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mardi 9 octobre 2012

expression française : écharde

« Oter / retirer une épine du pied  »
  
Délivrer d'une contrariété
Tirer d'embarras

Pour peu que vous ayez déjà vécu quelques dizaines d'années, vous êtes sûrement un jour allé à la plage ou à un autre endroit où les pieds nus sont de rigueur et, une fois au moins, vous avez eu l'immense plaisir de vous y planter une épine, une écharde, un bout de verre ou une autre cochonceté acérée qui ne demandait qu'à pénétrer votre épiderme.




Outre le fait que ça fait mal et que ça peut s'infecter, ça gêne quelque peu la marche.
L'épine dans le pied peut en effet être quelque chose de très désagréable (mais qui ne nécessite quand même pas de songer immédiatement à l'amputation).
Alors quand quelqu'un réussit à extraire la chose de la plante de votre pied, c'est un sentiment immédiat de soulagement qui vous envahit.

C'est de cette réalité désagréable, qu'au XVe siècle, "l'épine au pied" a pris le sens figuré de 'difficulté', puis, plus tard, de "situation pénible" ou de "sujet d'inquiétude".













Lorsque l'expression apparaît sous sa forme actuelle, au XVIe siècle, elle est un peu plus forte qu'aujourd'hui, puisqu'en 1640, Oudin écrit que "il m'a tiré une mauvaise épine du pied" signifie plutôt "il m'a délivré d'une fâcheuse affaire ou d'un grand danger".


 

On trouvera aussi la forme pronominale "se tirer une épine du pied" (à ne pas confondre avec la récente "se tirer une balle dans le pied") pour dire "surmonter une difficulté" ou bien "se défaire d'un ennemi".




























belle journée et soirée 
frankie


jeudi 12 juillet 2012

En guise de conte du vendredi






« Il vaut mieux faire envie que pitié  »
c’était la ritournelle que j’entendais petite quand on me voyait avec ma sœur
Ma sœur était pâle et longue  et souvent triste et moi  une petite caille dodue toujours un mot à la bouche , une chanson, une question…



La nature humaine fait que celui qui est riche et en bonne santé est généralement jalousé, envié par ceux qui ne le sont pas[1], alors que ceux qui semblent pauvres, misérables, mal en point inspirent souvent la pitié.

Notre expression n'est jamais qu'une forme proverbiale de cette constatation comme quoi il vaut mieux être aisé (car s'il est certain que l'argent ne fait pas le bonheur, il est aussi incontestable qu'il peut grandement y contribuer) et bien portant, et inévitablement faire des jaloux au lieu d'être pauvre ou malade et inspirer la compassion.

Lorsque l'expression est apparue, quelque part entre XIIe et le XVe siècle, le mot 'envie' avait alors un sens plus fort que dans son usage habituel d'aujourd'hui, hérité de son origine latine, puisqu'il désignait une jalousie carrément haineuse devant les avantages d'autrui.

[1] À ce propos de ce sentiment, Numa Denys Fustel de Coulanges, au XIXe siècle, a écrit "Devant la richesse le sentiment le plus ordinaire n'est pas le respect, c'est l'envie" et Ronsard dans son fameux "de l'envie" a dit "l'envie est le plus méchant et le plus vilain vice de tous"







bon vendredi chers et lectrices Frankie



lundi 9 avril 2012

«Briser le signe indien » et Combas à Lyon

« Vaincre / briser le signe indien »



Vaincre la malchance.
Briser le mauvais sort.
Interrompre une série noire


Le "signe indien" est une simple traduction de l'anglais "indian sign", terme qui nous vient de l'Amérique à la grande époque du Far West.

Dans certaines tribus amérindiennes, les shamans ou sorciers étaient supposés avoir le pouvoir de jeter une malédiction sur leurs ennemis en les marquant mentalement au front d'un dessin représentant le fléau qu'ils souhaitaient voir s'abattre sur leurs victimes. Seuls ceux dont le cœur était pur et dont la bravoure était grande pouvaient espérer échapper aux sorts de ces puissants sorciers. Autant dire qu'ils n'étaient pas nombreux, les bougres !


Il va donc de soi que ceux qui sont victimes d'une telle malédiction, n'ont aucunement besoin de passer sous une échelle ou de briser un miroir pour que s'abattent sur eux les plus grandes calamités comme, parmi d'autres beaucoup moins pires,......


Et parmi ces victimes, celles qui enchainaient les avanies[1], les désillusions, les catastrophes diverses et qui, soudain, se mettent à vivre une vie calme, reposante, sans contrariétés et sans aucun souci, accompagnée de succès en veux-tu en voilà, peuvent dire qu'elles ont vaincu le signe indien.





Robert Combas : Greatest Hits
Lieu: Musée d'Art Contemporain - Lyon (69006)1
Dates : du 24 Février 2012 au 15 Juillet 2012
Le peintre né à Lyon en 1957, occupe une place singulière dans l'histoire de l'art des trente dernières années....







un saint chez cCombas

bon lundi de paques

mercredi 22 juillet 2009

Un coup de traite : coup de Jarnac

« Un coup de Jarnac »
Un coup habile, décisif, mais inattendu Un coup donné par traîtrise
Nous somme en 1547, à une époque où les différends entre gentilshommes se règlent par des duels.Le 10 juillet, à Saint Germain en Laye, à la cour du roi Henri II, tout frais successeur de François Ier, nous avons à droite, Guy Chabot de Saint Gelais, Baron de Jarnac, et à gauche, François de Vivonne, sieur de la Châtaigneraie, qui a pour tort d'accuser le premier d'être l'auteur d'un écrit qui a attiré l'attention sur les relations incestueuses d'Henri, alors encore dauphin, avec Diane de Poitiers.
Dans ce duel, La Châtaigneraie est donné vainqueur d'avance, car il est considéré comme une des meilleures lames du royaume.Au cours du combat au poignard et à l'épée, Jarnac tranche le jarret de son adversaire qui s'écroule, incapable de continuer le duel, sans qu'on sache vraiment (les versions diffèrent) si le coup ainsi porté est simplement bien ajusté, ou s'il s'agit d'une botte mystérieuse ou d'une feinte après simulation d'une chute.Toujours est-il que Jarnac épargne La Châtaigneraie car c'est un favori du roi.
Mais le malheureux, considérant avoir été humilié, arrachera ses bandages et, se vidant lentement de son sang, mourra peu après.À l'époque du duel, les témoins ne trouvent rien à redire à la méthode utilisée par Jarnac, considérée comme correcte et loyale. Elle est donc vue comme un coup habile, mais acceptable même s'il n'est pas habituel.Ce n'est qu'à partir du Dictionnaire de Trévoux, oeuvre des Jésuites parue en 1771, que ce coup est décrit comme donné par traîtrise, version que réfuteront plus tard Larousse et Littré.Mais comme l'expression est attestée à partir de 1803, peu après la publication du dictionnaire, c'est principalement ce sens de coup en traître qui sera généralement retenu.

vendredi 17 juillet 2009

"Mettre les choses aux niveau horizon"


« Niveler par le bas »

Amener différentes choses à un niveau commun sans aucune ambition


Viser le minimum, le choix médiocre.


Niveler, c'est, depuis le XIVe siècle, égaliser, mettre des choses au même niveau horizontal, au propre comme des tas de sable, ou au figuré comme des conditions sociales, par exemple.


Mais il y a plusieurs manières de niveler dont les trois principales sont par le haut, le milieu ou le bas.


C'est facile à comprendre lorsqu'on évoque le salaire de différentes personnes faisant à peu près le même travail : niveler par le haut, c'est amener tout le monde au niveau du salaire le plus élevé, à la plus grande satisfaction de presque tous (le plus élevé pourra se demander pourquoi lui n 'est pas augmenté et en concevoir quelque amertume)


.Niveler par le milieu est déjà plus risqué : passer tout le monde au niveau du salaire moyen (si la loi le permet), c'est pénaliser ceux qui gagnaient plus que la moyenne.


Enfin, niveler par le bas et ramener le salaire de tous à celui du moins élevé, c'est mécontenter tout le monde, faire un choix purement économique court terme, mais généralement absurde car l'insatisfaction générale va provoquer une baisse de qualité du travail ou une hémorragie du personnel.


Niveler par le bas, quel que soit le domaine où l'expression est utilisée (depuis le début du XXe siècle), sous-entend généralement une notion de médiocrité, de minimum, de manque d'ambition.