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dimanche 2 juillet 2017

un chapitre de la traversée du grand fleuve : "La clairière des origines"



La clairière primitive

Quand elle part vers le bois de Benno, la jeune femme devient animale. Son nez devient museau  flaire. Ses pieds s’enfoncent profondément à devenir ventouse de poulpe sur la terre. Chaque arbre elle les salue comme des potes. Elle porte dans son cœur la lourdeur de la solitude crée de sa différence qui l’élimine à de nombreuses associations de péquins, pékinois… la nature l’abreuve, la panse. Elle y puise son amour inconditionnel à la vie grâce à cela, elle est encore à nos jours dans son éternelle beauté , si quelques rides on choisit d’illuminer son visage, ce sont celles de l’expression qui lui vaudra souvent de la part des langues naturelles  à la truffe de curare de dire d’elle : « la Soupe au lait ».
Elle cherche l’arbre qui inspirera sa désaltération du jour. Elle  y grimpera, reniflera ses essences , vibrera aux chants  des oiseaux qu’il héberge, s’amusera du kaléidoscope de la lumière et  de l’ombre  à chaque coup de vent dans les frondaisons. Dans un califourchon au cœur de l’arbre où elle est capable d’y passer le crépuscule, la nuit, attendre l’arrivée de la princesse Aurore…..
A la frontière de la clairière au croissement des routes  celle venant de Benno et « le » grand route  de Saint Niort, à la  Rochelle. Le chêne centenaire l’inspire. Quand sa destination est la forêt, elle prend dans un coin du chai, la ceinture qu’elle s’est confectionnée avec des lais de sacs de guano sur le modèle des grimpeurs aux palmiers dattiers.
Elle va escalader le tronc glissant la ceinture au fur et à mesure de ses pas, se caller en son cœur point désaltérant de toutes les branches. Nid douillet comme si elle se réinstallait dans le ventre de sa mère. Elle entendra les bruits de l’arbre comme ceux si mouvementés aux deux voix masculines qui  la berça en  son giron.
Dans le bruit de chouettes et quels autres oiseaux de nuit, chauves souris, elle assista dans une brume à une scène. Un palimpseste ? Est-ce un rêve, un souvenir qui lui remontait de la nuit des temps où elle errait dans les limbes pour trouver  sa matrice pour naitre.
De Benno un homme très sombre marchait la voix encore épris des dernières mélodies qu’il avait chanté  avec la chora qu’il portait sur son dos . De l’épaisse forêt une femme fulminait de rage et de colère. Quand elle aperçut l’homme, elle fonça sur lui comme les furies de l’antiquité, ses amazones de la fête des roses qui se jetaient sur les soldats grecs pour se faire engrosser. Ce fut comme la rencontre de Penthésilée et d’Achille*. L’homme connaissait cette femme : c’était la femme de son ami déporté comme lui. Evadés ensemble. Il ne pouvait s’accorder cette frénésie de chair. La flamme femme incendiait le centre de la clairière. La dame ne supportant pas le refus se jeta sur l’homme, elle lui  souleva sa robe de fête, le libéra de son chiffon protecteur de gonades, le branla de lianes et de sa chevelure de crans coiffés. Elle s’affala sur son pinacle,  l’étourdi de ses va et vient endiablés  L’aurore se fit entendre par l’éveil . des oiseaux en ce début avril : quelques éclosions dans les nids égaillaient la forêt.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               La femme heureuse de la semence ainsi perçue partit en hurlant ; « je suis vengée, vengée vengée ».
*Penthésilée d’Heinrich Von Kleist
L’homme pria, demanda pardon aux anciens d’avoir donné le dessus  à un sacrilège  de leur loi fraternelle : « jamais on ne touche à la femme de son ami ». Il n’osait prononcer le mot mais un viol avait été commis. Cette femme était très colérique et quand les choses lui résistaient, elle était capable de tout pour avoir raison. Sa raison, il lui arrivait de la perdre comme à cet instant là. Soudjata savait que dés qu’il trouverait son ami, il lui parlerait de cette affaire et ils trouveraient ensemble la solution au plan diabolique qu’elle s’était mis dans la tête, la femelle à l’ami.
Il se mit à la chora , chanta la trahison. La tristesse dans une mélopée en bémol mais la tonicité fit vite son pli,  il accueillait Aurore. Elle était  la bienvenue, elle prononçait ces mots : «  La vie est une symphonie de Mahler elle ne revient jamais en arrière et ne retombe jamais sur ses pieds » Mathias Enard .
De Frankie Map’s Monde
Droits réserves
sous la direction artistique de Frankie Pain

Le dernier atelier d’écriture de l’année
épique et innoubliable
un autre texte vient
le chapitre 10
de "La plage de la Couarde en Ré" 
chez la diablesse
foto frankie


vendredi 9 décembre 2016

atelier d'écriture 7 de frankie pain à la petite Rockette

Aprés avoir fait un exercice de tortion des proverbes dans la lancée de ceux de Manouche mis à son palmarés il y une quinzaine de jours voir son blog dans la partie droite de mon blog

Une balade dans la nature.



La joyeuse bavarde

A la lisière du bois,  avec papa. Toujours inaugurant de nouvelles sorties.
A cette lisière à la saison, il glanait les morilles. Il ne l’avait pas fait depuis son départ aux colonies quelques mois après ma naissance.
L’oiseau chanteur est juché sur un piquet. La neige y est posée. Son duvet est ébouriffé. Son portail blanc ses plumes noires intenses avec quelques reflets bleutés, sa longue queue.
- Comme j’aimerai avoir une de ses plumes pour écrire comme dans les livres ou ce que dit ma maitresse Melle Papillon.

Je regarde papa dans les yeux. Oh ! C’est étrange cette peau blanche qui lui emplit tout. Heureusement ses yeux sont très bruns.

«  Nous devrions l’adopter, papa ! ? Il semble ne plus avoir de nid, ............ être tout seul.

-          Petite Joséphine, mon  ornithologue en herbe, les pies ont la réputation d’être des voleuses de nid, elle va vite s’en retrouver un, regardes là, elle explore chaque tête d’arbre, elle va le survoler et elle reprend son piquet d’observation, quand nous aurons cueilli toutes les morilles, elle ne sera plus là, tu l’entendras chanter dans son nouvel habitacle.

Dans les premières lignes du bois, le houx est paré de ses boules rouges. Le père sort le couteau de ses bivouaques, il fait des bouquets un pour l’arbre de Noël de la maison, l'autre  pour la Mémé Louise Marie pour la table du repas de fête.

Les arbousiers sont arrivés jusqu’en Charente se fait la réflexion le père. Aubaine c’est un ornement digne de ce jour si rare : être réunis et dans la trêve de Noël.

-Trêve?

-En temps de guerre, les combats cessent ce jour là ainsi  que  la nuit de l’enfant jésus dans la crèche. Alors quand nous nous rendons chez les gens, comme nous laissons nos bottes dans le chai, nous laissons colères, greffes, et tous les mauvais mots : dehors. Nous les crachons, époussetons, les jettons au loin plus loin que les frontières.

Plus en nous , pas dans la maison qui nous accueille.

-c’est chouette, il devrait y avoir des trêves plus souvent....
 Maman ne doit pas savoir ce mot....

 Pourquoi tu ne lui as pas appris ?

-Ta maman ne met dans sa tête que ce qu’elle veut, çà la dérange même que ce mot existe,
que  çà ne nous empêcheras nous de le faire.

Tu demanderas à ton pépé qui était à Verdun dans les tranchées comment il l’a respecté cette trêve chaque année ...

Joséphine se met à pleurer : quel jour heureux cela devait être.
 Dormir sur ses deux oreilles sans être aux aguets....

Le père regarde sa fille, il la prend dans ses bras, la berce.

 A lui-même j’ai toujours craint cela mais…......redoutable cette femme. Il avait laissé sentinelle, sa route reprend bien vite sur l’Afrique.
Un frison traverse tout son corps.
Le jour de noël Joséphine reçoit un carré sous une grande serviette blanche, elle soulève le tissu : Pie jacasse est là, elle chante aussitôt et parle.
Papa, Soundiata sont là 
- blanche et noire comme vous tous les deux mes papas chéris.

....
droits réservés

de Frankie Map 's Monde

sous la direction artistique de Frankie Pain 
 merci pour toutes ses photos web








beau vendredi 
soleil sur Paris
je vous embrasse
Frankie

mardi 22 novembre 2016

Petite piéce d'écriture : "les oiseaux sans tête"



petite piece d’écriture ; "Les oiseaux sans tête
Je viens  par le nouveau blog que Google m'a crée depuis que je signe mes textes
 frankie mappemonde
ce texte vieux  était dans les prémices de mon roman, que je n'avais pas encore commencé .
Je viens de le réécrire connaissant un peu mieux les labyrinthes menant à mon récit, je vous le ressers dans sa nouvelle version 2016. 

Un repentir

Les oiseaux sans tête.*
 Vogel zonder kop *1
Blinde vink* 2
dialogue entre pére et sa Pompon 
il y eut 5 ans de la guerre d'algérie entre eux.
 Pompon  à 10 ans lors de ce dialogue 

« Demain, Père dit, je vous fais des oiseaux sans tête .
- Oh ! la, la !  oiseaux sans tête . Il nous a ramené çà de la guerre,
oiseaux, pas gentil, 
il a    le cou … couper la tête….
une de ses tortures qu’il n’a pas raconté,
à moitié mots
comment ne pas comprendre  certaines …. ? Abjections   !

Quand il avait les lèvres brulées
 des grenades éclatées de trop prés…
c’était pas les fruits aux éclats rubis 
et,
et les tatouages  aux poignets bleuis…..


Oiseaux sans tête  volent encore
Comme le canard de Mémé  continue à marcher,
  ou
 l’anguille  qui ondule après le couperet sur la toile cirée

Ils ne sont  pas gentils ces oiseaux là ?
y –a-t-il un oiseau pas gentil?
Même le charognard d’Afrique,
 de loin certes , l’aigle aussi de loin.
Ah ! Mon dieu ! En grandissant nous découvrons
 que blanc n’est si blanc , noir n’est pas noir dedans…
 
C’est bien avec papa, on grandit toujours heureusement qu’il est pas  là souvent
 autrement je serai une petite génie
alors la tronche de la mère , de la frangine
 qui me disent déjà , toujours
 ou me font comprendre
 « fermer ton caquet »
 elles me mettraient des muselières de mots,
 ces chères!

A se demander parfois si être de la famille ne remplit pas une autre fonction que d’y être ?


Les oiseaux sans tête.
*  Vogel zonder kop *1 Blinde vink* 2
 Comment les mangerais-je ? 
Sans tête , avec tête ? 
 Tête fantôme toujours là pour moi !

Du mauvais dedans ? Cà empoisonne ?
Il était fort boucher, Pére,
la guerre est une boucherie  on dit.
Il était boucher dans son premier metier..... 
 en pâté de tête de cochon.
La tête du cochon  en paté.
Il la faisait bien !

Je regardais Pére  comme sous un abat jour.
« Papa, c’est plus la guerre ici
enfin quand t’es là 
tes autres femelles cessent leur barouf
 contre moi, dans ta bicoque»

"Ne t’inquiètes, Pompon tu trouveras çà très bon."


Le lendemain dés qu’il fut en cuisine,
je me postai derrière la porte,
l’œil dans le trou de la serrure,
 l’oreille était  fouineuse :
Couteau sur la planche de bois,
le couteau dans l’oignon qu’il  lamelle,
sous un  "rio" léger d’eau  : l’échalote,
il  pilonne : l’ail.


Plus rien,
 sauf 8 coups de ciseaux rapides courts.
Dans de la ficelle qui enveloppe le tout.


L’odeur  de viande sous la porte avec le mélange des agréments :  le thym, le laurier
« Allez, la  curieuse, viens éplucher les pommes de terre pour la purée »

 "Papa tu m’as gardé les plumes,(temps) ?
je ne les ai pas entendus  crier.
..........ils n’ont pas du souffrir, (temps)

« Epluches, ma parleuse chérie
 rythmes tes mains à ta langue » 

Il me regarde avec sa première tendresse
ce qui était si rare chez lui.


Je n’ai jamais attendu un plat 
avec autant d’impatience.

 Mon cœur bats très fort,
 les autres autour de la table  réagissent banalement
vivre, 
 vivre un tel evenement
 sans être suspendues dans les airs
quand même ?


« Oiseaux sans tête » dit-il soulevant le couvercle .
Difficile de voir .
 Chaque oiseau était emmailloté, ficelé
avec  une barde de lard.
 des gousses d’ail entières entre eux,
 
 sauce carmin marron,
 sous une légère pluie de printemps 
 persil , appétits,  cerfeuil :
 comme çà sentait bon.

 
Je tendis mon assiette à la demande de papa.

 Déficeler ce pactage .

Ce n’était des oiseaux :
un morceau de foie de génisse
 enroulé dans des bardes de porc.
Il me regarda avec un sourire .
 Si rare sur son visage d’après guerre. 

Il m’offrit mon premier clin d’œil. 
Ainsi naissait notre  grande complicité.


Françoise Pain La Mangou
le nom d’auteure de Frankie 
aujourd'hui 
Frankie Map's monde