Affichage des articles dont le libellé est chronique du vendredi les contes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chronique du vendredi les contes. Afficher tous les articles

jeudi 10 octobre 2013

le vendredi des conte l'arbre d'henri Gougaud




Dans un pays aride s'élevait autrefois un arbre prodigieux.
Sur la plaine, on ne voyait que lui, largement déployé entre les blés et le ciel. Personne ne savait son âge.
Des femmes stériles venaient parfois le supplier de les rendre fécondes, les hommes en secret cherchaient auprès de lui des réponses à des questions inexprimables, mais personne jamais ne goûtait à ses fruits.
Ils étaient pourtant magnifiques, si luisants et dorés le long de ses deux branches maîtresses qu'ils attiraient les mains et les bouches des enfants ignorants.
Eux seuls osaient les désirer. On leur apprenait alors l'étrange et vieille vérité.
La moitié de ses fruits était empoisonné. Or tous, bons ou mauvais, étaient d'aspect semblable.
Des deux branches ouvertes en haut du tronc énorme, l'une portait la mort, l'autre portait la vie, mais on ne savait laquelle nourrissait et laquelle tuait. Et donc on regardait, mais on ne touchait pas.
Vint un été trop chaud, puis un automne sec, puis un hiver glacial. La famine envahit le pays. Seul sur la plaine, l'arbre demeura immuable. Aucun de ses fruits n'avait péri.
Les gens, voyant ce vieux père miraculeusement rescapé des bourrasques, s'approchèrent de lui, indécis et craintifs. Ils se dirent qu'il leur fallait choisir entre le risque de tomber foudroyés, s'ils goûtaient aux merveilles dorées qui luisaient parmi les feuilles, et la certitude de mourir de faim, s'ils n'y goûtaient pas.

Comme ils se laissaient aller en discussions confuses, un homme dont le fils ne vivait plus qu'à peine osa soudain s'avancer. Sous la branche de droite il cueillit un fruit, le croqua et resta debout, le souffle bienheureux. Alors tous à sa suite se bousculèrent et se gorgèrent des fruits sains de la branche de droite qui repoussèrent aussitôt, à peine cueillis, parmi les verdures bruissantes.
Les hommes s'en réjouirent infiniment. Huit jours durant ils festoyèrent, riant de leurs effrois passés. 


Ils savaient désormais où étaient les rejetons malfaisants de cet arbre : sur la branche de gauche. Leur vint une rancune haineuse. À cause de la peur qu'ils avaient eu d'elle, ils avaient failli mourir de faim. Ils la jugèrent bientôt aussi inutile que dangereuse. Un enfant étourdi pouvait un jour se prendre à ses fruits mortels que rien ne distinguait des bons. Ils décidèrent donc de la couper au ras du tronc, ce qu'ils firent avec une joie vengeresse. 




 l'arbre le plus ancien de Buenos aires
Le lendemain tous les bons fruits de la branche de droite étaient tombés et pourrissaient dans la poussière. L'arbre amputé de sa moitié mauvaise n'offrait plus au grand soleil qu'un feuillage racorni. Son écorce avait noirci.
Les oiseaux l'avaient fui. Il était mort.

© Henri Gougaud Site : www.henrigougaud.com

et pour ceux que çà intéresse une très belle analyse de l'arbre peut-être pas le même support  il y a eu de nombreuses versions  voici le lien.
cliquer dessus

vendredi 17 février 2012

chrnonique conte du vendredi (bis)

à ne pas raté au cinéma

si vous voulez recevoir les pensées journalières de monsieur Henri Gougaud en tapant son nom et almanack vous pouvez vous y inscrire
vous aurez même la possiblité d'y répondre et d'être édité
pas mal non !


Le prince amoureux



On raconte qu’un jeune prince se prit d’amour, un jour de pluie, pour une princesse mouillée qu’il avait vue de sa fenêtre chercher un abri de fortune sous une tonnelle fleurie. Il accourut à son secours, il voulut l’entraîner chez lui, mais elle le retint sous l’averse en affirmant qu’il faisait beau. Ses yeux étaient de tels soleils qu’il fut aussitôt convaincu. Ils restèrent blottis ensemble en espérant qu’il plût toujours. Le lendemain, dans le jardin, ils fêtèrent l’anniversaire de leurs premiers mots échangés. Il lui fit un cadeau par jour. Tous les soirs elle pria le Ciel de ne pas dormir de la nuit afin que jamais ne s’efface dans les ténèbres du sommeil le visage de son aimé. Une année ainsi s’écoula avant la mauvaise nouvelle.



Une horde de conquérants aux cheveux en queue de cheval pillait les terres frontalières. Le prince dut coiffer son casque, se vêtir de cuir et de fer. Il promit à sa bien-aimée d’écrire jusqu’à son retour un poème, chaque matin, à la gloire de sa beauté. Il le fit sans manquer un jour. Il revint couronné d’étoiles. L’ennemi brûlait en enfer. Après le bal de la victoire il ôta son manteau brodé, il prit la main de son amie et l’entraîna jusqu’à sa chambre. Il la fit asseoir. Il lui dit :

- Ecoutez ce que j’ai écrit.

De la poche sur sa poitrine il sortit son cahier secret.



A la lueur d’un chandelier il lut un poème après l’autre. Il s’émut des mots qu’il disait. Il répéta plusieurs passages qu’il trouvait joliment troussés.

- N’est-ce pas beau, ma bonne amie ? S’il vous plait, écoutez encore.

Elle baissa la tête et pleura. Il en resta la bouche ouverte.

- Ce n’est pas moi que vous aimez, dit-elle enfin, ce sont vos phrases, c’est l’exaltation qui vous tient, c’est votre cœur quand il s’emballe. Vous êtes amoureux, c’est vrai, mais hélas, pas de moi, de vous.

Il protesta sans grande force, se vit si pauvre qu’il se tut. Il jeta au feu son cahier. Il lui dit qu’il l’aimait assez pour vouloir tout apprendre d’elle. Ce fut ce jour-là, pas un autre, que leur vie commença vraiment.



(Henri Gougaud, Le livre des chemins)

jeudi 19 août 2010

Voyages dans le hauteurs du haricot magique






A Jack et le haricot magique
Jack vivait avec sa mère, dans une petite ferme. Ils travaillaient dur tous les deux mais ils étaient très pauvres. Un jour, leur vieille vache ne donna plus de lait et la mère de Jack décida de la vendre.
« C’est moi qui vais la conduire au marché, dit Jack.
- Si tu veux, mais ne te laisse pas faire, répondit sa mère, demandes-en au moins dix pièces d’argent. »
Et jack partit au marché, emmenant la vache au bout d’une corde. Il avait à peine fait quelques centaines de pas qu’il rencontra un petit vieux, qui marchait tout courbé sur un bâton.
« Bonjour, Jack, dit le petit vieux. Où vas-tu donc avec cette vache ?
- Bonjour monsieur, répondit Jack. J e vais la vendre au marché, et je vais en tirer un bon prix !
- Si tu veux, tu peux devenir riche comme tu n’as jamais rêvé de l’être, dit le petit vieux. Je t’achète ta vache. Regarde ! Je te donne en échange ce haricot.
- Vous vous moquez de moi ! s’écria Jack. J’en veux au moins dix pièces d’argent et vous croyez l’avoir pour un haricot ?
- Oui, mais c’est un haricot magique. Si tu le plantes, en une nuit il poussera jusqu’au ciel.
- Jusqu’au ciel ! répéta jack. »
Il était émerveillé à l’idée de posséder une plante magique et déjà il imaginait les voisins et tout le village qui défilaient dans son jardin pour admirer le haricot géant.
Alors Jack vendit sa vache pour un haricot et s’empressa de rentrer à la maison, très content de lui. Inutile de dire qu’après avoir expliqué à sa mère la bonne affaire qu’il venait de réaliser, il perdit vite son air triomphal. « Âne, sot, niais… », sa mère le traita de tous les noms et finit par s’effondrer sur une chaise en pleurant comme une fontaine.
Très contrarié de faire pleurer sa mère, Jack jeta le haricot par la fenêtre et se mit à pleurer lui aussi. Après une bien triste soirée, il alla se coucher le cœur gros.
Le lendemain, il se leva le premier et se précipita à la cuisine pour préparer le petit déjeuner de sa mère. Mais impossible d’ouvrir les volets ! Il sortit voir ce qui les coinçait. Quelle surprise ! Un énorme pied de haricot montait contre le mur, et poussait si haut que la tige se perdait dans les nuages.
Sans hésiter, Jack commença à grimper de branche en branche, de feuille en feuille. Il grimpa…grimpa… grimpa…encore… plus haut… jusqu’au ciel. Puis il suivit une route au milieu des nuages et finit par arriver devant un château qui semblait inhabité. Il entra et se promena dans toutes les pièces. Quelle merveille ! Elles étaient pleines de beaux meubles et de toutes sortes de richesses. Mais, tout à coup, se dressa devant lui une géante. Sans perdre son aplomb, Jack lui dit :
« Bonjour Madame, pourriez-vous me donner un peu à manger, s’il vous plaît ? J’ai bien faim.
- Mon pauvre enfant, dit la géante, que viens-tu faire ici ? Mon mari est un ogre. Au lieu de te donner à manger, c’est lui qui va te manger ! »
Jack n’eut pas le temps de répondre car à ce moment, on entendit un grand bruit. Boum ! Bam ! Boum ! Bam!
« Vite, dit la géante, cache-toi derrière le buffet! »
Jack se cacha et vit entrer un géant qui portait dans une main un sac et dans l’autre un mouton. Le géant jeta le sac dans un coin et des pièces d’or s’en échappèrent. Il se mit à renifler de tous côtés puis s’écria :
« Ça sent la chair fraîche !
- Bien sûr, dit la femme, vivement. C’est ce mouton que vous apportez. Dépêchez-vous de le préparer pour que je puisse le faire cuire ! »
L’ogre obéit. La femme fit cuire le mouton, l’ogre le mangea et alla se coucher. Bientôt ses ronflements faisaient trembler les murs. Alors Jack, tout doucement, sortit de sa cachette, prit le sac de pièces d’or et, en courant, s’en revint comme il était venu.
Pendant ce temps, sa mère l’avait cherché et elle était très inquiète de sa disparition. « Pauvre petit, se disait-elle, je l’ai tellement grondé hier soir, que peut-être il est parti et ne reviendra pas. » Elle fut bien surprise de le voir descendre du haricot et se précipita pour l’embrasser :
« Eh bien, petite mère, lui dit Jack, tu vois que c’était vraiment un haricot magique ! Tiens, c’est pour toi ! »
Et il lui donna le sac de pièces d’or.
La pauvre femme remercia le ciel de lui avoir donné un fils si habile et tous deux vécurent des jours heureux grâce à l’or du géant.
Au bout de quelques mois, les pièces d’or furent toutes dépensées et Jack décida de revenir au château des nuages. De branche en branche, de feuille en feuille, il grimpa le long de la tige du haricot. Quand il se trouva devant la géante, il la salua bien poliment :
« Bonjour madame, pourriez-vous me donner à manger s’il vous plaît ?
- Gredin ! s’écria la géante, n’as-tu pas honte de me demander à manger alors que, la dernière fois que tu es venu, tu nous as volé un sac de pièces d’or ? »
Avant que Jack ouvrît la bouche pour répondre, le château retentit d’un terrible bruit de pas : Boum ! Bam ! Boum ! Bam!
« Vite, cache-toi dans le four, s’écria la géante. »
Jack bondit dans le four pour se cacher, mais il laissa la porte entrouverte, de façon à pouvoir observer ce que faisait le géant. Il le vit poser sur la table un cochon et une cage. Puis le géant se mit à arpenter la cuisine en reniflant de tous côtés :
« Ça sent la chair fraîche ! s’écria-t-il.
-Mais, dit la géante, c’est ce cochon bien gras que vous avez apporté. Aidez-moi à le préparer pour le faire cuire.
-Oui, dit le géant, j’ai bien envie d’un cochon rôti au four.
-Non, dit la géante, ce cochon sera meilleur cuit à la broche. »
Ils firent donc cuire le cochon dans la cheminée. L’ogre le mangea avec grand appétit, puis il ouvrit la cage et en sortit un oie d’or. Il la posa sur la table et dit :
« Ponds un œuf d’or. »
Et l’oie pondit un œuf d’or.
Le géant caressa un moment l’oie d’or puis ses yeux se fermèrent et il s’endormit dans son fauteuil. Aussitôt, jack sortit de sa cachette, prit l’oie et à toutes jambes s’en revint comme il était venu.
Désormais, jack et sa mère n’eurent plus de soucis car l’oie pondait un œuf d’or tous les jours.
Mais les mois passèrent et jack finit par trouver ennuyeuse sa petite vie tranquille. Il avait envie de voir encore une fois tous les trésors que le géant entassait dans son château. Alors, de branche en branche, de feuille en feuille, il reprit la route des nuages.
Cette fois, il jugea plus prudent de ne pas se faire voir de la géante. Il se faufila dans le château, gagna la cuisine et grimpa sur une étagère. Là, il se cacha derrière le pot de farine. Au bout d’un moment, il entendit : Boum ! Bam ! Boum ! Bam ! A peine entré dans la cuisine, l’ogre se mit à renifler de tous côtés en criant :
« Ça sent la chair fraîche ! Ça sent la chair fraîche ! »
La femme regarda derrière le buffet, où Jack s’était caché la première fois, puis dans le four, mais ne le trouva pas.
Ils cherchèrent le garçon partout mais n’eurent pas l’idée de regarder derrière le pot de farine. A la fin , ils pensèrent qu’ils s’étaient trompés. Jack les vit déjeuner d’une vache rôtie. Puis le géant prit dans le placard une harpe d’or et la posa sur la table :
« Joue, harpe d’or, dit le géant. »
Et la harpe se mit à jouer. Sa musique était si douce que le géant et sa femme ne tardèrent pas à fermer les yeux et à s’endormir. Dès que retentirent les ronflements, Jack sortit de sa cachette et prit la harpe. Mais, en quittant le château, il cogna la harpe contre la porte et elle résonna : doïng ! doïng !
A ce bruit, le géant se réveilla en sursaut et poussa un cri terrible en voyant Jack emporter la harpe. Il s’élança aussitôt pour le rattraper. Ah ! mes amis, quelle course ! le géant allait saisir le garçon mais celui-ci sauta sur la tige du haricot et commença à descendre.
Comme une sauterelle, le petit bondissait de feuille en feuille, tandis que le géant descendait lourdement. Il n’avait pas fait la moitié du chemin que jack était déjà par terre et courait chercher un hache dans la grange, pour couper le pied du haricot. Vite ! Le géant arrive… Trop tard pour lui ! Crraac ! le haricot s’écroule comme un arbre sous les coups du bûcheron et le géant s’écrase par terre !
Désormais, jack ne pouvait plus revenir au château des nuages. Mais il avait eu si peur qu’il n’en avait pas envie !
Grâce aux œufs d’or, il vécut sans soucis, et quand il voulait se distraire, il écoutait la douce musique de la harpe d’or.


bonne lecture je vais sur place constater cette féerie alors !