vendredi 23 avril 2010

LE CONTE du vendredi Ouistiti des fréres grimm version 2








LES AMIS DE "pépé" la copine du petit OUISTITI de NICK BRANDT LA PHOTO

billy BRANDT
LE OUISTITI


LE OUISTITI
LE OUISTITI (V2)
D'après les frères Grimm
Ça n’avait d’abord été qu’une rumeur, de vagues on-dits, des ragots colportés par le vent ou par quelques indélicats. Puis, peu à peu, la nouvelle était devenue officielle. Des hérauts parcourraient le pays en tous sens proclamant haut et fort que « Son Altesse, la princesse à la tour aux douze fenêtres épouserait celui qui parviendrait à se cacher d’elle. »
Bientôt, de tous les coins du royaume, se sont mis en marche des dizaines de jeunes hommes forts, vigoureux, fougueux, confiants dans l’avenir et leur bonne étoile.
La princesse, installée tout au sommet de sa tour dans sa vaste salle circulaire tendue de soie écarlate, bien éclairée par les douze fenêtres les regarde s’avancer. Une intense jubilation s’empare d’elle. Elle va enfin pouvoir se divertir autrement qu’en inspectant chaque recoin de son royaume par sa première fenêtre. Elle ne regarde que rarement par la seconde et encore moins par la troisième et jamais par les autres. La vision est bien trop nette et elle n’en peut plus de tout voir, de tout savoir. Elle pourrait, c’est vrai, se mettre à broder, lire, écrire, se promener, visiter ses sujets nécessiteux mais elle tient toutes ces activités pour vulgaires et peu dignes d’elle. Elle a le pouvoir. Elle est le pouvoir et tient à le conserver. Personne ne réussira jamais le défi et elle pourra continuer à régner seule et sans partage.
Chaque matin, un valeureux champion se présente à sa porte. Elle le reçoit sans chaleur dans un cabinet sombre aux murs grenats sans la moindre ouverture vers l’extérieur. L’endroit est inhospitalier et empreint de lourdeur à l’image de la princesse parée comme une châsse et du trône en or ciselé. La princesse est fort belle mais son manque de compassion lui fige le visage qu’on croirait en cire. Elle porte des robes magnifiques aux couleurs subtiles, indéfinissables et qui sont chaque jour différentes. Au concurrent, elle égrène les articles du règlement qu’elle a édicté d’une voix absente et monocorde. Puis, sans un mot d’encouragement, sans un regard, elle donne son congé au compétiteur. Certains effrayés par la décapitation promise s’en retournent chez eux. D’autres, plus courageux ou inconscients tentent leur chance et le soir, leur tête va rejoindre un des cent pieux qui borde l’allée du château. C’est un bien triste spectacle en vérité que ces têtes décharnées pour les plus anciennes, sanguinolentes pour les plus fraîches. Triste spectacle qui n’engage plus de nouveaux concurrents à tenter leur chance. Nonante-sept fois déjà le bourreau a frappé. Nonante-sept vie ont été ravies par une belle au cœur de pierre.
Un jour, pourtant, par sa première fenêtre, la princesse voit arriver au pied de sa tour trois cavaliers. Ils sont jeunes. Ils sont beaux. Et bientôt, ils sont à ses pieds, à sa merci.
- Majesté, nous sommes vos humbles sujets. Permettez que mes frères et moi relevions le défi. Je suis l’aîné et mon droit d’aînesse m’octroie la chance de tenter ma chance en premier lieu.
L’aîné a son idée. La fosse à chaux lui semble la cachette idéale. Hélas ! après quelques minutes, la princesse le découvre et sa tête va rejoindre le nonante-huitième pieu.
Le second, fort de l’expérience malheureuse de son frère, se terre dans les caves du château. Il est persuadé qu’elle ne pensera jamais à le chercher là. Hélas ! sa tête rejoint le nonante-neuvième pieu.
Le plus jeune, sans doute le plus hardi, s’en revient chez la princesse. Il n’a rien à perdre si ce n’est sa tête. Il lui demande un sursis. Quelques heures. Une journée pour réfléchir.
- Accordé ! s’écrie la princesse dont les yeux pétillent d’une minuscule flamme inhabituelle. Je t’offre même trois chances en trois jours mais prends bien garde ; si je te trouve, c’en est fini de toi et tu iras rejoindre tes deux frères. Vois comme je suis généreuse mais je dois te dire que tu n’as aucune chance.
La nuit ne porte pas toujours conseil car au matin, le jeune homme n’a toujours aucun plan. Il tourne comme un lion dans sa cage. Plutôt que de s’épuiser en vaines pensées, il décide de s’en aller dans la forêt. La chasse est un excellent sport pour les esprits torturés et le meilleur remède contre les idées noires.
A peine entré dans la forêt, il aperçoit un corbeau qui s’envole. Il arme, vise et au moment où le coup va partir, il entend :
- Ne tire pas et je te le revaudrai.
Surpris, le jeune homme baisse son arme et l’oiseau disparaît.
Il poursuit sa chasse. Ses pas le mènent vers un étang où glisse à la surface un beau poisson argenté. Il arme, vise et au moment où le coup va partir, il entend :
- Ne tire pas et je te le revaudrai.
Surpris, le jeune homme baisse son arme et le poisson disparaît.
Il reprend sa recherche et découvre au cœur d’un clairière un magnifique renard qui claudique. Il arme, vise et tire. La balle siffle aux oreilles de l’animal et continue sa course vers un grand chêne.
- Mon pauvre bonhomme ! Tu es pitoyable. Tu rates même un vieux renard boiteux. Rends-toi plutôt utile et viens m’enlever l’épine qui m’empêche de courir.
Un peu honteux, le jeune homme s’exécute mais dès qu’il voit le renard à nouveau sur ses pattes, il éprouve un profond désir de le tirer. L’animal doit le sentir car il le regarde tout au fond des yeux et lui dit :
- Laisse-moi m’en aller et je te le revaudrai. Et le renard s’enfonce dans les fourrés épais.
Sans prise de chasse et sans idée pour le lendemain, le jeune homme regagne son logis. Sa nuit s’écoule sans rêve. L’aube vient. Elle n’amène pas de solution. Et déjà la grande faucheuse montre le bout de son nez. Comment peut-il faire pour échapper à la mort ? Il pense au corbeau.
Le corbeau toute aile repliée dort sur son nid en tout en haut d’un arbre.
- Corbeau, noir Corbeau. Veux-tu me dire où je peux me cacher pour échapper à la princesse ?
- Vouloir… je le voudrais bien mais… on n’échappe pas à la princesse. Elle peut tout voir du haut de sa tour par ses douze fenêtres. Ce que tu demandes là est impossible. Rentre chez toi.
- Corbeau, noir Corbeau. Je t’en supplie. Rappelle-toi. Je t’ai laissé la vie sauve. A ton tour de m’aider.
Le corbeau prend son plus bel œuf. Il le rompt et y fait entrer le jeune homme. Il replace l’œuf parmi les siens en ayant pris soin d’effacer toutes les traces de brisure.
La princesse en haut de sa tour inspecte chaque recoin de son royaume. Elle regarde par ses fenêtres.
Une, deux, trois – surprise
Quatre, cinq, six – question
Sept, huit, neuf – perplexité
Dix, onze… il est là.
Une légère moue de dépit se dessine sur son visage.
- Gardes, amenez le corbeau et ramenez-moi ses œufs.
Ce qu’elle demande, elle l’obtient. Elle casse elle-même l’œuf dans lequel se tient lové le jeune homme.
- Te voilà découvert. Ta première chance est passée. Tâche de faire mieux demain. Ta vie ne tient plus qu’à deux fils.
Accablé, le jeune homme rentre chez lui et attend dans l’angoisse l’arrivée du jour nouveau. Aux premières lueurs de l’aube, il part à la recherche du poisson argenté.
- Poisson, beau Poisson d’argent, où puis-je me cacher pour échapper à la princesse ?
- Ce que tu me demandes-là est bien difficile. On ne peut pas se cacher de la princesse. De ses douze fenêtres, elle voit tout. Tu n’as aucune chance.
- Poisson, beau Poisson d’argent. Je t’en supplie. Rappelle-toi. Je t’ai laissé la vie sauve. A ton tour de sauver la mienne.
Le poisson saute vers le jeune homme et le happe. Il rejoint le fond de l’étang et se cache dans la vase.
Au même moment, la princesse en haut de sa tour inspecte méthodiquement son royaume. Elle regarde par ses fenêtres.
Une, deux, trois – surprise
Quatre, cinq, six – question
Sept, huit, neuf – perplexité
Dix, onze, douze… il est là.
Une légère moue de dépit se dessine sur son visage.
- Gardes, amenez le poisson d’argent que je découpe moi-même.
Ce qu’elle demande, elle l’obtient. Elle ouvre le ventre de l’animal dans lequel se tient lové le jeune homme.
- Te voilà découvert. Ta deuxième chance est passée. Tâche de faire mieux demain. Ta vie ne tient plus qu’à un fil.
Le jeune homme ne peut pas dormir de la nuit. Dès potron-minet, il part à la recherche du renard. La peur au ventre et le cœur en lambeaux, il avance parmi les arbres et les ronces jusqu’à la clairière. Le renard est là qui se roule dans l’herbe humide du matin.
- Renard, rusé Renard, où vais-je me cacher pour échapper à la princesse ?
- Pas simple ton affaire. La princesse voit tout, connaît tout, ait tout. Je crains de ne pas pouvoir t’aider.
- Oh ! Renard, rusé Renard. Je t’en supplie. Tu ne voudrais pas que l’on dise partout « bête comme un renard ». S’il te plaît, aide-moi.
Le renard blessé dans son amour-propre réfléchit. De petits frissons lui parcourent l’échine tandis que sa queue balaye le sol au rythme des idées qui passent.
- Viens, suis-moi. J’ai la solution.
Il arrivent près d’une source.
- Une source ! Mais elle m’a déjà trouvé dans l’eau. Cette fois, c’est la fin.
- Taratata. Homme de peu de foi. Tu es vraiment comme tous les humains. Me fais-tu confiance oui ou non ? Regarde plutôt que de t’épancher sur ton sort.
Le renard entre dans l’eau et en ressort changé en montreur d’animal. Il porte un habit multicolore qui brille dans les premiers rayons du soleil. Ses larges manches flottent au vent de même que la plume de son chapeau doré.
- A ton tour maintenant.
- C’est que… Que va-t-il m’arriver ? Je vais aussi me transformer… Imagine un peu que ça rate… Que je reste pour toujours autre chose… Non, Renard. Tu n’es pas si rusé. Ton idée est une mauvaise idée.
- Comme tu veux mais je pensais sincèrement que tu voulais épouser la princesse. Libre à toi de mourir.
Le jeune homme hésite puis entre dans l’eau. Il en ressort sous la forme d’un ouistiti, une adorable petite boule de poils bruns qui en parvient pas à savoir ce qu’il doit faire de ses bras trop longs.
- Et maintenant ?
- Grimpe sur mon épaule et surtout ne dis pas un mot. Nous n’avons pas une minute à perdre.
Le forain entre dans le village en déversant dans les rues des flots de musique. Toutes les commères sortent de chez elle et s’assemblent autour de lui. Elle admire les cabrioles du ouistiti. Une plus vieille regarde de temps en temps vers le sommet de la tour l’air inquiet. Il ne faut pas s’attarder sans quoi… mais c’est tellement gai et on n’a si peu de joie au pied de la tour. Voilà que les ménagères se mettent à danser. Soudain, elles s’arrêtent, se séparent et s’écartent. La princesse est là, souriante. Elle rit des facéties du petit singe puis elle sort de sa poche une bourse de cuir et la tend au forain.
- Je te l’achète. Prends, c’est pour toi.
Avant qu’elle ne s’éloigne avec son achat, le forain souffle à l’oreille du singe.
- Dès que tu le peux, grimpe dans son chignon et n’en sort qu’au moment où elle t’en donnera l’ordre.
La princesse remonte dans sa tour. Elle pose le ouistiti sur son épaule et aussitôt, il se cache dans ses cheveux. Arrivée au sommet, elle regarde par ses fenêtres.
Une, deux, trois – surprise
Quatre, cinq, six – question
Sept, huit, neuf – perplexité
Dix, onze, douze…
Dix, onze, douze.
Nulle trace du jeune homme. Elle colle son nez à la douzième vitre pour mieux voir.
Une vague de peur monte en elle. Dans un mouvement de désespoir, elle frappe la vitre qui vole en éclat entraînant dans sa perte les onze autres fenêtres.
Le choc est si violent que le ouistiti déstabilisé s’accroche à une mèche de cheveux.
- File d’ici sale bête. Je ne veux plus jamais te voir.
Le ouistiti ne se le fait pas die deux fois. Il court vers la forêt à la recherche du montreur d’animal. Il ne trouve qu’un renard occupé à compter ses pièces d’or.
- Cette journée a été excellente ! Viens. Il est temps que tu reprennes forme humaine.
Le ouistiti entre dans la source et en ressort en jeune homme.
- Renard, rusé Renard, tu es le plus fort. Les autres ne sont rien à côté de toi. Merci de m’avoir sauvé la vie.
Ils se quittent chacun allant vers son destin.
Le jeune homme entre dans le château où la princesse l’attend.
Les noces sont célébrées le jour même et tous les villageois sont invités au banquet. Le repas est somptueux et se termine fort tard mais comme je n’y étais pas, je ne peux vous en dire que ce qu’on m’en a dit.

Il était une fois une princesse qui vivait dans un donjon magique avec son père, le roi. La princesse ne voulait se marier avec personne, seulement avec celui qui se cacherait si bien qu’elle ne pourrait le trouver. Des jeunes hommes essayèrent de se cacher mais la princesse et son donjon magique les trouvaient toujours.
Un jour, un très beau prince demanda à la princesse de lui laisser trois chances et elle accepta. D’abord, le prince fut aidé par un oiseau. Il se cacha dans un oeuf . Mais la princesse le trouva . Puis un poisson avala le prince pour le cacher. Mais la princesse le découvrit . Enfin, un renard emmena le prince à une fontaine magique. En sautant dedans le prince se transforma en ouistiti. Ensuite, la princesse acheta le ouistiti sans reconnaître le prince. Finalement le prince se maria avec la princesse.

Le ouistiti et le rhinocéros

Un jour, gros-gris le rhinocéros trouve sur sa corne un petit ouistiti : « Et ! Toi ! Pourquoi restes-tu sur moi ? »
Le ouistiti répond: «Bonjour je m'appelle Ouisti et je ne sais pas où aller pour échapper au chasseur. Gros lui répond sur un air méchant : « Il n'y a pas marqué NID sur mon front! »et il lui donne un coup de corne. « Allez, ouste !Ouistiti ».
Ouisti lui dit, tout malheureux : « Bon d'accord, de toute façon, c'est toujours pareil. »

Hélas on voit que de tout temps
Les petit ont pâti de la méchanceté des grands.



D'après les frères Grimm
Il était une fois une princesse qui dans un accès de colère ferma si violemment sa fenêtre qu’elle se brisa en mille morceaux. L’onde de choc fut telle que les onze autres fenêtres volèrent en éclats à leur tour. La haute tour aux douze fenêtres magiques avait vécu.
La princesse reste sans voix. Elle contemple le désastre. D’un seul coup, elle vient de briser toute sa vie. Des sentiments confus s’entremêlent dans sa tête : rage, tristesse, peur, inconnu.
L’inconnu justement. Il ne va certainement pas tarder à venir réclamer son prix et le prix ; c’est elle. La princesse se demande pourquoi elle s’est embarquée dans cette galère. Bien sûr, elle était certaine de gagner. Rien ni personne ne lui avait jamais résisté mais celui-là… avec son petit quelque chose de différent. Ce qui frappe chez lui, c’est son regard : droit, lumineux, intense ou bien non, c’est sa voix : douce, chantante, caressante ou plutôt son allure : fière, digne, masculine. Il est tellement beau, si grand, si blond avec une bouche bien dessinée et l’œil bleu. On dirait qu’il sort tout droit d’une gravure de mode et pourtant, il était là, à ses pieds, prêt à risquer sa vie pour gagner son cœur. Et lorsqu’il lui a demandé comme une faveur quelques heures, elle n’a pas résisté. Elle lui a accordé 3 jours et 3 chances. Trois occasions de se cacher d’elle sinon il irait rejoindre les 99 têtes qui bordent l’allée qui mène à sa tour.
Mais vite, il n’est plus temps de rêver. Il va arriver. Il ne faut pas qu’il sache. Il ne faut pas qu’il voie le désastre.
- Mes gens ! A l’aide ! Au secours ! Je suis perdue !
Les femmes de chambre arrivent avec des seaux, des ramassettes, des brosses. Elles ramassent les morceaux les plus gros et balayent les particules plus petites. Le régisseur sans qu’on lui demande rien s’en est allé chercher le vitrier. Une tour sans vitre n’est plus une tour. La princesse se lamente, implore le ciel, prie Dieu et tous les Saints.
- Viens léontine. Allons dans ma chambre. Il faut que je me coiffe et que je me pare pour recevoir le vainqueur. Il ne devrait plus tarder à présent.
Léontine suit la princesse de son pas traînant en marmonnant entre ses dents. L’effet de son poids et de ses jambes petites lui donnent une démarche de cane. Oui mais ici, c’est le caneton qui tire la cane. En tendant l’oreille on peut entendre : Ma princesse, mon enfant, ma petite fille, celle que j’ai vue naître et que j’ai nourrie, celle que j’ai bercée et consolée. Je la voyais se marier avec un prince et même pourquoi pas avec un roi. Et voilà qu’elle va se donner au premier va-nu-pieds venu. Oui. C’est qui ce rien du tout ? On ne sait pas d’où il sort. Et puis, une princesse comme ma princesse, c’est un prix bien trop beau tout juste pour s’être caché. Tiens, d’abord, il était caché où cet animal, ce suppôt de Satan. Pour sûr qu’il a fait quelque tour de magie ou bien un pacte avec le Diable. Jésus, Marie, Joseph, priez pour nous. Qu’est-ce qui va nous arriver ?
- Léontine, dépêche-toi. Je dois choisir ma robe. Mais qu’est-ce que tu as à grommeler comme ça ? On dirait un ours.
Un ours. C’est à un ours qu’elle me compare. Ah ça, ça n’était jamais arrivé. V’là déjà le Diable qu’est débarqué. Léontine se signe, croise les doigts et si elle osait, elle cracherait.
- Léontine ? Qu’est-ce que tu penses de la bleue ou plutôt non la rose à moins que la mauve ou bien la grenat ? Léontine ? Réponds-moi ! Et puis, je vais mettre la bleue. Elle a exactement la couleur de ses yeux. Et puis, je vais laisser flotter mes cheveux. Ce chignon est tout défait. Tu as remarqué que le ouistiti s’y était caché ? dommage qu’il soit parti. Je suis un peu vive. Je n’aurais pas dû le chasser.
Saint Lambert, Saint Adalbert, Saint Philibert. C’était caché qu’elle a dit. Oh mais moi, j’suis sûre que c’est pas chrétien cette affaire là. L’autre, j’vous dis que c’était un singe. Et re-signe de croix et re-croisement de doigts. Léontine faut te r’saisir et servir ta maîtresse. Elle va avoir besoin de toi.
Pendant ce temps, le ouistiti entre dans la forêt à la recherche du montreur d’animal. Dans la clairière, il ne trouve que le renard occupé à compter ses pièces d’or qu’il a reçues de la princesse en échange de son animal.
- Renard ! Ça a marché. Tu es le plus fort. Le corbeau m’avait caché dans son œuf. Pff ! Bien fait qu’il se soit fait couper la tête. De toute façon, il n’avait pas de cervelle. Et le poisson, il m’avait avalé et c’est lui qui a servi de dîner. Oh mais toi, Renard. Tu es vraiment rusé. Rusé comme… comme un renard. Rechange-moi vite en jeune homme que j’aille retrouver ma belle et prendre possession de mon château.
- Tu vois, je ne sais pas si je vais le faire. C’est vrai que tu as enlevé l’épine qui me faisait souffrir et qui me rendait boiteux mais tu avais tellement envie de me tuer. Rien ne me dit que tu ne le feras pas demain. Imagine que ça te reprenne. Qu’est-ce qui me garantit qu’à la première occasion venue tu ne me tireras pas dessus ? Rusé peut-être mais moi, je veux des garanties.
Le ouistiti se gratte la tête. C’est une situation qu’il n’a pas envisagée.
- Renard, demande ce que tu voudras et tu l’aurais mais d’abord fais-moi redevenir un homme car rien ne me prouve que tu respecteras ta parole lorsque tu auras ce que tu veux. Renard, ce n’est pas à un vieux singe que l’on apprend à faire la grimace.
Les deux animaux se regardent. Il savent qu’ils ont besoin l’un de l’autre. Le renard se remet à compter ses pièces d’or, les glisse dans la bourse de cuir, se lève et fait mine de partir.
- Renard, ne t’en va pas. Je t’accorde trois vœux. Demande et tu les auras dès que j’aurai épousé la princesse.
- Voilà qui est bien parlé. D’abord je veux… je veux dix poules bien grasses chaque semaine.
- Accordé.
- Ensuite, je veux… je veux que plus personne ne vienne chasser dans cette forêt.
- Accordé.
- Enfin, je veux… je veux assister à ton mariage et être ton témoin.
- Renard mais ce que tu demandes là est impossible. Jamais je ne parviendrai à expliquer ce que fait un renard à mes côtés un jour de noces. Et puis, pense si tu te mettais à parler. Je ne peux pas t’accorder ton souhait. Demande autre chose.
- C’est ça ou tu restes ouistiti toute ta vie et moi, le renard, je crois que j’aime bien… manger les ouistitis.
Le singe effrayé recule d’un pas.
- D’accord tu as gagné mais ne pourrais-tu pas faire quelque chose, te changer en humain mais surtout pas en forain. Tu pourrais être un prince étranger.
- Tu as raison. La chose peut se faire. Allons jusqu’à la source magique.
Le ouistiti entre dans l’eau glacée et redevient le beau jeune homme qu’il était quelques heures plus tôt. Il porte un haut de chausse bleu azur pailleté d’étoiles d’or. Son habit est si beau qu’il faut plisser les yeux pour ne pas être ébloui. Il se regarde dans l’onde et un magnifique sourire illumine son visage. Le renard entre dans l’eau à son tour et ressort en sultan des mille et une nuits. Il est paré de toutes les soies de l’Orient, merveilleusement vêtu et digne d’aller à des noces. Les deux hommes se mettent en route pour le château.
A mi-chemin, il croise le vitrier qui s’en retourne chez lui sa tâche achevée. Ils arrivent jusqu’à la tour sans rencontrer un seul piquet. Tout a été nettoyé et les 99 têtes ont disparu a jamais. Les portes sont grandes ouvertes et ils entrent.
De tous les côtés, le villageois accourent. Ils ont tous été invités aux épousailles. La musique et le vin coulent à flots. Les odeurs de cuisine s’insinuent dans chaque parcelle d’air. Ça sent le pâté en croûte, la pintade farcie, les morilles, l’ail, le gâteau à la vanille. Toutes les fleurs se sont ouvertes en un instant et offrent un tapis multicolore et odorant.
La princesse apparaît, tend la main au jeune homme. Le temps suspend son vol pour une seconde d’éternité et les voilà mariés.
Ils ont, m’a-t-on dit, de nombreux enfants et s’ils ne sont pas morts, ils vivent encore. C’est normal, c’est toujours ainsi que se terminent les contes de fées.

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