lundi 4 février 2013

théme de la semaine la fluidité . et, Georges Haldas

 hier Josette
 http://lacachetteajosette.blogspot.fr/
 dans son commentaire m'offrait cette phrase



"On porte en nous une semence qui échappe à l'oubli" Georges Haldas



 j'en fus réjouie et comme je connaissais cet auteur , j'ai mis ma chercheuse en route et quelle joie  alors j'ai picoré ici est là   des traces de ce Monsieur et je vous en fait par

extrait




l’état de poésie autorise une « dilatation de la psyché », avec le sentiment d’une « révélation fortuite », d’une « fugace plénitude », au sein d’un « bonheur fait d’élan et de repos, d’allégresse et de sérénité… »






Pas de roman donc, ni de philosophie. A l’aise dans l’évocation de ses souvenirs, Georges Haldas prolongeait non pas une introspection, mais une inlassable réflexion, jamais crispée ou minéralisée dans une connaissance définitive. D’ailleurs, ce n’est pas se connaître qui était le plus urgent pour lui, mais déployer, risquer au dehors toutes les ressources de l’intelligence et du cœur. Il nommait ce souci, ce besoin vital, ses « Pâques de tous les jours ». Ainsi pour être « totalement présent à soi-même et au monde », il faut non seulement une « pleine conscience » mais aussi, paradoxalement peut-être, un certain « oubli de soi ».




Patrick Kéchichian

....

Peu importe leurs imperfections, leurs naïvetés, leurs approximations… Une existence, un travail, un métier de vivre y sont à l’œuvre. Dès lors, le lecteur est invité à entrer dans une complicité, sans complaisance aucune. Et il trouve là son bien.







BiBi a déjà « présenté » Georges Haldas, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels on trouve des recueils de poésie, des chroniques ou récits autobiographiques, des carnets. BiBi ne tournera pas autour du pot : Georges Haldas, scandaleusement méconnu sur nos terres « littéraires » françaises, est l’égal des plus grands. Lisant cela, il se moquerait probablement de BiBi. Morceaux choisis.


Georges Haldas

1. Pas assez de patience. Pourquoi cette hâte d’en finir, au moment même où la parole arrive ? Comme si était insupportable, pour toi, ce moment d’écrire, que par ailleurs tu ne cesses d’attendre, sinon d’appeler ou de solliciter. Comme un type qui trop longtemps désire une femme. Et quand celle-ci arrive, tout heureuse, par angoisse et précipitation, il bâcle. Et il n’y a plaisir ni pour l’un, ni pour l’autre. Ni pour qui écrit, ni pour qui lit.

2. Il faut avoir écrit 300 pages d’un livre pour commencer à voir qu’on n’a pas dit l’ombre de l’ombre de ce qu’on aurait voulu dire. Bien qu’on se soit mis – du moins l’avait-on cru – tout entier dans ce qu’on écrivait. A quel point ce qu’on appelle le don de soi parfois nous trompe.

3. Les littérateurs : pour eux, le commencement et la fin de tout est ce qu’ils écrivent. De quoi en rire.



4. Quand on relit ce qu’on a écrit, c’est toujours ce qu’on a omis de dire qui apparaît essentiel. Qu’en voulant atteindre, précisément, on a manqué.

5. Bonheur de rencontrer des êtres avec lesquels on se comprend avant d’avoir parlé.

6. Reconnaître nos erreurs et nos fautes mais ne pas se laisser submerger par elles.

 un carnet de Georges

7. Ce mélange, la nuit, d’épouvante et de confiance inébranlable. Tout se mêle dans les insomnies. Et c’est en elles que l’on surprend le mieux, avec ces prodigieuses composantes, la substance même de notre vie et ce qui détermine notre destin. Évoquer un jour quelques-unes de ces insomnies. Aussi parlantes que les rêves.


suite demain


Il aimait croiser ses semblables dans les cafés pour mesurer et surtout éprouver toutes les formes possibles de la  fraternité. Il se nourrissait de ces rencontres. Tous les visages de l’homme lui étaient comme une silencieuse injonction au partage, à la bonté et à la beauté du partage. Converti au catholicisme, nullement embarrassé de bienséance institutionnelle, il n’avait ni sa langue ni sa plume dans la poche. Pas la moindre trace de mièvrerie dans ses livres, mais une voix claire, juste, sans contorsions. Un soir à Genève, juste après la guerre, il avait dîné avec Georges Bernanos, qui l’avait engueulé pour ses sympathies communistes… Il garda toujours quelque chose de la brûlante impatience de l’auteur de La Grande peur des bien-pensants






Georges Haldas, né le 14 août 1917 et mort le 31 octobre 2010, est un écrivain poète, traducteur genevois.
Georges Haldas, de père grec et de mère suisse, vit jusqu'à l'âge de neuf ans en Céphalonie. Puis, installé avec ses parents à Genève, il passe dans cette ville la plus grande partie de sa vie. Il travaille successivement dans une agence de presse, exerce le métier de correcteur, enseignant, vendeur en librairie et journaliste.
Poète, essayiste, traducteur, Georges Haldas est l’auteur d’une œuvre très riche qui comprend quatorze recueils de poèmes (rassemblés en 2000 dans Poésie complète aux éditions L’Âge d’Homme), des traductions, des essais, trente-sept chroniques et les Carnets de l’état de poésie.

Prix Schiller 1971 et 1977.

 Georges Haldas  : Grec et Genevois




  • Cantique de l'Aube, Éditions de la Baconnière, 1942.
  • La Voie d'Amour, La Baconnière, 1948.
  • Chants de la Nuit, Rencontre, 1952.
  • Le Couteau dans la Plaie, La Baconnière, 1956.
  • La Peine capitale, Éditions Rencontre, 1957.
  • Le Pain quotidien, Rencontre, 1959.
  • Corps mutilé, Rencontre, 1962.
  • Sans Feu ni Lieu, Éditions de l'Aire, 1968.
  • Poèmes de la grande Usure, L'Aire, 1974.
  • Funéraires, Éditions l'Âge d'Homme, 1976.
  • Un Grain de Blé dans l'Eau profonde, L'Âge d'Homme, 1982.
  • La Blessure essentielle, L'Âge d'Homme, 1990.
  • Un Grain de Blé dans l'Eau profonde et autres poèmes, Choix de Jean Romain, Orphée la Différence, 1992.
  • Venu pour dire, L'Âge d'Homme, 1997.
  • Poèmes de Jeunesse, L'Âge d'Homme, 1997.
  • Poésie complète, L'Âge d'Homme, 2000.


  • L'État de poésie

    • Les Minutes heureuses, Carnets 1973, L'Âge d'Homme, 1977.
    • Le Tombeau vide, Carnets 1979, L'Âge d'Homme, 1982.
    • Rêver avant l'Aube, Carnets 1982, L'Âge d'Homme, 1984.
    • Le Cœur de Tous, Carnets 1985, L'Âge d'Homme, 1988.
    • Carnets du Désert, Carnets 1986, L'Âge d'Homme, 1990.
    • Le Soleil et l'Absence, Carnets 1987, L'Âge d'Homme, 1990.
    • Paradis perdu, Carnets 1988, L'Âge d'Homme, 1993.
    • Orphée errant, Carnets 1989, L'Âge d'Homme, 1996.
    • Le Maintenant de Toujours, Carnets 1995, L'Âge d'Homme, 1997.
    • Pollen du Temps, Carnets 1996, L'Âge d'Homme, 1999.
    • L'Orient intérieur : Carnets 1998, L'Âge d'Homme, 2003.
    • Paysan du ciel : Carnets 1999, L'Âge d'Homme, 2004.
    • Le Nomade immobile, Carnets 2000, L'Âge d'Homme, 2006.
    • Paroles nuptiales, Carnets 2005, L'Âge d'Homme, 2007.
    • Vertige du temps, Carnets 2001-2002, L'Âge d'Homme, 2009.
      

Et si on s’ouvrait à la fluidité?



«Vous êtes nés avec un potentiel. Vous êtes nés pour la bonté et la confiance. Vous êtes nés avec des idéaux et des rêves. Vous êtes nés pour accomplir de grandes choses. Vous êtes nés avec des ailes. Vous n'êtes pas faits pour ramper, alors ne le faites pas. Vous avez des ailes. Apprenez à les utiliser et envolez-vous.»

– Rumi


Vers la porte 9 de l’hôpital Saint Louis .

les lumières de l'hiver

les lumières de l'hiver



 dans ma première série pour les amis d'Armarita Défifoto



Bellemana a trouvé son Doudou
la "vaca" Malala comme la petite fille de 12ans de Tombouctou qui a été visée a reçu une balle dans le corps n'est pas morte et continue à vivre et se battre .

Bellemana est l'amie d'une petite fille que je protège de coeur à cœur De l'Allée Cendras d'Alexandrie . 


vous les présentez c'est ouvrir des ponts de pensées pour permettre de belle qualité de résistance comme l'est maintenant pour beaucoup  la petite fille Malala 


Lumières d'Hiver
pour des printemps lumineux d'amour et d'intelligence.



L'ombre et la lumière
 le sourire de votre semaine

and I hope for you a beautiful days in this week  is going





dimanche 3 février 2013

Pierre-Reverdy ma découverte de ce dimanche

je découvre un poète ce matin et je le partage avec vous

et très belle fête du jour

 



***
En savoir plus sur 
(Extrait de Universalis 95) Le titre du recueil dans lequel Reverdy réunit en 1949 les poèmes écrits au long de plus de trente années (1913-1949), Main-d’œuvre, révèle le secret profond du poète et de son originalité. Voici en effet un poète, au sens authentique et étymologique, d’abord un manouvrier  du verbe. N’était-il pas issu d’une lignée d’artisans languedociens, manouvriers de la pierre et du bois dans cette Montagne Noire où nature et solitude se joignent en un accord à la fois pathétique et serein ? Un autre recueil a pour titre Grande Nature (1925). Deux pôles d’une poésie essentielle : le verbe à travailler et à sculpter pour produire un univers de formes symboliquement accordées aux mystères du monde et à ceux de la conscience ; et la nature à contempler dans la solitude, à réinventer dans la contemplation pour authentifier le rêve et consolider l’imaginaire ; en un mot, obsession de l’accord entre l’art et la vie : « L’art pour l’art ; la vie pour la vie, deux points morts. Il faut à chacun l’illusion des buts et des raisons. L’art par et pour la vie, la vie pour et par l’art. »



le bonheur des mots 


Je n’attendais plus rien quand tout est revenu, la fraîcheur des réponses, les anges du cortège, les ombres du passé, les ponts de l’avenir, surtout la joie de voir se tendre la distance. J’aurais toujours voulu aller plus loin, plus haut et plus profond et me défaire du filet qui m’emprisonnait dans ses mailles. Mais quoi, au bout de tous mes mouvements, le temps me ramenait toujours devant la même porte. Sous les feuilles de la forêt, sous les gouttières de la ville, dans les mirages du désert ou dans la campagne immobile, toujours cette porte fermée – ce portrait d’homme au masque moulé sur la mort, l’impasse de toute entreprise. C’est alors que s’est élevé le chant magique dans les méandres des allées.
Les hommes parlent. Les hommes se sont mis à parler et le bonheur s’épanouit à l’aisselle de chaque feuille, au creux de chaque main pleine de dons et d’espérance folle. Si ces hommes parlent d’amour, sur la face du ciel on doit apercevoir des mouvements de traits qui ressemblent à un sourire.
Les chaînes sont tombées, tout est clair, tout est blanc – les nuits lourdes sont soulevées de souffles embaumés, balayées par d’immenses vagues de lumières.
L’avenir est plus près, plus souple, plus tentant.
Et, sur le boulevard qui le lie au présent, un long, un lourd collier de cœurs ardents comme ces fruits de peur qui balisent la nuit à la cime des lampadaires
.
***
  



la tête pleine de beauté

 


Dans l’abîme doré, rouge, glacé, doré, l’abîme où gîte la douleur, les tourbillons roulants entraînent les bouillons de mon sang dans les vases, dans les retours de flammes de mon tronc. La tristesse moirée s’engloutit dans les crevasses tendres du coeur. Il y a des accidents obscurs et compliqués, impossibles à dire. Et il y a pourtant l’esprit de l’ordre, l’esprit régulier, l’esprit commun à tous les désespoirs qui interroge. Ô toi qui traînes sur la vie, entre les buissons fleuris et pleins d’épines de la vie, parmi les feuilles mortes, les reliefs de triomphes, les appels sans secours, les balayures mordorées, la poudre sèche des espoirs, les braises noircies de la gloire, et les coups de révolte, toi, qui ne voudrais plus désormais aboutir nulle part. Toi, source intarissable de sang. Toi, désastre intense de lueurs qu’aucun jet de source, qu’aucun glacier rafraîchissant ne tentera jamais d’éteindre de sa sève. Toi, lumière. Toi, sinuosité de l’amour enseveli qui se dérobe. Toi, parure des ciels cloués sur les poutres de l’infini. Plafond des idées contradictoires. Vertigineuse pesée des forces ennemies. Chemins mêlés dans le fracas des chevelures. Toi, douceur et haine—horizon ébréché, ligne pure de l’indifférence et de l’oubli. Toi, ce matin, tout seul dans l’ordre, le calme et la révolution universelle. Toi, clou de diamant. Toi, pureté, pivot éblouissant du flux et du reflux de ma pensée dans les lignes du monde.
 oeuvre complète de Pierre reverdy


samedi 2 février 2013

mes instantanées pour armarita













mes dernières trouvailles de chine  broderies au trois quart faites neuves pour 4 euros
et un air de mon enfance  dans la ferme familiale quoi demander la chercheuse de plus c'est mon lopin de terre du bois mouillée à l'orée de la Venise Verte


bon samedi de gros chaudoudouchaudoudou

le bleu pour le bobob au bleu de méthyléne de la petite chatte d'Armarita



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vendredi 1 février 2013

vendredi conte . Un rêve.

Le rêve du bossu Pongo

C’était un pongo, un esclave, un perdu de Dieu, un bossu. Son maître était un grand seigneur, ventre abondant, bottes sonnantes et fouet aux lanières ferrées. Du perron de sa résidence à la frontière de ses champs, trois jours de cheval, pour le moins. Impitoyable avec ses gens, toujours à leur crier dessus, l’œil gourmand et la pogne prompte à déjuponner ses négresses, à ses pieds, toujours, son Pongo.
- Viens là, mon chien. A quatre pattes. Maintenant fais le beau. Aboie.
C’était au bossu qu’il parlait, et le bossu obéissait, sinon son maître menaçait d’abattre son poing sur son crâne.
- A ta niche !

Et l’homme trottait, se hâtait avant que le fouet n’arrache un lambeau de sa bosse. Il couchait sous un escalier, dans les ordures ménagères. Il ne pouvait rien que subir.

Vint un soir de mauvais hiver. Tous les serviteurs assemblés récitaient leur Ave Maria, le front bas devant leur patron affalé dans sa chaise longue. Sa main flattait distraitement l’échine bossue du Pongo accroupi là, contre ses bottes. Il marmonna l’ainsi-soit-il. Un bref silence le suivit. C’est alors qu’aux pieds de son maître l’esclave dit :
- J’ai fait un rêve.
Tout le monde le regarda. Le seigneur eut un bref hoquet, partit d’un rire fracassant et s’exclama :
- Voilà qu’il parle ! Il n’aboie pas, ce bon Pongo, avez-vous entendu ? Il parle !
- Dans mon rêve nous étions morts, moi votre esclave et vous mon maître.
- Qu’est-ce qu’il raconte ? J’étais mort ? Que tu crèves, toi, c’est normal, mais moi, voyons, c’est impossible !





Il rit encore énormément. Comme les serviteurs s’apprêtaient prudemment à retourner à leur ouvrage :
- Restez, vous autres. Ecoutez-le. Raconte ton rêve, bossu.
- Nous étions tout nus, vous et moi, et devant nous était saint Pierre. Vous le regardiez droit aux yeux, en homme puissant que vous êtes.
- Et toi ?
- Je crois que je tremblais, comme d’habitude, mon maître.
- C’est très bien, Pongo, continue.
- Saint Pierre a fait un petit signe. Alors un ange est apparu. Il était beau, à votre image, et lumineux comme un soleil. Il portait une coupe d’or. Elle débordait d’un miel si doux, si parfumé, si délicat que j’en ai presque aimé la vie. « Compagnon, lui a dit saint Pierre, enduis le corps de ce monsieur.




- Ce monsieur, bien sûr, c’était moi.
- C’était vous, mon maître. Qui d’autre ? L’ange vous a couvert de miel, devant, derrière, bras et jambes. Vous étiez comme un roi céleste, ainsi doré de haut en bas.
- Pour ce rêve-là, mon Pongo, tu auras tout à l’heure un sucre. Ensuite, que s’est-il passé ?
- Saint Pierre a fait encore un signe. Un autre ange est venu vers moi. Il était triste, maigrichon. Il portait un bidon de merde. Il me l’a renversé dessus. Il m’a vêtu du crâne aux pieds de puanteur abominable.
Le maître rit à perdre souffle.
- C’est tout ? dit-il.
- Presque, seigneur. Le grand saint Pierre nous a mis face à face dans sa lumière. Il nous a dit : « Et maintenant, que justice de Dieu soit faite. Jusqu’au fond de la fin des temps, léchez-vous l’un l’autre, mes fils ».




(Henri Gougaud, Le livre des chemins)



 L'artiste Paul Mc Carthy, porté par son inspiration scatologique ou son attirance pour le "caca boudin", nous a pondu ce bel étron artistique, "Complex shit", une merde géante gonflable exposée à Berne, sensée s'envoler au gré des vents suisses ...Je ne sais pas ce qu'ont pensé les contribuables bernois de cette belle oeuvre incarnant la nouvelle esthétique contemporaine ! D'ailleurs, ce nouvel "art merdique" n'est pas à son premier coup d'essai, puisque l'artiste italien Piero Manzoni avait eu la fulgurante idée, après un bon cassoulet, de mettre sa merde en boîte, et d'intitulé son oeuvre, "Merde d'artiste":


 Cette nouvelle esthétique "merdique" illustre bien les dérives d'un certain art contemporain, avec son cortège d'adorateurs friqués qui veulent nous faire prendre des "vessies pour des lanternes" ou de la merde pour des chefs d'oeuvre ! A côté de cette matière fécale, les cochons de Jeff Koons,


très bon vendredi et bonne lectuire du conte et à demain pour Armarita instantanés