudin, est-ce que certains de tes étudiants sont déjà parvenus à l'illumination ?
- Bien sûr. Beaucoup d'entre eux, répondit Nasrudin.
- Mais comment peux-tu en être certain ?
- C'est facile. Ils ont cessé de me suivre et de suivre quiconque, ils ont cessé de parler sans cesse de «maîtres», d'«enseignements», de «spiritualité» et autres choses du même genre, et ils poursuivent leurs vies libres des peurs et des faux-semblants

 foto frankie
La Comtoise 
de la gare saint Lazarre ,
avez vous entendu son
tac tic , tic tac ?
4

Yvan Amar

On a l'impression de changer alors qu'on ne fait que prospérer spirituellement en accumulant des savoirs, des expériences ou des pratiques... Le changement véritable vient d'un abandon, pas d'une accumulation
 foto frankie
le sourire de la semaine
 un beau sourire
 de la dame du marché
 de la Réunion
 
et belle fin de semaine et demain  l'instantanée, belle pensées pour vous
Frankie Map's Monde

dimanche 19 octobre 2014

Mer d'huiles et orties blanches atelier d'écriture de le Hajat à la petiteRockette



j'écris pendant  que les invités écrivent mais la lecture est un temps pour eux  alors s'ils veulent lire ce que j'ai écrit sous la même indication la tresse des trois sens  récoltés
j'avais un brin de basique en odeur, et un bracelet brésilien  en objet , la composition musicale ce jour :  Mikael et de Roxane

si çà vous dit de lire :



 foto frankie


foto frankie

Mer d’huile et orties blanches



Pain Perdu

J’ai vu des poules naines dans le parterre au basilique, des poules angoras sur la table de la cuisine, des poules Chanel sur les sièges de la décapotable bleue turquoise de monsieur.

Jacquoote

Et bien couillonne de la lune, moi une plume d’ange m’a apporté un bracelet brésilien d’amitié. Son tissage était moins sauvage que mon tresseur de paroles.

Pain Perdu

Est-ce que tu te rends compte que je me suis fait croquer sur un dessus de lit fait main en coton blanc avec un crochet !

Jacquoote

J’espère que tu pourras attacher cet amour au petit cadenas au dessus de la Seine au parapet du pont des Arts .

Pain Perdu

Il m’a dit en descendant de ses collines me ramenant en Avignon que chez lui un coït c’était comme une pige  -il était journaliste au nouvel observateur- une fois le point de l’histoire  ou du fait divers posé, il n’y revenait plus. Il avait foi en son orthographe. Je lui ai dit d’arrêter sur le bas côté. J’ai fait celle qui allait le laper. J’ai attrapé dans mon sac une brassée d’orties blanches  que j’avais cueillies dans son parc à poules Haute Couture. Il avait bien préparé son costume trois pièces tout en lui roulant un patin frénétique comme un dépôt de xylocaïne (anesthésique locale)  j’immergeais sa verge à cette décoction,les premières brulures. Ce fut quasiment instantané la verge gonfla : une vessie comme celle sur les flancs du chameau à l’entame d’une grande portion de désert.

Jacquoote

Il a du voir le orange, le vert,  le noir...

Pain Perdu

Des ventres secs comme çà mérite de faire sautée à jamais sa mémoire - que les femmes sont des gourdes- et le troubler jusqu’à la mort pour des pauvres coïts à un coup.

Ah ! L’énergie solaire de la pérennité. Ce que nous étreignons nous glisse entre les mains comme les anguilles  pour une paluche pas avertie.

Jacquoote

Chavirer la gonzesse !  Il y avait mis un décor, je suis sur qu’en plus, il t’avait nourri avant de tomates avec du basique et que  ses bouts en train de poules t’avaient  donnés envie de jouer Marie Antoinette dans sa propriété. C’est un classique : montez aux ultras sons le bourrichon de la Nénette pour en un coup : faire le jackpot digne d'un Las Vegas.

Pain Perdu

Après je suis partie en stop, j’avais besoin d’une autre adrénaline pour finir ma journée en jubilation, une sorte de coup de gomme à la mémoire Inside, avant de franchir  les portes du « Chêne Noir ».

Jacquoote

Beau contre poison à la bandaison de ce vide. Tu as du être géniale sur scène  dans ton « Voyage à l’autre ». Je suis sur que dans ta loge tu as écrit avec passion cette vérole d’homme,et tu l'as servi à la scéne le soir même. (Rires) Si en plus il avait programmé de  faire la critique au "Chêne Noir" ce soir sans savoir que tu étais à l’affiche, il a pu s’enflammer aux orties blanches avec poche de glaçon entre les jambes pour maintenir la flottaison du supportable. Tu le sais comme moi le public aime la véhémence des journalistes. De plus en plus ils ont du mal à jouer de leur plume dans la haute sphère.

Pain Perdu

Le vent se lève, siffle les haubans, la brise est hurlante, annonce un fort du mistral, la nappe de la table acajou s’envole. Hissons les voiles rentrons au port Ce soir grande fête à la Capitainerie, tu m’as redonné envie de pécho.

Jacquoote

Comme tu as la main verte basilique, cueilles pour moi.
Auteure Pain. Mangou
droits de reproductions reservés

 
 foto frankie

vendredi 17 octobre 2014

instantanée de la semaine

c
Retour au bercail ,retrouver ses breloques , la bibliothèque, les tissus colorés après le blanc des chambres d’hôtels , le Rouge de Nicolas , le Violet foncé des draps de  Caroline dans la chambre bleue, la vie du minimum vous donne un esprit de fen show !
 écrire prend beaucoup de temps 

 demain l'atelier écriture et du sourire, 
j'ai affuté mes grandes oreilles et préparé des mots à mon goût pour solliciter leur appétit de dialogues.
la semaine prochaine, j'aurai dérushé mon voyage

allez voir les amis instantanés chez Armarita. et ravie de vous retrouvez dans vos pages....
Frankie Map's Monde

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La bas bleu et le bas rouge de Frankie Pain



retour à l'atelier de Paris 
écrit dans mes pérégrinations du Sud ouest.

Petite pièce de la robeuse des châteaux dans la traversée du grand fleuve.
Sud ouest France Vendée
Faits divers
Un coup de croc d’un bas rouge. Tue le fils de la Jonquière de La Ronde. Le croc ne ripe pas sur la carotide. Il s’est vidé séance tenante. Il revenait d’un salut d’un de ses spectacles privés dans sa champignonnière .L’affaire est entre les mains de la police locale.
Le commissaire
Vous savez qu’étant la propriétaire du chien, vous êtes Madame de la Jonquière de La Ronde la première des suspects.
Marguerite de la Jonquière de La Ronde
Je suis  que la robeuse du  Château Monsieur le commissaire,  par des circonstances, …., non prévue aux cahiers des charges de mon emploi, je mis au monde le petit Etienne René.
Le commissaire
Et,  maline vous vous faites épousée !
Marguerite la robeuse
Les ragots du village ne viennent pas jusqu’à votre office de Maillé Monsieur le commissaire, je m’en serai largement dispensée. Sa mère qui désespérait d’être grand mère malgré la multiplication des zombis du marais  avec la marque de fabrique de l’héritier  des Jonquière de la Ronde, c’est à dire tous , toutes : la touffe blanche de cheveux au dessus du crâne à l’endroit où s’échappe l’âme des défunts. Un matin alors que Monsieur  Norbert de  la Jonquière de La Ronde était revenu du pavillon de chasse particulièrement amoché, poché…., sa mère le réveilla dans  son premier sommeil, le pistolet sur la tempe.  Elle mit le choix au bout du barillet : « Tu épouses Marguerite la robeuse du château ou la balle partira . Quand on connaît tes frasques, le qu’en dira-t-on  ne manquera pas d’annoncer qu’un souffle de conscience t’est imposé d’ajournée l’enfer que tu fais subir à tout ce que tu regardes ou tu touches : ton suicide sera ta bénédiction pour ta mémoire et ton au-delà, cela t’évitera l’enfer. » 
La réponse fut rapide, Monsieur le Commissaire. Ma belle mère Marie Françoise avait la réputation d’une gâchette pertinente. Elle avait perdu le Nord en éduquant son fils unique venu sur le tard, comme nos oies de Noël, Monsieur le Commissaire, il fut gavé de toutes ses gâteries, hors limite.
Le commissaire
Vous devez être satisfaite de fille mère à Madame de la
Marguerite la robeuse
Pensez donc, ma crainte est plus qu’elle fasse de mon fils ce qu’elle a mis de diabolique au sien. Depuis qu’elle est grand mère, je vois Etienne René que quelques heures par jour et elle part en villégiature avec lui, sans moi. L’alliance de Monsieur feux mon époux, outre les obligations de droit de cuissage dans mon simple rôle de robeuse, il a rajouté à la liste de ses sévices des extravagances comme ce spectacle dans la champignonnière où je dus  me trémousser nue sur un bloc de glace sur lequel coule du miel. Quand je rechignai d’aller saluer, il leva la main sur moi. Le chien m’a défendu. Pour une fois, il était là Gudule. D’habitude, Monsieur l’attache à sa niche quand nous sommes ensembles.
Le commissaire
Vous avez toujours parlé aussi bien ?
Marguerite la robeuse
N’est pas robeuse au château sans une certaine éducation. Ma marraine m’a formé dans cette optique, elle fit le nécessaire  pour que je possède quelques conversations. Les essayages durent parfois très longtemps, nous nous devons de savoir écouter et répondre à bon escient : çà forme la parole. Et il y eut aussi mon apprentissage dans la Marne de tailleur pour hommes où très vite  je changeais le tissu de couture  en petite main pour recoudre les poilus.
Le commissaire
Mon respect Marguerite.
Marguerite la robeuse
Quand on a du talent au bout des doigts, sa place est pour servir la vie en premier. Et dans les blocs opératoires qui jouxtait les tranchées entre les bruits de la charge des obus et le cri des éventrés la parole circulait au dessus des champs opératoires, nous y colmations surtout au début, nos hauts le cœur. La parole nous permettait de continuer sans perdre notre dextérité qui nous étaient requises, le matériel que nous avions, était fort limité en regard  du nombre des interventions. C’est là que j’ai fini mes humanités. Il y avait de grands érudits, Maurice Genevois qui fut vite mis sur la touche avec ses blessures, j’allais à son chevet, il me prenait la main, me parlait de sa Loire : c’était notre évasion. Vous comprenez… J’ai appris sans chercher  à apprendre, les mots nés dans de telles conditions sont gravés  comme par une herse dans notre chair.
C’est aussi pour cette raison que Madame de la Jonquière de la Ronde  pensa à me donner le titre de sa bru. Son fils d’orgie en orgie noyait l’activité de ses neurones, et l’odeur  de mou d’alambic qu’il trimbalait avec lui dans toutes les pièces. Pour les réceptions, il eut fallu le faire jeuner comme les lumas (escargots) avant de pouvoir les cuisiner. A table Monsieur  était dispensé, je le représentais ainsi que son fils.
Les nuits d’insomnie entre Etienne René et Gudule, Marguerite cherchait les arguments  pour son futur interrogatoire.
Lors de l’interrogatoire Marguerite fut muette. L’avocat de la famille plaida  l’affaire. Il connaissait le Sujet Norbert par cœur, on sentait que ce n’était pas la première fois qu’il mettait les mains dans les lentilles du marais poitevin des terres  de la Jonquière de la Ronde. Il fut question d’abattre le bas rouge, son Gudule. Marguerite demanda alors de parler à l’Avocat. Elle lui dit les conditions par lesquelles  elle était tombée enceinte sous le regard de Gudule, ce chien lui avait été donné après l’armistice,  il avait eu avec son maitre la médaille de guerre. Chien des tranchées. Monsieur Norbert avait voulu la gifler au retour d’un salut. Quand Il avait pris son élan pour la gifle magistrale, le chien ne lui a pas laissé le temps de poser sa main, il avait bondi. Cette main là, l’aurait mise, Elle, sur le carreau. L’Avocat lui mit un doigt sur sa bouche et lui offrit un sourire rassurant.
L’avocat fut plus incisif, plus rapide que les boniments de ses nuits. Le jugement n’alla pas au Palais. Fataliste la conclusion. Les actes de Monsieur lui étaient revenus « dans la gueule » par l’innocence d’un chien médaillé de 14-18. Gudule put vivre sa retraite de guerre au château. Veuve, Marguerite eut droit de partir en villégiature à  Bagnières de Luchon dans la vallée du Lys dans les habitudes de la famille de la Jonquière de la Ronde, et ce temps là ,  elle ne fut plus coupée de son Etienne René.
Fin


auteure Pain. Mangou
reproduction réservée
 
Foto de frankie
dimanche avec le verdoyant chez Martine Tollet avec Kristine la chef de choeur Belge 



dimanche 5 octobre 2014

Atelier du Sourire 1 de la petite Rockette,

Foto Frankie Mikael

1
Œillets d’Indes
Au dessus des copeaux de bois
Le chant du sabotier

2
Nids de poule de la route
Le champ de riz
Forte odeur d’église
3
la charrette
Les oranges d’automne
La vieille défroisse son jupon

4
Le sirop d’érable
Sur la gaufre      chaude
Le branlement des bidons de lait

5
Œillets d’indes
Au dessus des copeaux de bois
Le chant du sabotier

Foto frankie Mickaël
6
Nids de poule de la route
Le chant de blé vert
Odeur  des roses d’Indes

foto frankie

Atelier 2 écriture de la petite Rockette , l'atelier du Sourire 1


Foto frankie
les instruments de musique       Foto frankie



1
Œillets d’Indes
Au dessus des copeaux de bois
Le chant du sabotier

2
Nids de poule de la route
Le champ de riz
Forte odeur d’église
3
la charrette
Les oranges d’automne
La vieille défroisse son jupon

4
Le sirop d’érable
Sur la gaufre      chaude
Le branlement des bidons de lait

5
Œillets d’indes
Au dessus des copeaux de bois
Le chant du sabotier

6
Nids de poule de la route
Le chant de blé vert
Odeur des roses d’Indes

Fotos frankie 

 




Foto Fathia


samedi 4 octobre 2014

L'instantanée de la semaine

Foto frankie

brassées de tendresses 
 sourires  gammes de rosée, rosées un verre de Rosé givré
et de vin jaune 

pain.mangou@yahoo.fr

lamangou@gmail.com

et vous pouvez allez voir les amies d'Armarita instantanée de la semaine

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 mes oeuvres picturales de la période



Foto frankie 



Foto frankie

mon verdoyant

Foto frankie
 
bisous mes très chères et chers

vendredi 3 octobre 2014

La Dame et les anguilles . suite et fin

pain.mangou@yahoo.fr

lamangou@gmail.com

bonne lecture chers amis blogosphère...
la parution ne figurera pas longtemps dans sont intégrité. après si vous le voulez vous passerez par le blog.






Billou
La Dame et les anguilles .
 suite et fin


6
Le Capitaine prit son  relais aux anguilles. Quand il en sortit, il  avait comme la danse de Saint Guy. Les chiens allaient de la baignoire  à la cabine de Pilar - Sébastian, leurs poils redressaient au milieu de leur échine : les sons produits d’un lieu à l’autre ne devaient  pas encore  être identifiables  en leur mémoire. Ils avaient la Trouille aux fesses. Le Capitaine douché, rasé, endimanché, au travers de leur porte de chambre dit : « mille Sabord, ce cent d’anguilles m’amènent à une autre centaine…. Je vous laisse Laïka et Billou,  la gabare est solidement amarrée, le cadre  sera de circonstance à votre réveil. Nos gourmandises pour le déjeuner  sont préparées. Dressez la table et quand vous m’apercevrez, craquez quelques allumettes sous les sarments. Je porte le pain.  Gardez vous bien du feu qui pâlit »
Sébastian : « et vous, Capitaine : battez le fer jusqu’au blanc».  Leurs rires en écho où les deux pôles s’éloignent, sont vite remplacés par les grattements des pattes de Laïka et Billou sur la porte de la cabine, accompagnés de gémissements. Pilar sent le syndrome de l’abandon chez ces deux chiens perdus-trouvés, elle en a tant entendus dans la jungle de ses nuits aux urgences. La porte s’ouvre, Billou, Laïka trouvent vite leur brassée de câlins. Rassurés ils s’enchâssent l’un dans l’autre et ronflent copieusement à couvrir presque le rire bleu de la gabarre dans sa contemplation de la lune pleine. Arrivent sporadiquement les  cris de la buse. Elle avait choisi la gabarre comme  halte depuis leur mouillage  avant Bergerac. Elle bivouaquait sur le mât aux drapeaux du Capitaine.
7
Pas loin de là, les coqs d’une basse-cour font des Battles. Leurs cocoricos s’enchainent à d’autres  à la ronde. Leurs chants racés dessinent l’espace. Se rendormir encore. Cette heure là qui ne l’aime pas ? Un autre  réveil, aux  piaillements d’enfants. Rose les tabliers des filles, bleu ceux des garçons. Toutes les têtes chaussées de casquettes jaunes au  rabat jaune sur la nuque. Ils se déplacent dans le champ de colza, au rythme de leur cueillette. Le chemin de halage est  bordé des touffes de jonquilles. Quel bouquet pantagruélique ! Et ce jaune Sol Lewitt à l’infini.     « Le Capitaine - pense tout haut Pilar-  a  soigné  l’amarre. Il ignorait la venue des enfants de l’orphelinat. Pilar voit le   plan qu’aurait pu faire  Fellini.  Il composait ses séquences  comme un tableau et dans tout film de Federico, il  ne manquait pas d’évoquer orphelins ou  un orphelinat ».    La buse avait ouvert son entreprise aux rats des champs. Entre les rougeoiements des  iris, elle guettait aussi les poussins des poules d’eau. Le héron au bec claquetant, impatient dodeline dans la vase de la berge. Il taquine la buse avec ses prises régulières de gardons et de tanches. Le martin pêcheur au  rire sceptique   se tâte : « est-ce bien l’heure déjà de pêcher ?».    Pilar est émue par l’offrande matinale de la nature. Sébastian dans un élan de tendresse virile l’enveloppe contre son corps dans ses bras. Contemplation. Puis,  il chuchote à l’oreille de Pilar : « sur le sein de cette paix règne la grâce de l’innocence alors que chacun cherche sa proie. » Bêlements et biquetteries rejoignent  la fanfare des rives.    « Quel réveil mon ami ! Suis-je Femme ou Ondine ? » Sébastian : « Femme c’est déjà diablement (pause) incommensurable. Il s’adresse aux chiens qui les collent aux talons : «  hum,  hein Laïka, hum batard Billou ! ». Ils  battent le plancher de la gabarre avec leur queue en rythme : « ouah, ouah, ouaf ! »
8
« Me Amor,  la faim piétine mon estomac.    Que notre Capitaine arrive.     Ne vois-tu rien venir ? ». Le grand échalas trapézoïde taillé comme Burt Lancaster dans « The swimmer » pédale. A l’avant du vélo : des paquets d’agapes certainement,  sur son sillage, dans la poussière de la sente de terre et de pierres : une cavalière sur  un superbe destrier blanc tacheté de gris. Sourires complices de Sébastian et de Pilar. Sur la table ronde d’acajou vernis à la proue de l’embarcation,  ils  dressent  la table. Ça swingue : porcelaines, cristal, métal , argent. Crépitement de sarments, éclates de pommes de pin. Le cuivre, les bronzes des cloches des églises du canton. Sans omettre la chorale : mésanges, bergeronnettes citronnées, ragondins. Hennissement d’Orion dans la prairie, répons de la voix orgue de cristal de la cavalière. Soudain le gong vibre Capitaine prononce le  mot magique : « à table ». Les papilles gustatives sont au garde à vous. Le couvercle des plats s’éclipsent. Poulet de grain aux anguilles grillées  sur un lit de pleurotes des prés, patates sautées  à l’ail et persil. Salade de cresson et de pissenlits, échalotes. Le vin glougloute, rougit le verre. Le partage. « Exulta té, jouabilité ».
Fin
Auteure Pain.Mangou 
reproduction réservée

 Là vous avez les oreilles du billou du récit
le corps et plus celui de la première image.


Billou

 gros bisous et à demain pour l'instantanée