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dimanche 20 mai 2012

Raymonde son coup de Trafalgar "3éme correction





Dés l’instant où Raymonde avait été dans la place, pas à même d’analyser ce qui se passait, son corps fut dézingué de symptômes éclatants. Exemple : elle échappa de justesse à une septicémie . 20 ans après ses campagnes d’Afrique, Raymonde fit se réveiller un régiment d’amibes. La date de péremption dépassée. Jamais vu dans un bréviaire de médecines tropicales. A part son nouveau métier où Raymonde avait été choisi pour son diplôme spécialisé , son rang de majore de la promotion et ses années d’université en sciences humaines , qui en avait rajouté le poids nécessaire pour que le choix tomba sur Raymonde. Tout aurait du marcher comme dans une motte de beurre laissée dehors la nuit pour mieux tartiner le pain du petit déjeuner.

Aucune de ses paroles n’étaient retenues et celles  des autres se mordaient la queue comme rivées sur des roulements à bille, avec une persillade de gargarisme d’une langue  de « pense » farcie aux finales à la Lacanienne. Et là,  pour Raymonde c’était le comble, elle faisait partie de l’école de la Cause freudienne et  suivait les séminaires de Lacan à la Sorbonne. Lacan a côté d’eux s’écoutait comme boire du petit lait.

Raymonde se mit à ses burettes d’observation . En un , la sociométrie de ses amies , ses amants : le cheptel était beau ,il fructifiait. Une vraie « cornu copiae » corne d’abondance.
En deux : elle fit l’analyse transactionnelle à la Crozier de son groupe de pêche au gros : les conclusions Kif-kif.

Le chemin se broutant, notre Raymonde nationale était une poule pondeuse d’autres symptômes aussi graves que le premier. Eclats d’ailes , pertes, fracassée des mandibules. Raymonde éveilla Agatha* qui sommeille en toute personne en danger. Quelque chose extrêmement perverse et subtile " gloaquait ". Ce dysfonctionnement servait à qui ?

*Christie

Raymonde en bonne besogneuse plantait ses projets qui étaient contenus dans ce brillantissime entretien d’embauche : poétique et politique de la ville. Pierre Sansot  était son ami, elle ne pouvait qu’être lumineuse sur la question d’ergonomie sociale. Raymonde s’offrit même un superviseur , le gite était tonnant à bord des réunions. Premier constat : poussée d’intimidation créée par la « tête directrice ». Les silences étaient des bombes sur le moment et à retardement.

Enfin elle tint le morceau : les rumeurs de la grande ville sur la tête dirigeante confortèrent les hypothèses de Raymonde. Plus elle avançait dans le diagnostique plus la toxicité s’infiltrait et suintait partout et au delà.

ET Raymonde devint  la cible de  « la Tête ». Il lui devenait de plus en plus compliquer d’obtenir l’aval sur le déploiement de ses projets. Ce n’est qu’au troisième projet présenté qu’elle pouvait prétendre le développer. Raymonde y passait ses nuits, ses siestes, ses repas, ses diners. Comment s’affirmer  face aux autres instances . Elle finissait par perdre du crédit , elle émiettait ses aptitudes.

Quand Raymonde constata que ses actes ne lui ressemblaient pas et de plus ils devenaient antinomiques aux biens êtres  des personnes  qui lui avaient accordés leur confiance, elle se prépara à quitter  ce métier. Détérioration mentale en vue : ce n’était pas cet horizon qui avait soufflé sur sa mer d’études. Elle clôtura au fur et à mesure chaque chantier engagé. Raymonde  ne engrainait  plus  . Elle attendait  le propice , l’occasion :  pour faire sonner la fanfare, lâcher les chiens, L’heure « J » et « G » pour sa libération la Sienne , sa conscience et dépendances.

Retour  de vacances  du « Big boss ». Tour de table des nouveautés. Le confrère de Raymonde avec qui elle pacsait les sens , les actes et leur symbolique annonce son départ . La raison qu’il évoque : son futur mariage en Italie. Dans le cœur de Raymonde le sang se cabra. Son attention met les essuies glaces. Elle sent que la piste de l’envol est là. Elle ignore ce qui la fera aboutir . Elle est tranquille ;  à chaque réunion il y a trois ou quatre vis de forme . Raymonde envoie son fin limier au pied « couché ma bêbête , à l’affût :si bon pour la bécasse » .  Prendre le fil et que dans cette prise au moins deux soient levés, mêlés.

Le nouveau est tout content d’annoncer le placement de « Fredo le gitan »  à Villa Neuve, l’hôpital psychiatrique régionale. Le dirlo  monte sur son cran d’arrêt
-         quoi vous avez fait un placement ?
 Vous savez que je suis contre et contre la pédagogie de cette maison !
Là le psychiatre enjambe le propos. Sa voix rarement audible à monter d’un octave.
-         mais alors qu’est ce que vous avez fait ?
Le nouveau est ahuri, stigmatisé.

Alors Raymonde a ferré . Elle tend la main le doigt pointé sur le Psychiatre -jamais auparavant elle s’était comporté ainsi envers lui-.
-         Quoi tu oses ?

Le directeur
-         Comment tu tutoies le psychiatre , maintenant?

Raymonde
Et comment je me gênerai. Je vouvoie mon cochon.  Je ne respecte pas celui qui tient un avis dans votre  dos et ne le tiens pas face à vos poils du jabot.  Tout l ‘été nous  avons  été sur les dents , nous  avons ébranlé l’équilibre de tout un camp de gitans,  çà a frisé le danger pour nos personnes.

S’adressant  au psychiatre
Alors Gégé, je t’avais à deux reprises demandé : « est-ce que tu soutiendras  ta demande devant le directeur quand il reviendra ? « 
Est-ce  ainsi  soutenir ta demande que de dire :
« -mais alors qu’est ce que vous avez fait ? » belliqueux une fois est ton exception de la « gourbe de Gauce »

Le directeur s’interpose sommant Raymonde de vouvoyer le psychiatre de l’appeler par son nom

Raymonde
Ca ne s’appelle même plus, çà !

La tête dirigeante  crécelle . Elle sue en grêle de cœurs de pigeons ,sa chemise se mouille à vue d’œil comme la poussée de l’herbe à chat, il est rouge sa trombine est une tomate cœur de bœuf murie ,la peau prête à se découdre comme le ventre d’un Monthy Piton.


Raymonde
Moi Raymonde qui  ne suis pas habilitée à vous juger c’est vous qui m’avez choisie,  mais quand un psychiatre institutionnel ne tient pas ses engagements, ses paroles…

Eh ! monsieur le « sciechiatre » tu as envoyé combien de personnes en HP  avec  vos changements de Cap ?

Survivre sainement ici c’est passé le cap Horn. Tous les marins connaissent. Vous avez le devoir de veiller à la santé mentale de l’équipe et d’avoir des paroles sensées envers notre clientèle.
Et cette phrase vous dénonce. « - mais alors qu’est ce que vous avez fait ? »


Je juge mon travail ici caduc si je continue , il va à l’encontre de mon engagement éthique et déontologique.  Je démissionne.

14h 17. Constat de la fin de service.

La tête dirigeante plonge sur la table , tend sa grosse paluche vers Raymonde qui  esquive en s’affalant sur le collègue futur marié. Elle ne se prive pas pour se faire bien lourde sur lui, question  d’encrer à vie de sa lâcheté, un départ qui ne sert personne.

Les autres autour de la table sont imperturbables. La secrétaire qui adore Raymonde dit au directeur :
- Qu’est-ce que je note ?

Il bafouille, il postillonne. C’est une grosse carpe chinoise dans l’ aquarium de la buée de sa chemise qui fume.  Du psychiatre une odeur d’acide urique se répand dans tout le bureau du deuxième étage...

Raymonde se relève du corps occis de son collègue. Prends son stylo encre, ferme son cahier. Prends le temps de regardez chacun dans les yeux.
En elle même : «  c’est pas les jeux olympiques cette affaire, pas passage de relais. C’était le moment où jamais sur deux départs d’imposer sa science, d’avoir  des exigences de changement. Le ricoché çà n’existe pas au sens figuré. Qu’un caillou qui rebondit à la surface d’un lac calme .

Raymonde sent battre la joie de ses carcans qui se lèvent et remettent son corps à flot. La rage la gagne son coup d’éclat n’aura servie qu’à elle. Elle devra porter le coup aux autres instances concernées et plus haut : la fédération, le conseil régional et….

Elle regagne son bureau,  c’est la même pièce ; Raymonde  recevait ce jour , la réunion , elle téléphone à la présidence sous leurs oreilles. Elle annonce la fin de mission. Elle met le haut parleur t’en qu’à faire :  « ça limite le rapportage. »

« Vous êtes notre meilleure, toute la ville parle en bien de vos actions, et initiatives .    Vous n’allez pas partir.     Vous êtes fatiguée, nous vous offrons 15 jours de vacances à notre compte,     à votre retour vous aurez changé d’avis. »

Raymonde
Ne rêvez pas .A dans quinze jours pouvez vous convoquer le conseil d’administration pour  une réunion exceptionnelle.
Mon collègue qui se marie en Italie et part

La présidente
Lui aussi

Raymonde
Laissez moi finir, mon collègue qui se marie en Italie et part, disait quand il franchissait la porte de notre structure la phrase de Dante au dessus de la portes des enfers 

La présidence
Qu’elle est elle ?

Raymonde
Elle fixe le futur marié très mal à l’aise, tous font focal sur lui mouvement de tête des vaches sur le » trans » Orient express qui passe

« Quand on rentre ici il n’y a plus d’espoir »


Raymonde repose le combiner , elle retire les livres de sa bibliothèque ,des tiroirs les chemises. Des classeurs déchirent les dossiers . La réunion a du mal à repartir.

Le directeur est livide. Le psy à la tête dans ses chaussures, enfin pas trop  car une auréole liquide couvre toute la surface au sol de la largeur de sa chaise  cannelée.

Les autres, Raymonde  ne les voient qu’en tranche de jambon dégraissé. Ils étaient blindés, ils avaient pu traverser ces jours sans une goutte d’eau. Ils étaient imperméables à tout. Raymonde se remerciait d’avoir  eu de la chance d’être poreuse .  Jamais cela ne serait arrivé, et combien  utile quand on sert un tel métier…

Raymonde remit ses clés à la secrétaire. Il prit sa voiture sur la place prés du kiosque à musique. Rejoindre la grande ville. Elle passa les deux fleuves. Ses larmes n’avaient cessé leur danse de saint Guy. Comme à la bataille navale Raymonde allait couler la flottille des collègues, le reste une bande de crabes complices çà finira par leur taper sur les doigts.

fin


Extraits « La poétique de la ville »
Livre de Pierre Sansot

« ....le véritable lieu urbain est celui qui nous modifie, nous ne serons plus en le quittant celui que nous étions en y pénétrant. »

Disons qu'un parcours, pour être signifiant, doit effectuer la modification de celui qui l'a entrepris.

En fin de compte, lorsqu'un homme commence à bouger, il fait chanceler l'ordre du monde... »


Poétique de la ville est probablement le plus sensible, le plus exhaustif, le plus amoureux des livres écrits sur la ville. Monumental, riche et foisonnant, il résulte d'un pari insensé : qu'un homme puisse, à lui seul, s'emparer de la ville et nous en restituer toutes les facettes, tous les secrets. Qu'il s'agisse de l'arrivée sous la pluie dans une petite ville, des manifestations de rue, des dérives nocturnes ou des promenades matinales, des rythmes urbains, de la symbolique des artères, des transports, de personnages emblématiques (prostituée, clochard), des quartiers et faubourgs, ou encore des intérieurs (hôtels, studios, salle de bain ou de séjour), c'est un Sansot éblouissant qui nous révèle la géographie sentimentale des villes.




 par Frankie Pain  sous la direction d'Olivier Apert  auteur en Résidence  à la Médiathèque de marguerite Duras Paris


bon dimanche

Raymonde son coup deTrafalgar



Dés l’instant où Raymonde avait été dans la place, pas à même d’analyser ce qui se passait, son corps fut dézingué de symptômes éclatants. Exemple : elle échappa de justesse à une septicémie . 20 ans après ses campagnes d’Afrique, Raymonde fit se réveiller un régiment d’amibes. La date de péremption dépassée. Jamais vu dans un bréviaire de médecines tropicales. A part son nouveau métier où Raymonde avait été choisi pour son diplôme spécialisé , son rang de majore de la promotion et ses années d’université en sciences humaines qui en avait rajouté le poids nécessaire pour que le choix tomba sur Raymonde. Tout aurait du marché comme dans une motte de beurre laissée dehors la nuit pour mieux tartiner le pain du petit déjeuner.

Aucune de ses paroles n’étaient retenues et celles  des autres se mordaient la queue comme rivées sur des roulements à bille, avec une persillade de gargarisme d’une langue  de « pense » farcie aux finales à la Lacanienne. Et là,  pour Raymonde c’était le comble, elle faisait partie de l’école de la Cause freudienne et  suivait les séminaires de Lacan à la Sorbonne. Lacan a côté d’eux s’écoutait comme boire du petit lait.

Raymonde se mit à ses burettes d’observation . En un , la sociométrie de ses amies , ses amants : le cheptel était beau ,il fructifiait. Une vraie « cornu copiae » corne d’abondance.
En deux : elle fit l’analyse transactionnelle à la Crozier de son groupe de pêche au gros : les conclusions Kif-kif.

Le chemin se broutant, notre Raymonde nationale était une poule pondeuse d’autres symptômes aussi graves que le premier. Eclats d’ailes , pertes, fracassée des mandibules. Raymonde éveilla Agatha* qui sommeille en toute personne en danger. Quelque chose extrêmement perverse et subtile " gloaquait ". Ce dysfonctionnement servait à qui ?

*Christie

Raymonde en bonne besogneuse plantait ses projets qui étaient contenus dans ce bel entretien d’embauche : poétique et politique de la ville. Pierre Sansot  était son ami, elle ne pouvait qu’être lumineuse sur la question d’ergonomie sociale. Raymonde s’offrit même un superviseur , le gite était tonnant à bord des réunions. Premier constat : poussée d’intimidation crée par la « tête directrice ». Les silences étaient des bombes sur le moment et à retardement.

Enfin elle tint le morceau : les rumeurs de la grande ville sur la tête dirigeante confortèrent les hypothèses de Raymonde. Plus elle avançait dans le diagnostique plus la toxicité s’infiltrait et suintait partout et au delà.

ET Raymonde devint  la cible de  « la tête ». Il lui devenait de plus en plus compliqué d’obtenir l’aval sur le déploiement de ses projets. Ce n’est qu’au troisième projet présenté qu’elle pouvait prétendre le développer. Raymonde y passait ses nuits, ses siestes, ses repas, ses diners. Comment s’affirmer  face aux autres instances , elle finissait par perdre du crédit , elle émiettait ses aptitudes.

Quand Raymonde constata que ses actes ne lui ressemblaient pas et de plus ils devenaient antinomiques aux biens êtres  des personnes  qui lui avaient accordés leur confiance, elle se prépara à quitter  ce métier. Détérioration mentale en vue : ce n’était pas cet horizon qui avait soufflé sur sa mer d’études. Elle clôtura au fur et à mesure chaque chantier engagé. Raymonde  ne replantait plus  rien . Elle attendait  le propice , l’occasion :  pour faire sonner la fanfare, lâcher les chiens, L’heure « J » et « G » pour sa libération la sienne , sa conscience et dépendances.

Retour  de vacances  du « Big boss ». Tour de table des nouveautés. Le confrère de Raymonde avec qui elle pacsait les sens , les actes et leur symbolique annonce son départ . La raison qu’il évoque : son futur mariage en Italie. Dans le cœur de Raymonde le sang se cabra. Son attention met les essuies glaces. Elle sent que la piste de l’envol est là. Elle ignore ce qui la fera aboutir . Elle est tranquille ;  à chaque réunion il y a trois ou quatre vis de forme . Raymonde envoie son fin limier au pied « couché ma bêbête , à l’affût :si bon pour la bécasse » .  Prendre le fil et que dans cette prise au moins deux soient mêlés.

Le nouveau est tout content d’annoncer le placement de « Fredo le gitan »  à Villa Neuve, l’hôpital psychiatrique régionale. Le dirlo  monte sur son cran d’arrêt
-        quoi vous avez fait un placement ?
 Vous savez que je suis contre et contre la pédagogie de cette maison !
Là le psychiatre enjambe le propos. Sa voix rare audible à monter d’un octave.
-        mais alors qu’est ce que vous avez fait ?
Le nouveau est ahuri, stigmatisé.

Alors Raymonde a ferré . Elle tend la main le doigt pointé sur le Psychiatre -jamais auparavant elle s’était comporté ainsi envers lui-.
-        Quoi tu oses ?

Le directeur
-        Comment tu tutoies le psychiatre ?

Raymonde
Et comment je me gênerai. Je vouvoie mon cochon.  Je ne respecte pas celui qui tient un avis dans votre  dos et ne le tiens pas face à vos poils de jabots.  Tout l ‘été nous  avons  été sur les dents , nous  avons ébranlé l’équilibre de tout un camp de gitans,  çà a frisé le danger pour nos personnes.
S’adressant  au psychiatre
Alors Gégé, je t’avais à deux reprises demandée  est-ce que tu soutiendras  ta demande devant le directeur quand il reviendra ?
Est-ce  ainsi  soutenir ta demande que de dire :
« -mais alors qu’est ce que vous avez fait ? » belliqueux une fois est l’exception de la « gourbe de Gauce »

Le directeur s’interpose sommant Raymonde de vouvoyer le psychiatre de l’appeler par son nom

Raymonde
Ca ne s’appelle même plus, çà !

La tête dirigeante  crécelle . Elle sue en grêle de cœurs de pigeons ,sa chemise se mouille à vue d’œil comme la poussée de l’herbe à chat, il est rouge sa trombine est une tomate cœur de bœuf murie la peau prête à se découdre comme le ventre d’un Monthy Piton.


Raymonde
Moi Raymonde qui  ne suis pas habilité à vous juger c’est vous qui m’avez choisi,  mais quand un psychiatre institutionnel ne tient pas ses engagements, ses paroles…

Eh ! monsieur le « sciechiatre » tu as envoyé combien de personnes en HP  avec  vos changements de Cap ?
Survivre sainement ici c’est passé le cap Horn. Tous les marins connaissent. Vous avez devoir de veiller à la santé mentale de l’équipe et d’avoir des paroles sensées envers notre clientèle.
Et cette phrase vous dénonce. « - mais alors qu’est ce que vous avez fait ? »


Je juge mon travail ici caduc si je continue , il va à l’encontre de mon engagement éthique et déontologique.  Je démissionne.

14h 17. Constat de la fin de service.

La tête dirigeante plonge sur la table , tend sa grosse paluche vers Raymonde qui  esquive en s’affalant sur le collègue futur marié. Elle ne se prive pas pour se faire bien lourde sur lui, question  d’encrer à vie de sa lâcheté, un départ qui ne sert personne.

Les autres autour de la table sont imperturbables. La secrétaire qui adore Raymonde dit au directeur :
- Qu’est-ce que je note ?

Il bafouille, il postillonne. C’est une grosse carpe chinoise dans un aquarium de la buée de sa chemise qui fume.  Du psychiatre une odeur d’acide urique se répand dans tout le bureau du deuxième étage...

Raymonde se relève. Prends son stylo encre, ferme son cahier. Prends le temps de regardez chacun dans les yeux.
En elle même : c’est pas les jeux olympiques cette affaire, pas passage de relais. C’était le moment où jamais sur deux départs d’imposer sa science d’avoir  des exigences des changements. Le ricoché çà n’existe pas au sens figuré qu’un caillou qui rebondit à la surface d’un lac calme .

Raymonde sent battre la joie de ses carcans qui se lèvent et remettent son corps à flot. La rage la gagne son coup d’éclat n’aura servie qu’à elle. Elle devra porter le coup aux autres instances concernées et plus haut la fédération, le conseil régional et….

Elle regagne son bureau,  c’est la même pièce Raymonde  recevait ce jour , la réunion , elle téléphone à la présidence sous leur oreilles. Elle annonce la fin de mission. Elle met le répondeur t’en qu’à faire. Ca limite le rapportage.

« Vous êtes notre meilleure, toute la ville parle en bien de vos actions, et initiatives vous n’allez pas partir. Vous êtes fatiguée, nous vous offrons 15 jours de vacances à notre compte, à votre retour vous aurez changé d’avis. »

Raymonde
Ne rêver pas .A dans quinze jours pouvez vous convoqué le conseil d’administration une réunion exceptionnelle.
Mon collègue qui se marie en Italie et part.

La présidente
Lui aussi

Raymonde
Laissez moi finir, Mon collègue qui se marie en Italie et part, disait quand il franchissait la porte de notre structure la phrase de Dante au dessus de la portes des enfers 

La présidence
Qu’elle est elle ?

Raymonde
Elle fixe le futur marié très mal à l’aise, tous font focal sur lui mouvement de tête des vaches sur le transe Orient express qui passe

« Quand on rentre ici il n’y a plus d’espoir »


Raymonde repose le combiner , elle retire les livres de sa bibliothèque ,des tiroirs les chemises. Des classeurs déchirent les dossiers . La réunion a du mal à repartir.
Le directeur est livide. Le psy à la tête dans ses chaussures, enfin pas trop  car une auréole liquide couvre tous la surface au sol de la largeur de sa chaise  cannelé.
Les autres Raymonde  ne les voient qu’en tranche de jambon dégraissé. Ils étaient blindés ils avaient pu traverser ces jours sans une goutte d’eau. Ils étaient imperméables à tout. Raymonde se remerciait d’avoir  eu de la chance d’être poreuse , jamais cela ne serait arrivé, et combien  utile quand on sert un tel métier…

Raymonde remis ses clés à la secrétaire. Il prit sa voiture sur la place prés du kiosque à musique, elle rejoindre la grande ville. Elle passa les deux fleuves. Ses larmes n’avaient cessé leur dans de saint Guy. Comme à la bataille navale elle allait couler la flottille des collègues, le reste une bande de crabes complices çà finira par leur taper sur les doigts. 



par Frankie Pain  sous la direction d'Olivier Apert  auteur en Résidence  à la Médiathèque de marguerite Duras Paris

 il y a encore des recalages à faire

bon dimanche

dimanche 23 mai 2010

« Châteaux en Espagne »






« Châteaux en Espagne »

[ SIGNIFICATION ]
Projets irréalisables.

[ ORIGINE ]
Cette expression qui apparaît déjà au XIIIe siècle, dans le 'Roman de la rose', s'emploie en général avec le verbe construire ou bâtir.

Etienne Pasquier, au XVIIe siècle explique que vouloir chercher des châteaux en Espagne était quelque chose de vain, car il n'y en avait pas, dans le seul but d'empêcher que les Maures, lors de leurs incursions, n'en trouvent et n'en profitent pour s'installer à demeure.

Mais d'anciennes variantes de l'expression parlant de châteaux en Brie, de châteaux en Asie ou même au Caire, laissent supposer que les châteaux en question, où qu'ils soient situés, désignaient simplement des endroits inaccessibles à la fois par leurs défenses et par leur éloignement.

Vouloir entrer dans un de ces lieux inaccessibles, c'était bien se lancer dans des projets irréalisables.

Il ne reste plus qu'à trouver pourquoi ce sont ceux d'Espagne, qui sont restés dans l'usage de l'expression.

mercredi 19 mai 2010

mercredi jour ode à l'amour pablo néruda égraine ses mots pour nos coeurs



mon petit coin abrité de la mer presqu'ile de CONLEAU





bildCARLOS++BRANDT


soleil sur la planéte
ouf

Willy_Brandt
LE SOLEIL EST Là

non pas de verlan
c'est fou

mais bien ouf
Poema

Ebrio de trementina y largos besos,
estival, el velero de las rosas dirijo,
torcido hacia la muerte del delgado día,
cimentado en el sólido frenesí marino.


Pálido y amarrado a mi agua devorante
cruzo en el agrio olor del clima descubierto,
aún vestido de gris y sonidos amargos,
y una cimera triste de abandonada espuma.


Voy, duro de pasiones, montado en mi ola única,
lunar, solar, ardiente y frío, repentino,
dormido en la garganta de las afortunadas
islas blancas y dulces como caderas frescas.


Tiembla en la noche húmeda mi vestido de besos
locamente cargado de eléctricas gestiones,
de modo heroico dividido en sueños
y embriagadoras rosas practicándose en mí.


Aguas arriba, en medio de las olas externas,
tu paralelo cuerpo se sujeta en mis brazos
como un pez infinitamente pegado a mi alma
rápido y lento en la energía subceleste.


Pablo Neruda


Poème 9

Ivre de longs baisers, ivre des térébinthes,
je dirige, estival, le voilier des roses,
me penchant vers la mort de ce jour si ténu,
cimenté dans la frénésie ferme de la mer.


Blafard et amarré à mon eau dévorante
croisant dans l'aigre odeur du climat découvert,
encore revêtu de gris, de sons amers,
et d'un triste cimier d'écume abandonnée.


Je vais, dur, passionné, sur mon unique vague,
lunaire, brusque, ardent et froid, solaire,
et je m'endors d'un bloc sur la gorge des blanches
îles fortunées, douces comme des hanches fraîches.


Mon habit de baisers tremble en la nuit humide
follement agité d'électriques décharges,
d'hébraïque façon divisé par des songes
l'ivresse de la rose en moi s'est déployée.


En remontant les eaux, dans les vagues externes,
ton corps jumeau et qui se soumet dans mes bras
comme un poisson sans fin s'est collé à mon âme
rapide et lent dans cette énergie sous les cieux.

***

Drunk with Pines
Drunk with pines and long kisses,
like summer I steer the fast sail of the roses,
bent towards the death of the thin day,
stuck into my solid marine madness.


Pale and lashed to my ravenous water,
I cruise in the sour smell of the naked climate,
still dressed in grey and bitter sounds
and a sad crest of abandoned spray.


Hardened by passions, I go mounted on my one wave,
lunar, solar, burning and cold, all at once,
becalmed in the throat of the fortunate isles
that are white and sweet as cool hips.


In the moist night my garment of kisses trembles
charged to insanity with electric currents,
heroically divided into dreams
and intoxicating roses practicing on me.


Upstream, in the midst of the outer waves,
your parallel body yields to my arms
like a fish infinitely fastened to my soul,
quick and slow, in the energy under the sky.

***

jeudi 29 avril 2010

« Sur l'air des lampions »



photo NicK BRANDT
[ SIGNIFICATION ]
En scandant quelques syllabes détachées sur une seule note ou un rythme très simple

[ ORIGINE ]
Tous ceux qui ont connu le remue-ménage de mai 68 se souviennent du "C.R.S. S.S." scandé par les étudiants massés face aux représentants des Compagnies Républicaines de Sécurité[1].
Eh bien c'était sur l'air des lampions que ce slogan était clamé, tout comme c'est sur l'air des lampions que vous scandez "une autre" ou un "remboursez" à la fin d'un concert, selon qu'il a été plaisant ou nul, ou "on a gagné" à la fin d'un match de foot (non perdu, de préférence).
Mais d'où vient donc cette appellation pour un 'air' pourtant peu mélodieux ?

Tout d'abord, rappelons que le 'lampion', venu de l'italien 'lampione' (grosse lanterne), a d'abord surtout désigné une lanterne de bateau.
Ensuite, à la fin du XVIIe siècle, son usage s'est restreint à l'appellation d'un godet à huile dans laquelle une mèche trempait, permettant ainsi de faire un lumignon avec lequel, entre autres utilisations, on pouvait illuminer les bordures de fenêtres.
C'est au milieu au XVIIIe que le mot désigne également des lanternes vénitiennes, comme celles en papier plissé que les enfants maintiennent accrochées au bout d'un bâton lors de défilés festifs nocturnes.

Le premier air des lampions résonna en 1848 : alors que Louis-Philippe venait d'être chassé par une insurrection à la suite de laquelle la République fut proclamée. Les républicains montrèrent leur joie en illuminant leurs fenêtres ; mais, comme il y avait finalement peu de ces éclairages spontanés, les bourgeois étant dérangés par les émeutes, les gens dans les rues se mirent à scander "des lampions ! des lampions !" qui firent augmenter le nombre de fenêtres éclairées.
Victor Hugo écrivit d'ailleurs à ce propos : « En un clin d'œil, la ville fut illuminée comme pour une fête. »

C'est de cet appel répétitif, d'une seule note et de trois syllabes qui nous vient notre expression.
Et si, à l'origine, et pendant un moment, l'air des lampions était bien limité à trois syllabes et une seule note, il a fini par désigner tous les slogans scandés par de nombreuses personnes en séparant les syllabes et sur très peu de notes (comme le "on a gagné !", par exemple).

[1] Une plaisanterie faisait répondre à ces fonctionnaires de police, 'forcément' niais, un "Étudiants, diants diants", sur le même ton.

jeudi 22 avril 2010

« Avoir la tête près du bonnet »



[ SIGNIFICATION ]
Se mettre facilement en colère.

[ ORIGINE ]
A moins d'être un saint et d'avoir l'auréole , un bonnet est toujours très près de la tête.
On se demande donc bien ce qui a pu motiver l'apparition de cette expression.

Hélas, une fois encore, il n'existe pas d'explication complètement satisfaisante pour cette locution qui est apparue au XVIe siècle.
A cette époque, déjà, "mettre son bonnet de travers" voulait dire "devenir de mauvaise humeur". On retrouve donc quelque chose de très proche.

Certains ont évoqué le fait qu'un bonnet tient chaud aux oreilles et on sait bien que quelqu'un à qui on "échauffe les oreilles" se met en colère.
Mais, même si l'idée est séduisante, la forme de l'expression et son 'près' ne permettent pas de valider cette explication.

D'autres évoquent une allusion au bonnet dont s'affublait autrefois le fou du roi. En effet, la colère était alors considérée comme une forme de démence de courte durée.

Enfin, on peut aussi y voir une utilisation de mots abstraits : l'esprit (la 'tête') est si proche du sommet de la boîte cranienne (le 'bonnet') que la colère qui le traverse parfois n'a pas le temps de se calmer avant d'être exprimée.


[ COMPLEMENTS ]
Bien entendu, il n'y a aucun lien entre le coléreux facile et l'homme qui se plaît à appuyer sa tête sur la poitrine (taille 90 bonnet C) de sa chère et tendre.