El
conocido
Jules prépare le
repas. L’odeur d’épices de ses pays d’ailleurs : Asie autant que le Maroc.
L’horloge se balance comme un métronome 30 secondes par côtés. Les deux côtés
une minute. Sur l’observation de l’horloge de cette location de vacances, il
cuit les œufs à la coq du matin.
Il semble très gêné
de ne pas pouvoir encore m’embrasser. Il m’a rapporté du japon un somptueux
pinceau à calligraphie. Soie naturelle. Le matin quand il vient dans la cabane
au fond du grand jardin m’inviter au petit déjeuner, Jules prend le pinceau du
Japon. Il caresse un long moment mes lèvres.
La traversée du
jardin est très froide. En cette saison.
C’est l’occasion pour lui de se couvrir le chef de sa casquette de
Shetlands, tête dans l’écrin bien sertie. Il l’a ramenée, elle, d’Islande. Du
marché de l’art à Berlin, il lui a acheté un Delaunay. C’est lors de ma première
visite au Musée que j’ai découvert les couleurs Delaunay. Elles sont toujours
là.
Les
coïncidences parfois prennent des chemins de traverse : là nous avons
réussi chacun en même temps à nous offrir
la statue de la Liberté. Lui d’une escale à New York, moi d’un découpé d’un
magazine, intégré à un de mes mandalas gribouillis du jour. Face à nos mêmes petits cadeaux, mon prénom fut prononcé avec son grave si
pulpeux et avec une vague d’intérieur, je l’entends encore aujourd’hui.
Notre vie est une île d’exception. Intense d’exceptions. La grande exception : la transhumance à ses lèvres. Le baiser à la moustache. Je fus si catégorique quand je lui ai dit que je m’étais fait nonne à l’autre depuis. Il y a péremption. Je ne voudrai pas que Jules se sente eunuque de cet interdit. Je jouis tant de lui. Plus fort que toutes les phrases qui ont tenu le feu de la vestale du désir ; les phrases d’auteurs. La première fut une de Starobinski. Grâce à cette phrase, je compris que je pouvais attendre « l’äutre » en grande satisfaction, comblée.
Notre vie est une île d’exception. Intense d’exceptions. La grande exception : la transhumance à ses lèvres. Le baiser à la moustache. Je fus si catégorique quand je lui ai dit que je m’étais fait nonne à l’autre depuis. Il y a péremption. Je ne voudrai pas que Jules se sente eunuque de cet interdit. Je jouis tant de lui. Plus fort que toutes les phrases qui ont tenu le feu de la vestale du désir ; les phrases d’auteurs. La première fut une de Starobinski. Grâce à cette phrase, je compris que je pouvais attendre « l’äutre » en grande satisfaction, comblée.
Ses ennemis ne sont
mes livres de bibliothèque, ils m’ont maintenue en belle et intelligente ligne de
flottaison sur le fleuve des avatars, faussaires du romantisme.
Toutes les petites
créations de l’année pour la Noël sont constituées
de fourrures taillées en moustache. Blanche grise. Comme les moustaches enneigées
de Nicolas Vannier : l’homme des épopées de l’Alaska.
Laissons cet «
être Nous » autonome maintenir son mystère nourrir en enluminures ce lien de rien ; « El Conocido ».
Autant pour lui que pour moi.
Le caramel
au beurre salé de la tarte Tatin domine les odeurs du tagine japonais. Sur la table
romaine, nous allons dégustés ses mets comme invités au Banquet de Platon.
de Frankie Map's Monde
droits réservés
Sous la direction artistique de Françoise Pain
Foto du tournage à dakar de la Nuit Africain
avant une prise nous verifions le micro
sur la presqu'île intense d'exception

