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jeudi 20 mars 2014

Le printemps des poétes avec Artaud et FFPLM



Amour



Et l’amour ? Il faut nous laver
De cette crasse héréditaire
Où notre vermine stellaire
Continue à se prélasser

L’orgue, l’orgue qui moud le vent
Le ressac de la mer furieuse
Sont comme la mélodie creuse
De ce rêve déconcertant

D’Elle, de nous, ou de cette âme
Que nous assîmes au banquet
Dites-nous quel est le trompé
O inspirateur des infâmes

Celle qui couche dans mon lit
Et partage l’air de ma chambre
Peut jouer aux dés sur la table
Le ciel même de mon esprit


Antonin Arthaud Tric Trac du ciel

L'amour sans trêve


Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures
sur cette mer où je me noie

Les messages de vos cheveux
le coup de fusil de vos lèvres
cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux.

Cette ombre enfin, sur le rivage
où la vie fait trêve, et le vent,
et l’horrible piétinement
de la foule sur mon passage.

Quand je lève les yeux vers vous
on dirait que le monde tremble,
et les feux de l’amour ressemblent
aux caresses de votre époux.


Antonin Arthaud L’ombilic des Limbes

Le navire mystique


Il se sera perdu le navire archaïque
Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,
Et ses immenses mâts se seront confondus
Dans les brouillards d'un ciel de Bible et de Cantiques.

Et ce ne sera pas la Grecque bucolique
Qui doucement jouera parmi les arbres nus ;
Et le Navire Saint n'aura jamais vendu
La très rare denrée aux pays exotiques.

Il ne sait pas les feux des havres de la terre,
Il ne connaît que Dieu, et sans fin, solitaire
Il sépare les flots glorieux de l'Infini.

Le bout de son beaupré plonge dans le mystère ;
Aux pointes de ses mâts tremble toutes les nuits
L'Argent mystique et pur de l'étoile polaire.
Antonin Arthaud

 

Extrait de l'Ombilic des Limbes


Avec moi dieu-le-chien, et sa langue
qui comme un trait perce la croûte
de la double calotte en voûte
de la terre qui le démange.
Et voici le triangle d’eau
qui marche d’un pas de punaise,
mais qui sous la prunelle en braise
se retourne en coup de couteau.
Sous les seins de la terre hideuse
dieu-la-chienne s’est retirée,
des seins de terre et l’eau gelée
qui pourrissent sa langue creuse.
Et voici la vierge-au-marteau,
pour broyer les caves de terre
dont le crâne du chien stellaire
sent monter l’horrible niveau.


Antonin Arthaud

le théâtre et son double
mon amour pour ce texte.


Rababoute et Rabatout  the end



Nous nous sommes dit adieu,

Dieu que c'est difficile


quand des raisons d'amour 


n'sont pas d' notre choix :


celles d'un cannibalisme 


saisies , l’instant même, de la rencontre


 dans un fascinatio tenace ,


d’un jeu morbide : répétitif du même motif.


L’une en dernier lieu s’appelait Rababoute


                                   L’autre Rabatout,

 


Rababoute et Rabatout n’étaient pas


 dans la même coure d’école


 travail Titanique à élucider les dégâts,


n’était pas de la même appétence,


alors qu' c’était la Même Chose à chaque fois:


même amour, même absence,


 même travail , NON travail.


Cette fois-ci à cet adage :


« changes toi , avances en toi,  bouges : les choses se feront »


Bougées ! Bouger  ; le « patakasse » est là !


Somme des bénéfices secondaires


 disons : "c’est énorme, c’est à la mode."'

 


La lecture s’en fit  tout à coup.


  Plus sensible. Plus fine.


Comme l’art d’aimer à des embrouilles !


Surtout quand au départ les dés,


 il y en avait un  tombé sur  le flanc.


Le jeu était parti. La carotte au gros  bouillon.


 


L’on aimerait un jour,


Qu' l’autre  soit délivrée du sens;


Chercher pour elle, nous n'  pouvons.


Elle trouvera pas comme çà . Elle  reproduira.


 


Qu’il est bon d’être enfin délivrée.


Non pas d’Elle : je l’aimais.


Mais du pourquoi ?


Ne pouvoir   s’y   remettre à cette place là.


Oullala ! oulla la ! Rababoute, Rabatout.


 
clin d'oeil à mimi du sud


Aujourd’hui le pardon  est à mes géniteurs.


C’est compliqué de conduire un enfant


Sans lui faire hériter , de ce qu’ils furent malgré eux.


  Simple manipulation  d’adulte jouisseur


du pif d’en bas, pisse d’ambre  bas,


fit des conséquences : Fifi sans conséquence ! Nez d' nids.


Je souhaite que l’autre partie -détachée- maintenant,


 puisse avoir le courage dans sa recherche


d’aller un jour au delà de sa fl.....

C'est si bon de se libérer de ses tentacules abyssopélagiques.

                                                                  FFPLM

initiatiales de Françoise Frankie Pain La Mangou


 

bye bye chers lecteurs et lectrices

à demain   


mercredi 19 mars 2014

Ponctuée en poésie ce milieu de semaine : j'ai chois René Char

A cette amie qui a choisi de me perdre ,
 à toutes les graines d'amitié
 d'amour en devenir, 
à la tristesse  le lange de la joie à venir,
 aux larmes baignoire à l'advenir , 
 soleil  réchauffe ma peau 
 dans ta morsure,  tendre brûlure
 te cries à ta façon :  "lève toi , 
la route  commence malgré le poids des ans,
  accomplis chaque instant ."

Je ris ma mère buvait un château de grand cru
 en  y le rinçant à l'eau,
  Il en va du vin comme des personnes :
 René Char dit  l'essentiel en toute manière ,
à lui cher , chair poéte.
FFPLM



« Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver ». (La Parole en archipel)



…..

À l’image de son auteur, qui fut un grand résistant, on est devant une poésie qui résiste, qui se conquiert et se gagne, comme une Terre Promise à qui veut la mériter. Dans l’un de ses poèmes les plus connus, Le requin et la mouette (1947), Char écrit : « Hier, le requin et la mouette ne communiquaient pas ». Mais pour lui, la poésie a tous les pouvoirs, même celui de permettre la communication entre le requin et la mouette. Sa poésie a l’audace de tous les raccourcis. Elle tient de l’éclair. Elle a la splendeur de l’étoile filante.






Une poésie pleine d’espoir, bien que sans illusion sur les hommes. Une poésie qui désire intensément et interpelle avec force : « À chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir » (Seuls demeurent, 1945).


 
pour la mimi nationale et sa secretaire Brunette
 

Redonnez-leur…

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur cœur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou 


ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.
In Fureur et mystère, Les loyaux adversaires, © La Pléiade, p.242

« Le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas », déclare, non sans humour, René Char (À une sérénité crispée). Avec le poème, on passe de l’existence à l’être. Et notre éventuelle difficulté à lire cette poésie est à la mesure de la distance où nous nous trouvons de l’être. C’est une sorte de critère : la poésie de Char n’est opaque qu’à ce qui est opaque en nous. D’où nos difficultés, et non son prétendu hermétisme.

Commune présence

Tu es pressé d’écrire
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S’il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie
La vie inexprimable
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir.
Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d’elle tout n’est qu’agonie soumise fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur
Reçois-la comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride
En t’inclinant.
Si tu veux rire
Offre ta soumission
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.

In Moulin premier (1936), Dans l’Atelier du poète, coll. Quarto,  © Gallimard, 1996, p. 250-251


Tout est dit en quelques mots dans ce poème : l’impatience du poète. Les trois dimensions de sa poésie, avec sa part de rêve, de révolte et d’engagement. Le défi en face duquel il se trouve : transmettre l’inexprimable. Le double mouvement de destruction et de fécondité. Le tout concernant un être d’exception, capable de rester dans l’ombre.
Par son style profondément original, la violence et l’intensité de ses images, René Char a rénové la poésie moderne. Unanimement reconnu, il demeure l’un des rares auteurs à avoir été publié dans La Pléiade de son vivant.  En 1957, Albert Camus lui rendit hommage à Stockholm,  déclarant que « depuis Apollinaire, il n’y avait pas eu dans la poésie française une révolution comparable à celle qu’a accomplie René Char. »


Sur sa tombe, à l’Isle-sur-la-Sorgue, sont gravés ses propres mots :
« Si nous habitons un éclair, il est au cœur de l’éternité ».
   
                           ****

trés belle journée 
et demain une autre poésie
kiss mache melo kool
Frankie Mappemonde 

lundi 17 mars 2014

amour ou amitié quand tu nous quittes c'est un ramdam



Il est atroce de camper dans un être et fou de s'y installer, sachant qu'on en sera délogé.

[ Jean Rostand ]



L'homme moderne ne supporte plus aucune contrainte, plus aucun partage, plus aucune perte. Cette course effrénée, souvent pour des raisons économiques, risque de le conduire à sa perte.

La bête du Gévaudan : Le loup réhabilité de Hervé Boyac
[ Hervé Boyac ]



Amour ou amitié

L'amour est masochiste. Ces cris, ces plaintes, ces douces alarmes, cet état d'angoisse des amants, cet état d'attente, cette souffrance latente, sous-entendue, à peine exprimée, ces mille inquiétudes au sujet de l'absence de l'être aimé, cette fuite du temps, ces susceptibilités, ces sautes d'humeur, ces rêvasseries, ces enfantillages, cette torture morale où la vanité et l'amour-propre sont en jeu, l'honneur, l'éducation, la pudeur, ces hauts et ces bas du tonus nerveux, ces écarts de l'imagination, ce fétichisme, cette précision cruelle des sens qui fouaillaient et qui fouillent, cette chute, cette prostration, cette abdication, cet avilissement, cette perte et cette reprise perpétuelle de la personnalité, ces bégaiements, ces mots, ces phrases, cet emploi du diminutif, cette familiarité, ces hésitations dans les attouchements, ce tremblement épileptique, ces rechutes successives et multipliées, cette passion de plus en plus troublée, orageuse et dont les ravages vont progressant, jusqu'à la complète inhibition, la complète annihilation de l'âme, jusqu'à l'atonie des sens, jusqu'à l'épuisement de la moelle, au vide du cerveau, jusqu'à la sécheresse du cœur, ce besoin d'anéantissement, de destruction, de mutilation, ce besoin d'effusion, d'adoration, de mysticisme, cet inassouvissement qui a recours à l'hyper irritabilité des muqueuses, aux errances du goût, aux désordres vaso-moteurs ou périphériques et qui fait appel à la jalousie et à la vengeance, aux crimes, aux mensonges, aux trahisons, cette idolâtrie, cette mélancolie incurable, cette apathie, cette profonde misère morale, ce doute définitif et navrant, ce désespoir, tous ces stigmates ne sont-ils point les symptômes mêmes de l'amour d'après lesquels on peut diagnostiquer, puis tracer d'une main sûre le tableau clinique du masochisme ?.

Moravagine
[ Blaise Cendrars ]



Nous devons tous tenter de parvenir à ceci : considérer ce que nous possédons avec le regard précisément que nous aurions si cela nous était arraché ; qu'il s'agisse des biens, de la santé, des amis, des êtres aimés, de la femme et de l'enfant, la plupart du temps nous ne sentons la valeur qu'après la perte.

L'Art d'être heureux : A travers cinquante règles de vie de Arthur Schopenhauer



Un ami est un bien que le sort ne nous montre quelquefois que pour nous porter le coup le plus sensible ; mais pour qui sait penser, la perte d'un ami dispose à la mort, et en adoucit l'image.

L' homme à projets: Par Guillaume-Charles-Antoine



C’est le paradoxe absolu : dans une perte totale, tu touches ce qu’est ton être véritable !.

L’enfantement, l’éros et la vieillesse Propos recueillis par Patrice van Eersel
[ Christiane Singer ]



Une chose est pire que n'importe quelle souffrance c'est la perte de l'estime de soi.

Sandor Marai, Les braises. P199



Tout le reste est d'emprunt, le temps seul est notre bien. C'est la seule chose, fugitive et glissante, dont la nature nous livre la propriété ; et nous en dépossède qui veut. Mais telle est la folie humaine : le don le plus mince et le plus futile, dont la perte au moins se répare, on veut bien se croire obligé pour l'avoir obtenu ; et nul ne se juge redevable du temps qu'on lui donne, de ce seul trésor que la meilleure volonté ne peut rendre.

Sénèque : Lettres à Lucilius 





Publiant et accusant mes imperfections, quelqu’un apprendra de les craindre. Les parties que j’estime le plus en moi, tirent plus d’honneur de m’accuser, que de me recommander. Voilà pourquoi j’y retombe, et m’y arrête plus souvent. Mais quand tout est compté, on ne parle jamais de soi, sans perte : Les propres condamnations sont toujours accrues, les louanges mécrues.

Montaigne -Essais - Livre III - Chapitre VIII - De l’art de conférer
[ Montaigne ]



Ce qui fait évènement, c'est ce qui est vivant et ce qui est vivant, c'est ce qui ne se protège pas de sa perte.

Autoportrait au radiateur de Christian Bobin



Ce qui distingue le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche.


[ Karl Marx ]






Un simple pion peut causer la perte d’un roi.

Le Jeu de l'amour et de la mort, tome 1 : Un homme pour le roi de Juliette Benzoni



Aucune perte n'est irréparable ; tout se remplace, et un homme en vaut un autre ; croyez-en ma vieille expérience.

La belle-Jenny
[ Théophile Gautier ]



Je me suis débattu longtemps aussi violemment que vainement. Sans adresse, sans art, sans dissimulation, sans prudence, franc, ouvert, impatient, emporté, je n'ai fait en me débattant que m'enlacer davantage et leur donner incessamment de nouvelles prises qu'ils n'ont eu garde de négliger. Sentant enfin tous mes efforts inutiles et me tourmentant à pure perte, j'ai pris le seul parti qui me restait à prendre, celui de me soumettre à ma destinée sans plus regimber contre la nécessité. J'ai trouvé dans cette résignation le dédommagement de tous mes maux par la tranquillité qu'elle me procure et qui ne pouvait s'allier avec le travail continuel d'une résistance aussi pénible qu'infructueuse.

Les rêveries du promeneur solitaire, première promenade.
[ Jean-Jacques Rousseau ]

mots 
couleur locale
à penser pour retrouver sa verve d'autan
merci de tous vos mots qui m'ont donnés du rutabagas  !
Frankie de la Blogosphére