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jeudi 25 octobre 2012

vendredi poisson et nourriture sagesse et Sourire bien aimé

Hello darling !
Good morning !
the cold in  the country  but not in my art , hart en vous m'avez compris dans mon coeur

beau vendredi
et maintenant le Darjeeling  and tartine au miel

Good day !
Frankie 

le choix des photos lié à l'évocation hier autour d'une étude de cas en supervision de mon époque de mon métier de psycho - pédagogue où j'emmenais des enfants en grande difficulté dans leur relation à l'autre faire des camps en hautes montagnes sur la ligne des crêtes "quand", camp itinérant au dessus de Saint Gironsau Harat de mon amie Fanny Morinière....

Les phrases comme à cheval sur la ligne de crêtes .... bonnes ballades 


Jules Romains

Être un homme, c’est bien. Mais il y a encore mieux : Être humain.
2

Elisabeth Kubler-Ross

Les gens sont comme des vitraux. Ils brillent tant qu'il fait soleil, mais, quand vient l'obscurité, leur beauté n'apparaît que s'ils sont illuminés de l'intérieur.

 

 

3

Héraclite

Ceux qui sont éveillés partagent un seul monde ; ceux qui sont endormis sont retirés dans leur monde.
En écho Frankie pain
Parfois les « éveillés » ne sont que dans une bulle : L’antinomie de l’éveil.
4

Matthieu Ricard

Les êtres vivants redoutent le malheur mais courent à lui. Ils veulent le bonheur mais lui tournent le dos.



5

Paul Auster

Les bonnes choses n'arrivent que lorsqu'on renonce à les espérer ; à l'inverse, trop espérer, les empêche de se produire.
6

Paul Brunton

Les beautés offertes par la nature ont la vertu de dissoudre les émotions négatives et de nous amener sur des plans plus éthérés.
7

François Garagnon

Je cherche l'enfance du monde, là où tout est jeu avec presque rien, là où tout est grâce avec presque tout ...



8

Boris Cyrulnik

Le regard de l'autre n'est pas neutre. C'est une perception qui provoque une alerte émotive, une sensation d'invitation ou d'intrusion. 
9

Marianne Williamson

Lorsque nous nous affranchissons de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.



10

Longin

Le sublime est la résonance d'une grande âme.



11

Carl Gustav Jung

Là où l’amour règne, il n’y a pas de volonté de puissance et là où domine la puissance, manque l’amour. L’un est l’ombre de l’autre.



12

François de La Rochefoucauld

Quelque bien que l’on vous dise sur vous-même, on ne vous apprendra jamais rien.




13

Christian Bobin

L'amour est le miracle d'être un jour entendu jusque dans nos silences, et d'entendre en retour avec la même délicatesse: la vie à l'état pur, aussi fine que l'air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse. 




c'était 13 à la douzaine

ces citations sont venues de ce blog sous mon attention... pour vous !




vendredi 24 septembre 2010

le conte du vendredi



frankie la conteuse

Le lièvre et la renarde

Il était une fois, là-haut, dans le grand Nord, un lièvre gris à la queue blanche et une renarde au poil roux. Quand leur histoire vient au monde, l’hiver et ses vents affamés dévorent les dernières herbes. « Il est urgent, se dit le lièvre (il grelotte derrière un roc) que je me construise un abri ». Feuilles mortes, écorces, bâtons, il se bâtit une maison. La renarde passe par là. Elle lui demande, goguenarde :

- Hé, que fais-tu, petit poilu ?

- Une cabane.

- Elle est minable ! Regarde, là-bas, mon palais. Murailles taillées dans la glace, voûte blanche, cristal partout. On appelle ça un igloo. C’est autre chose, excuse-moi, que ta masure de moujik.

Elle s’en va, fière, la queue haute.



Le printemps vient. Ciel bleu, dégel. L’igloo s’égoutte. Il pleut dedans. Le plafond fatigue. Il s’effondre. La renarde court chez le lièvre à travers le pré renaissant. Elle frappe à la porte. Personne. Elle entre, s’enferme au verrou, se pelotonne près du poêle, soupire un grand coup et s’endort. Le lièvre revient. Porte close. Par une fente il jette un œil.

- Ouvre, renarde, j’ai sommeil.

- Moi aussi. Laisse-moi tranquille.

- Renarde, hé, ho, tu es chez moi !

- Tu m’agaces, petit poilu, tu m’irrites, tu m’exaspères. Ah, ne me pousse pas à bout sinon, foi de renarde rousse, je fais un malheur sibérien !

« Un malheur sibérien ? Mais c’est épouvantable ! », se dit le lièvre. Il en gémit. Regard perdu, désolation, geste d’impuissance fatale. Il s’en va, l’échine courbée.



Il rencontre un loup.

- Salut, lièvre. Quelle tristesse dans ton œil ! Mon pauvre ami, tu es en deuil ?

- Pire, grand loup, je suis en ruine. La renarde (que Dieu la mange !) s’est enfermée dans ma maison. Où dormir ? Sur le paillasson ? Je n’ai plus rien, ni feu ni toit.

- Quel sans-gêne ! C’est un scandale ! Suis-moi, frérot, et tu vas voir ce que je fais, moi, des nuisibles qui se chauffent indûment le poil au poêle des honnêtes gens.

L’enjambée ferme, ils s’en reviennent. Le loup, à grosse voix :

- Renarde, cette maison n’est pas à toi. Je t’ordonne donc de sortir. Les pattes en l’air, pas d’entourloupe ! Je te préviens, tu es cernée !

L’autre, dedans :

- Non mais je rêve ! Dis donc, bouffon, tu veux mourir ? Crénom, je compte jusqu’à dix, après quoi j’ouvre cette porte et par le pif de saint Morbiole je fais un malheur sibérien !

- Houlà, elle est vraiment fâchée, dit le loup, l’œil déjà parti et la voix soudain enrouée. Bon. Eh bien, lièvre, bonne chance. Je suis en retard, faut que j’aille. J’ai un rendez-vous important.

Il s’enfuit, la queue sous le ventre. Les yeux du lièvre abandonné s’emplissent de larmes. Il renifle. Passe un ours brun.

- Pourquoi tu pleures ? Pauvre lapin, qu’est-ce qu’on t’a fait ?

- Lièvre, répond l’interpellé. Je ne suis pas lapin, mais lièvre. Ce qu’on m’a fait ? Regarde-moi. Tu as devant toi la victime du plus odieux des attentats.

Il conte en détail. L’ours écoute. Il s’insurge.

- Mais sacrebleu, c’est une atteinte au droit des bêtes ! Intolérable ! Attends un peu. Elle va m’entendre, ta renarde !

L’ours se plante droit sur le seuil. Il cherche ses mots. Il les trouve.

- Nous allons nous plaindre en haut lieu, alerter les autorités, faire intervenir, s’il le faut, l’armée des marchands de fourrure. A ta place, j’aurais très peur !

La renarde, lasse d’abord, puis énervée, puis hystérique :

- Mais enfin, que me voulez-vous ? Non mais c’est agaçant, à force ! C’est la guerre que vous voulez ? C’est ça ? D’accord, mes gros loulous. Je sors mon malheur sibérien !

- Là, c’est trop, dit l’ours. On se calme.

Et au lièvre :

- Bon, je m’en vais. Le mieux, c’est de négocier. A toi de jouer, mon lapin. Après tout, hein, c’est ta cabane.

Il fait ce qu’il a dit. Il part.



Vient un coq. Il désigne l’ours. Il demande :

- Où court-il si vite ?

Le lièvre le met au parfum.

- Dans ta maison ? Une renarde ? Un malheur sibérien ? C’est quoi ?

- Je l’ignore mais c’est terrible.

- On va bien voir, répond le coq. Renarde, sors !

- Non, non et non ! Et si tu insistes, prends garde !

- Tu sors ton malheur sibérien ?

- Exactement.

- Très bien, j’attends.

- Tu n’as pas peur ?

- Non, pas du tout. J’ai un bec et des griffes dures. Je t’étriperai proprement et je te crèverai les yeux.

- Tu ferais ça ?

- Quoi, tu en doutes ?

Silence. Enfin la porte s’ouvre. Apparaissent un œil, un museau.

- Bon, j’ai besoin de prendre l’air. Bonjour, bonsoir, dit la renarde.

Elle sort, elle salue, elle s’éloigne. Revoilà le lièvre chez lui. Il dit au coq :

- Au fond, mon affaire était simple. Il suffisait d’oser, c’est tout.

- Il suffisait, répond le coq.

Ils rient, ils dînent, ils boivent sec, ils festoient jusqu’au point du jour et décident de vivre ensemble. Le conte est fini. Hommes, femmes, bonne vie sur terre pour tous.

(Henri Gougaud, Le livre des chemins)