mardi 24 septembre 2013

Feuilleton d'automne de Frankie Pain




1eme épisode
La cabane des commodités



« Ils sont hommes que ceux reconnues comme tels par leur femme »
 Michèle Manceaux dans « Le fils de mon fils dans l’ile de Ré »

Alain déposé par Léo Léon au bout de l’allée d’ibiscus.
Odette lève le nez de son fricot pose son chiffon et part à la rencontre du skipper. Dans son cœur une allégresse. Alain semble aussi de belle humeur. Leurs yeux pétillent de la malice de la vie. Pour les deux. Ils collent l’un , l’autre aux derniers événements.
Alain
Nous avons deux heures deux heures et demi à nous, pour nous après Léo Léon et Hugo seront là, nous sommes venus pique-niquer avec toi en surprise. Tu acceptes Chien.
Odette
Oh ! cela devrait. A part Antigone la chatte de gouttière mon adoption dernière, maîtresse en son territoire elle se planquera en haut du tas de paille.

Alain
Parfait.
Il lui prend la main, et très rapidement il l’entoure de sa couronne velue biceps et triceps saillants, et s’emportent vers les lèvres d’Odette qu’y s’offre comme une grenade bien mure, y pétille d’éclats de désirs tels les petits rubis du fruit cité. A l’observation on sent tomber la pression des épaules d’Alain. Faut dire que l’aveu des 10 gouttes lui avait caillé sur le jabot (l’estomac) comme on dit en Charente Maritime.

L’ambulance est sous le hangar à la place des charrettes du pépé patriarche. Odette sert un thé à la menthe poivrée du bord des fossés. Elle entraine Alain dans le potager.  « Ici nous serons plus tranquilles ». Elle désigne une cabane en planches résistantes aux temps anciens de sa construction. Elle, la cabane, devant la plate bande de tomates aux pieds desquels poussent des capucines et des pieds de soucis. 

Odette
en ouvrant la porte très fière comme elle aurait visité une pyramide
 la cabane conversation de mon grand père.
Alain
Conversation ?
Odette
Oui, deux trous pour la commodité
Alain
De tous les pays que j’ai parcourus, je n’ai jamais vu çà. (temps) Visitons !
Après vous , je n’en ferai rien. (rires)

Sur la porte un cœur est sculpté . la porte est de chêne. Le cœur est signé « Géant ». Sur la planche là dessus du  puits d’aisance, deux trous, deux couvercles de bois au bord  bisoutés, sans prise.
Alain
Pas très pratique
Odette
Au contraire après la commission, tu refermes, tu peux t’asseoir et converser en regardant le potager :  les tomates , les vignes, l’éventail , les…..


Pendant qu’elle dit cela avec au fur et à mesure la réminiscence du lieu , les secrets partagés , ceux cachés des générations… ; Alain s’est assit , attire  Odette sur ses genoux. Les voilà inventant une langue de borborythmes , de chuchotis, de gloussements. Nous pensons n’est-ce pas qu’ils passent le râteau des moines zen, de peau à peau . effleurent et fleurs,  l’ivresse de leurs corps  au potager et …. La chatte Antigone  dans le décor des capucines miaule.  Chien la rejoint , l’un et l’autre se roulent sur la terre en se faisant des jeux de pattes aux griffes rentrées. Une bergeronnette citronnée se pose sur un piquet de tomates.

Chien soudain aboit, Antigone, le dos rond est hérissé.
Alain
Le temps s’est arrêté , la piscine est terminée , Hugo et Léo Léon sont arrivés à l’ambulance. Mon dieu !
Odette
Diable comme c’est bon , pourquoi avoir si attendu ? 
 Tout est exceptionnellement vivant.  Les grottes de Casteret,  le merle encastré dans la glace, tout à coup détend ses ailes et par dans la vallée du Rio Verde.

Alain
Ma douce , l’enfant est là, il faut pas qu’il nous voit, j’ai promis à la juge.
Odette
 tu es venu chercher une salade , dans la salade il y avait une princesse qui t’a retenue .
Alain
Encore un baiser pour que tout çà ne s’envole. Dans cet instant précis « comme je t’aime ».
Odette
Les tomates ont verdi, "beurniquement"(bernique sur le rocher accrochées) nous fûmes , j’en fume encore . Bravo le hussard. Ton style s’est féminisé . Bravo. Qu’est-ce qu’on y a gagné ?!

Alain
Merci le jazz , les grands compositeurs. On improvise  . Et avec le p’tit homme nous allons aussi improvisé.  Hugo est d’une intelligence torride.
Odette
 Tant mieux.
Vas, je vais faire un bouquet pour la table sur le pré. Prends des tomates. Là bas la pompe , la fontaine pour te rafraichir.. . prends une serviette sur le fil à linge.
L’on entend au loin
Il est où mon papa  ?
Léo Léon
Reste là , on est pas chez nous.

Odette
rigole et à elle même
 Drôle de couple . Ils se sont trouvés les deux complices de la forêt. Un cadeau pour leur vie cet enfant là.
J’avais bon flair !



Instant du fruit
Posé là en silence
Où le ciel et la terre se rejoignent
Dans la douce rondeur
La  s’y recueille lumière
Et se laisse cueillir
Déchirant instant  du don
D’un fruit consenti
 Eclat  de la chair
Ombre de l’esprit
 François Cheng
In « Le  livre du vide  médian ».
 auteure Frankie Pain
et très belle journée


10 commentaires:

  1. Très joli tout ce rouge dans tes photos,tes personnages ont un beau décor pour évoluer.

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  2. Très joli tout ce rouge dans tes photos,tes personnages ont un beau décor pour évoluer.

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  3. Frankie j'ai connu une cabane à discuter...je m'égare dans mes souvenirs...je reviens lire le feuilleton plus tard
    gros bisous et merci pour ce rouge tonique

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  4. je vous en prie chères dames gros bisous

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  5. ohhh la... rien que le titre est alléchant... mais à lire une fois à domicile... je t'embrasse!!!!

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  6. Une belle histoire... à poursuivre ;-)
    Bizzz et bonne journée
    Lolo

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  7. une cabane à deux places.... ai rencontré cela au "Mouton noir" , une auberge écolo d'Issirac, dans le Gard: des toilettes sèches à deux trous , avec petites louches pour verser de la sciure après que...
    les tomates...chauffées au soleil!! ça me parle, car j'en ai encore à foison, chaque midi nous en dévorons saupoudrées de basilic!!
    encore l’Été d'arrière saison!!
    Bonne suite à toi!

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  8. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  9. Ou étais-je? Au milieu du rouge insolent des tomates et des vivides capucines... J'entends la terre frotter les coussinets de Chien et d'Antigone. Le froissement des lèvres, la pulpe des doigts sur les tissus légers...

    Ou que nous soyons, tes mots nous mouillent à tes rivages tout en nous laissant délicieusement dériver.

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  10. Et ben voilà ! C'est pas malheureux depuis que les corps se cherchent.
    Pas besoin de périphrase, cet amour était sous la peau, le voici à fleur de peau.
    Consommé et partagé.
    Pulpeux et rouge passion.
    Bravo Frankie.
    Je t'embrasse bien fort mappemonde.
    Belle nuit.

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