mercredi 25 novembre 2015

"Les années 70 d'Odette" de Frankie Pain

délicieux retour de manouche sur le news échevelés
Mourir de rire sur manouche
et délices et comprehension pour la lecture privilégiées de Josette et T et de la grand mimi du sud


voici un texte le temps que j'arrive  à Conlotte partie comme dit notre manouche nationale
et tes questions manouches , tu as l'art de nous trouver des perles....



Les  deux faces   et la deuxième marche.
En 72 Odette  a atteint la première cible entamée à l’âge de 13 ans et demi où elle commença avant même d’avoir l’âge de la loi, à travailler l’été. Odette  vit dans une communauté Trotskiste- Léniniste au cœur des quartiers de la Victoire à Bordeaux. Elle a une place en neuroradiologie de manipulatrice.  Son temps de loisirs est  à son art,    sa quête : trouver des aubaines pour le travailler, en vue de  l’exercer plus tard en professionnelle. Dans cette communauté, Odette est heureuse, la place à la parole y est importante. Évidemment assez complexe, leur bible est ardue  mais Odette se dit : « tout ce que l’on apprend, un jour trouvera sa vraie place en elle ou ce sera  un brulot de fumée. » Elle écoute, participe. Beaucoup de gens de la communauté sont sur le campus et pour Odette c’est son prochain  objectif, les voies ne sont pas encore tracées. Elle est libre, autonome matériellement. Des artistes des beaux arts font aussi partis de la communauté, elle ouvre grandes ses billes la Odette. Sa joie est immense. Des fragments de rêve prennent racines.

Son  fiancé vient la rejoindre après son DUT de conducteur de travaux. Ca se gâte. Lors des réunions avec la communauté, il lui donne des coups de pieds sous la table en lui disant : « tais toi, tu ne sais pas parler ». Dans la famille du fiancé c’était déjà la même sérénade et malgré le haut grade du père gagné en Indochine,- il y a des grades : coup de pot -  ce qui se parlait autour de la  table familiale,  elle a entendu  mieux ailleurs. L’amie d’Odette, lui dit en rigolant sombrement : il n’a aucun mérite, les petits sadiques n’ont pas l’intelligence que l’on leur prête.  Direct, ils voient la faille, trouvent le ventre mou de leur adversaire.  Pour une raison x,  ils ont besoin d’affaiblir pour jouir de l’autre sous un autre mode…... Odette se sait assez naïve, elle  ignore que l’on peut débâtir quelqu’un dans un but d’une  domination facile. Quoique n’a-t-elle pas eu ça sous ses yeux dans son passé ?   Ca se répète…………..   Dans  la communauté, Odette voyait cela d’un autre œil, elle qui a durement obtenue cette place -une pire épreuve d’examen- écrit, oral,  travaux pratiques : collage d’affiches, attitude en manif, etc.…. Un groupe engagé ! C’est elle qui paie le loyer, tout.  Et lui, même pas l’exam d’être là. Les coups de pieds pendant les réunions, Odette supportait mal. D’autant que chez lui, c’était le silence qui régnait .Ces beaux yeux bleus commençaient à tarir de leur charme. Ils froidissaient comme les poissons à l’étale après un voyage en camion entre des  blocs de glace.  Cela la mettait en Garde, sans conscience, encore. C’est peut-être cela que son père voulait lui dire : «  ma fille l’amour n’est pas toujours où l’on croit, y être, même si cela lui ressemble bien étrangement…. Nous pouvons y trouver des joies mais le drame de l’être humain est de confondre l’amour et le désir ; les vouloir ensemble.  Savoir de quel bois l’on se chauffe ! Rien n’est grave, Petite, protèges- toi bien ; pour des maladies pas sympa qui peuvent se transmettre, et, ne pas avoir d’enfant sans papa…. » Odette avait souri à son père, même si à ses 16 ans, elle ne comprenait pas très bien  ce dont il lui parlait.  Etre vigilante - un jour elle saura -  Des balises s’enclenchaient dans sa tête de guerrière. Odette décida d’observer son « Doudou pas_si _doux » sans prendre de décisions hâtives,  comme en médecine: la mise en Quarantaine.

 Aux quarante quatre hectares,  quai des Aroumis, sur le bout du bassin d’Arcachon,  prés des Passes quand le Doudou « porc et piques » l’amenait chez ses parents  ; toujours la grève de sa présence. Alors,…..   Odette adorait aller marcher et prendre son bain avec Ariane qui lui parlait de son spectacle en cours 1789. Comme il était bon de se taire si naturellement au cœur des mimosas, des yuccas, des pins tant l’euphorie d’Ariane était communicative  - cet état de recherche, état de friandises comme une acheteuse de melons  qui pesait d’un côté, de l’autre, sentait….. - Odette nourrissait son  rêve. Ariane à Odette lui  développait sans le savoir,  son roc de résistance : « çà, à mon désir, il n’y touchera pas, ce n’est plus partageable….. »
https://images-blogger-opensocial.googleusercontent.com/gadgets/proxy?url=http://a404.idata.over-blog.com/500x352/0/18/21/95/Anciennes-PHOTOS/Markov-Grinberg/Mark-Markov-Grinberg_La-cuisiniere-1930_.jpg&container=blogger&gadget=a&rewriteMime=image/*Arrive une invitation chez les architectes (relation professionnelle de Monsieur de Ham)….. Il exige d’elle une tenue plus convenable, d’aller chez le coiffeur. Mon Dieu ! Elle s’était toujours habillée de ses doigts, coiffée elle-même avec sa chevelure de lion. « Comment Odette,  chez le coiffeur quand le naturel est si beau ? » lui avait commenté Ariane. « A-t-il des yeux ? Les yeux, çà aussi c’est une question de culture ».  Une robe achetée, cours  de l’Intendance dans les derniers cris  de Paris. Le budget était serré, elle ne pouvait avoir accès à ses matières préférées.

Oui, le fiancé vit sur son porte monnaie aussi, alors  ses exigences : « malta propos ». Le « en plus » sur sa paye, c’est pour cours de danse,  spectacles, livres. Le musée. Attifée et coiffée, elle ne se ressemblait guère. A peine un compliment.  Cela devait faire partie de sa panoplie de petit sadique à saignée régulière, au metteur d’eau dans un grand Cru….. Monsieur le fiancé ne choisit même pas de se mettre au coté d’elle : l’enjeu d’une future embauche ! A peine si cette tablée remarqua Odette, rien du fiancé  ne fut fait  pour lui ouvrir  sa place.  Avant même le dessert, celui-ci pris sa guitare.  Jouer pour qui ?  La guitare était très mal réglée, les quelques accords qu’il connaissait, rassirent  vite  dans leurs ouïes. Odette prétexta des examens tôt  au bloc neurochirurgie pour  s‘éclipser.   Elle salua à la cantonade puisque qu’aucun _ aucune n’avaient fait état d’elle. En démarrant sa" deux chevaux "commerciale  elle dit : « plus jamais  ».


Une occasion lui fut belle……..Le festival Sigma  ouvrait ses portes sur Trois semaines. Le prochain diner arriva et le fiancé recommença ses exigences : là, Odette put lui dire ce qu’elle en avait pensé du diner chez les  architectes.  En début de vie de femme, être  la  potiche  , chez soi c’est dur à cuire alors ….ailleurs. Surtout quand on est celle qui fait bouillir la marmite …  Lui  en sous locataire, il participe à rien et s’offre le droit de …. Réitérer : c’est accueillir en sa bouche la mort comme une hostie. « Sers tes intérêts, vas-y Doudou, je fais le  festival Sigma . C’est merveilleux à notre retour nous aurons la joie de partager nos rafraichissements, nos  élévations… Là bas,  j’aurai plus de place, absente que présente. Honteux de t’être comporté avec autant d’indifférence à ta future femme et en prenant ta guitare nous imposer ton petit plaisir, avec ton unique arpège. Tout le monde n’a pas la niaiserie du regard de ta mère, l’orgueil de ton père devant leur bel  étalon blond, lui si brun. Si tu ne mets pas d’huile dans tes rouages, cela ne dura pas le temps du Tour de France. S’ils te souhaitent  comme conducteur de travaux pour leur projet, ton comportement froid, détaché,  pour leur équipe d’ouvriers : c’est le chaleureux qui crée la bonne cadence. »

Odette va à la salle à manger de la communauté préparer les sandwichs de la soirée. Ce soir grande soirée: la Mama de New York, le Bread and Poupets, le Living théâtre, …
Edward boude, il pense à la gueule des archis de le voir arriver sans sa femme. Les mœurs bordelaises, « jamais sans sa femme »  ce n’est pas bien dans le tableau  d’un diner.

Installé chez Odette, bourde sur bourde il accumule, il  a pensé que sa grande amoureuse lui mangerait dans la main et qu’il obtiendrait d’elle son objectif : qu’avec un " Minos" dans le ventre, elle lâcherait  sa passion pour le théâtre ainsi avec sa paye, elle lui paierait ses études d’architecture. Quelle myopie de l’autre ! Avec la détermination  d’Odette, cette jeune fille qui ne connait pas son fiancé  va se mettre à 13 ans et demi à travailler pour offrir des études à son futur mari ?  IL y a des connes qui choisissent leurs chaînes mais croire  à cela ! S’empêtrer  d’actes de plus en plus vils   au fur et à mesure, alors qu’Odette depuis belle lurette est dans les stratégies d’évitement, de construction,  louvoyage pour obtenir ce qu’elle ne peut atteindre en droite ligne ! Depuis qu’il se fréquente….Quel QUI d’un Dieu larve !

Odette passe chez ses copines de la communauté pour user dans leur boite de maquillage et s’excitait en chœur de la future grande soirée en perspective. Sa première grande soirée. Elle monte sa deuxième marche, une importante de sa vie. Fanny est arrivée à son studio, Odette la rejoint vite.  Elle enfile sa dernière création : robe longue à smocks, légèrement transparente, fond noir avec motif de flamboyants, d’eucalyptus et de perroquets. Fanny la jeune Corse Nantaise,  plus classique,  famille de médecin  à sur sa robe noire un motif de Madagascar brodé sur fond blanc et rouge garance. Fanny lui montre leur carte de journaliste. « Tu as réussi ! ». Edward a  triste mine il n’est que dans la  future situation blette chez les archis .Odette  d’un sourire niais le regarde, émet une  phrase muette : « on ne peut signer son arrêt de mort par amour ». Elle va toujours où la vie est. Coule. Même si la rivière est souterraine.

Les deux coiffées enjambent leur solex.  Traverser le marché des  Capucins plein d’odeurs, des camelots qui déballent déjà pour les ventes en gros de la nuit, et piaffent des mots d’amour au passage des deux beautés.   Descendre vers la Garonne après l’église Saint Michel et longer les quais  sous les grues avec  les  dockers cassant la croute, les  paquebots qui attendent leur pâture de l’aube, et l’Entrepôt Lainés où sera donné la Mama de New York : Antigone, le sang des Alcibiade de Sophocle…. Les deux Nénettes attachent leur solex ensemble, Odette serre très fort son amie Fanny dans les bras. « Tu as pris la meilleure décision »dit Fanny.
- Je le sais, mais  comment ai-je pu ainsi me tromper ? 
 - Il a joué son rôle jusqu’aux fiançailles, il a montré ce qu’il n’était pas, là avec ta bague de rubis d’Indochine, il t’expose sa face Nord la plus juste Face de lui. 
 
Vite, Odette oublia tout. Installées à de très bonnes places, carte de presse oblige, elles dégustèrent la Mama de New York  et enchainèrent dans la joie, l’extase. Faire partie de ces cérémonies de l’art où le temps coule comme dans un paradis de  terre où tout est léger , nourrissant, palpitant, mettant l’être à un degré qu’elles ignoraient, comme un pacte de paix avec toutes les instances de vie, c’est là qu’Odette avait choisi de consacrer sa vie  ……………………………….. Au petit matin, au marché des Capucins dans une gargote, devant une soupe d’oignons aux croutons et gruyère râpé à la meule, elles écrivent les articles. Les artistes de l’Entrepôt Lainé mangent aussi leur soupe à l’oignon….Ils s’envoient des clins d’œil d’une grande conversation partagée.

- Dors à la maison Fanny, il ne se réveillera pas…….. Nous allons dormir dans l’atelier, continuons notre rêve dans les rideaux de la nuit. Ce néant, …..bouffés  tant de fois  , à aucun moment je n’ai eu ce goût en gueule dans tous ces spectacles. Ils en réduisaient la toxicité : «  l’amour : c’est la mort » cette phrase qu’il me fit si souvent penser. Ah ! Bataille, Genet, oh ! Mes frères !  Et pourtant parfois c’était rude : les yeux d’Oedipe crevés, le messager d’Antigone, les dénonciations de la société consumériste du Living, et …. Et Odette chante.  Elles  s’endorment dans les bras l’une de l’autre, le sourire aux lèvres.   
    de Frankie Map's Monde
    
Droits de reproductions interdits 

                               

                                     dans le train je pars avec une belle cargaison de livres , hum , miam miam !


 Bordeaux , nous y sommes revenus !

Plein de belles choses à vous 

à Bientôt








4 commentaires:

  1. Odette prend sa vie en main c'est un bon départ, il y aura une suite?

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  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  3. notre chaînon manquant arrive... vive Odette...
    Je raccroche les épisodes Frankie, tout va bien.
    Je te souhaite un bon moment dans l'ait vivifiant du golfe, gros bisous

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  4. Odette fait un départ sur les chapeaux de roues de deudeuche ou de solex mais, elle redémarre fort.
    Profite bien de ton séjour.
    Je t'embrasse Map's Monde

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