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samedi 3 juillet 2010

expresion française :« (Se fâcher) à propos de bottes »


« (Se fâcher) à propos de bottes »

[ SIGNIFICATION ]
(Se fâcher) sans raison, sans motif important.
Hors de propos.
A propos de tout et de rien.

[ ORIGINE ]
Botte de Nevers ? Botte de radis ? Foin de ces bottes-là ! Car il semble qu'il s'agisse bien ici de ces bottes qu'on met aux pieds et dans lesquelles on peut parfois avoir du foin (Lien externe).

Pourtant, si cette expression est attestée dès 1636, son origine reste mystérieuse.

Prise isolément, à propos de bottes s'emploie souvent par quelqu'un qui, au cours d'une conversation, passe du coq à l'âne

Pourquoi des bottes au lieu de sachets de thé, d'olives noires ou de dinosaures ? Les raisons semblent en avoir été perdues.
Ce qui n'a pas empêché certains de rajouter "d'oignons", à la suite de la locution, pouvant ainsi faire croire à la 'botte' définie par le dictionnaire comme un "assemblage de plusieurs choses de même nature liées ensemble" (cet ajout vient peut-être de la récupération de la rime de Georges Brassens dans 'Hécatombe' ou brassens et le marché de Brive la gaillarde avec les femmes qui se tirent le chignons à cause des bottes d'oignons

Le sens de "sans motif important", utilisé à propos d'une querelle n'est pas plus explicité par les lexicographes.

Pourtant à la même époque que celle où cette expression est apparue, on disait aussi "je ne m'en soucie non plus que de mes vieilles bottes" pour dire qu'on ne se souciait vraiment pas de quelque chose.

Dans cette expression, les (vieilles) bottes n'avaient donc aucune valeur, aucune importance. Alors peut-être que ce sont ces même bottes qui sont les causes de la fâcherie.

Et comme elles ne valent rien, cela aurait aussi pu justifier de dire "à propos de rien" pour introduire dans une conversation un sujet complètement différent du précédent.

mercredi 28 avril 2010

« Etre collet monté »


« Etre collet monté »

[ SIGNIFICATION ]
Être raide, guindé, pédant
Être rigide sur les manières et les principes
Affecter l'austérité, la pruderie

[ ORIGINE ]
Les braconneurs connaissent bien le collet, ce noeud coulant qui permet de capturer certains animaux en leur enserrant le cou lorsqu'ils passent à travers. L'appellation de ce piège est un diminutif de cou.

Et c'est bien au cou que nous allons nous intéresser, pas celui des lièvres, mais celui des dames de la cour autour de Catherine de Médicis qui aimait bien lancer des modes, dont celle du collet monté, pièce de tissu enroulé autour du cou (d'où le 'collet') et rigidifié vers le haut (d'où le 'monté') à l'aide de carton, de fil de fer et d'empois, une substance collante et épaisse à base d'amidon, destinée à 'empeser' le tissu (le 'monté' fait aussi allusion à l'armature sur laquelle est 'montée' l'étoffe).

Cette mode déclinera sérieusement après la disparition de la Médicis, mais la raideur de l'objet et l'apparence guindée de celles qui le portaient ont suffi à faire de l'objet un qualificatif appliqué, entre autres, aux personnes ayant un comportement rigide, un peu comme les vielles femmes aigries et promptes aux critiques, catégorie de personnes qu'on disait collet montées, selon Furetière.

Et si le terme collet monté est aussi associé à la pruderie, c'est parce que, compte tenu de la fragilité de l'objet, la moindre tentative d'amorce de début de commencement de galipettes le mettait complètement à mal. On était donc certain que toute femme portant un tel collet en parfait état ne venait pas de se faire trousser dans une quelconque alcôve discrète.

samedi 13 février 2010


Remettre les pendules à l'heure »


Se mettre d'accord sur une base de discussion, en général pour pouvoir avancer, aller plus loin.

Mais aussi :
Rétablir la (ou une) vérité.


Lorsqu'un débat multi-intervenants s'enlise et part à la dérive, il peut être nécessaire de remettre les pendules à l'heure pour que la discussion devenue stérile se calme et reparte sur des bases saines.

Tout le monde a en mémoire ces films de guerre ou d'espionnage où un groupe de personnes calent leur montres sur la même heure avant de se disperser pour attaquer ou s'introduire quelque part.
Cette expression, dans son premier sens, est simplement une métaphore sur cette synchronisation de l'heure entre des personnes devant agir en concordance, en même temps.

Le deuxième sens lui, est une extension de la première signification. Elle vient d'une personne seule (un journaliste ou un auteur, par exemple) qui, voulant entraîner le lecteur dans sa direction, assène une vérité qui servira de point de départ à la suite de l'écrit.

mardi 15 décembre 2009

"Des vertes de des pas mûres"


« Des vertes et des pas mûres »


Des choses choquantes, grossières, incongrues...
Des ennuis, des difficultés...


À votre avis, n'a-t-on pas là une belle périssologie ? Car, en général, et même s'il existe pas mal d'exceptions (kiwi, granny-smith...), un fruit vert est un fruit qui n'est pas mûr. Des fraises vertes ne sont pas mûres, et réciproquement. D'ailleurs, au XIIIe siècle, si on parlait "du vert et du mûr", c'était bien pour opposer le blé vert au blé mûr.

Mais ici, le vert n'est pas dans le fruit.
En effet, c'est au début du XVe siècle qu'on commence à dire "en bailler de belles, des vertes et des mûres" en voulant dire "raconter des histoires licencieuses". Car 'vert' prend ici le sens argotique qu'on lui connaît encore aujourd'hui pour qualifier des propos osés. Quant à 'mûr', c'est depuis le XIIe siècle qu'il est équivalent à 'adulte' comme on le trouve dans "l'âge mûr". Or, des propos osés ne doivent être prononcés et entendus que par des adultes, bien entendu.

Ce n'est que plus tard que cette expression initiale a été transformée et qu'aux 'vertes' ont été accolées des 'pas mûres' pour créer ce qui paraît être une répétition plaisante (ou un renforcement), mais qui n'en est pas réellement une pour qui connaît le sens réel de notre 'vert'.

Précédée de 'en entendre' ou 'en raconter', c'est le premier sens proposé pour l'expression qui est à considérer.
Puis, par extension, des choses choquantes ou incongrues, on est passé aux ennuis ou aux difficultés, et l'expression est alors généralement précédée d'un 'en voir' ou 'en subir'.