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vendredi 4 juin 2010

Henry David Thoreau : coïncidence du matin




Marx Ernest et DALI

coïncidence
sur le blog d'HENRI GOUGAUD HIER une phrase de cet auteur
dans la réception de chaque matin la lettre magique
une phrase de cet auteur
alors j'ai voulu en savoir plus
et avant d'aller nager je vous les offre en lecture et bel accompagnement de la journée
que votre vendredi soit beau
à Parsi le soleil est de la partie
frankie


Ecrivain américain (1817-1862) pacifiste et panthéiste, auteur d'un texte célèbre, la Désobéissance civile, avec lequel il inventa la résistance passive et dont s'inspira Gandhi pour mener son action politique contre les Anglais.

La santé se mesure à l'amour du matin et du printemps

Il faut être perdu, il faut avoir perdu le monde, pour se trouver soi-même

Les hommes sont nés pour réussir et non pour échouer

En tuant le temps on blesse l'éternité

Le poème de la création ne s'arrête jamais ; mais rares sont les oreilles capables de le capter

Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver ?

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain ; c'est là qu'ils doivent être. À présent, donnez-leurs des fondations.

Ce qu'on appelle résignation n'est autre que du désespoir confirmé

l n'y a qu'un remède à l'amour : aimer davantage

La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas.

L'oppresseur ne se rend pas compte du mal qu'implique l'oppression tant que l'opprimé l'accepte.

extrait de La Désobéissance civile

(Henry David Thoreau)

mardi 1 juin 2010

citations pour la petite musique intérieure



Henry Bauchau
Une blessure écoute toujours plus, finalement, qu’une oreille.

Khalil Gibran
Notre esprit est roche, notre cœur est ruisseau. N'est-il pas étrange que la plupart d'entre nous choisissent de recueillir l'eau plutôt que de la laisser s'écouler

Marc Aurèle
Développe en toi l'indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie

Maître Eckhart

On devrait attacher moins d’importance à ce que l’on va faire qu’à ce qu’on est.


Yves Paccalet
Le bonheur est dans le peu.

Paul Perreault
Pour être heureux il ne faut pas trop chercher le bonheur. Il faut le prendre quand il passe, le vivre pleinement et surtout ne pas penser que cela ne dure qu'un instant.

vendredi 28 mai 2010

« Envoyer à dache »





« Envoyer à dache »

[ SIGNIFICATION ]
Se débarrasser de quelqu'un, l'envoyer promener.
Envoyer très loin.

[ ORIGINE ]
Envoyer quelqu'un promener, c'est aussi l'envoyer au diable (pour qu'il aille s'y faire rôtir et arrête de nous agacer, bien sûr), expression synonyme.
Et ça tombe très bien, puisque 'dache', pseudo-nom propre, est en général considéré comme une altération de 'diache', lui-même variante de 'diable' dans les régions du nord et de l'est de la France[1].

Cette expression est attestée en 1866.

À la fin du même siècle, est apparue l'expression plus complète et quasiment oubliée aujourd'hui, bien qu'ayant le même sens, "envoyer chez Dache, le perruquier des zouaves", sans explication apparente sur le rôle du perruquier (Lien externe) et des zouaves (Lien externe) dans cette affaire.
Sauf, peut-être, en lisant le roman écrit au même moment par Paul de Semant, "Les merveilleuses aventures de Dache, perruquier des zouaves" dont on ne sait si c'est le titre qui a inspiré la variante de l'expression ou bien l'inverse.

Par extension, "à dache" tout seul signifie "très loin".

[1] Pour information, 'diantre' est également une altération de 'diable'.

jeudi 27 mai 2010

CONTE DU VENDREDI




la fonction de la poupée petit enseignement de FRANçOISE DOLTO

C'était hier, avec un lundi qui est un mardi,
la compression chez moi à continuer à dériver
je vous souhaite un très bon week-end
voici une de mes trouvailles hier sur le web
je vous le fais partager


bonne fête de mères à ceux qui n'en ont pas ou plus
et comme disait Françoise Dolto
DÉVELOPPER EN SOI LA FONCTION DE L'AUTO-MATERNAGE
je salue toutes ces mamans là

Les dix commandements paradoxaux


1. Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques.
Aimez-les quand même.

2. Si vous êtes désintéressé, les gens vous prêteront des motifs égoïstes et calculateurs.

Soyez désintéressé quand même.

3. Si vous réussissez, vous gagnerez de faux amis et de vrais ennemis.
Réussissez quand même.

4. Le bien que vous faites aujourd'hui sera oublié demain.
Faites le bien quand même.

5. L'honnêteté et la franchise vous rendent vulnérable.
Soyez honnête et franc quand même.

6. Ceux qui voient grand peuvent être anéantis par les esprits les plus mesquins.
Voyez grand quand même.

7. Les gens aiment les petites gens, mais préfèrent suivre les puissants.
Luttez pour les petites gens quand même.

8. Ce que vous avez mis des années à bâtir peut être détruit du jour au lendemain.
Bâtissez quand même.

9. Les gens ont besoin d'être secourus, mais certains se retourneront contre vous
si vous les aidez.

Aidez-les quand même.

10. Si vous donnez au monde le meilleur de vous-même,
vous risquez d'y laisser des plumes.
Donnez le meilleur quand même.

Si vous suivez les Dix commandements paradoxaux, vous serez libre.

Ces principes ne relèvent pas du pessimisme.
Dans ce monde de folie, ils figurent une sorte de « déclaration d'indépendance ».
Affichez-les comme un rappel permanent de cette prise de position.


À compter de ce jour, faites ce qui vous semble juste et bon,
parce que cela revêt désormais un sens. Dès lors que vous agissez selon vos valeurs,
que vous pouvez donner une signification à votre existence
sans attendre d'approbation extérieure, vous êtes libre.

Libre d'agir en fonction de votre conscience,
que les autres vous apprécient ou non.

Libre d'être qui vous êtes vraiment.

Libre de remplir la mission à laquelle vous êtes destiné.

Libre de mener une vie cohérente dans un monde absurde.

Et cette liberté vous procurera le bonheur le plus profond

que vous ayez jamais connu.

Source: Kent M. Keith... www.lespasseurs.com
.Ce n'est pas un conte, mais c'est un joli texte qui mérite de figurer sur le site!

conte du vendredi :conte du genèvrier des frères grimm


Le conte du genévrier

Conte de Grimm
Il y a de cela bien longtemps, au moins deux mille ans, vivait un homme riche qui avait une femme de grande beauté, honnête et pieuse ; ils s'aimaient tous les deux d'un grand amour, mais ils n'avaient pas d'enfant et ils en désiraient tellement, et la femme priait beaucoup, beaucoup, nuit et jour pour avoir un enfant ; mais elle n'arrivait pas, non, elle n'arrivait pas à en avoir.
Devant leur maison s'ouvrait une cour où se dressait un beau genévrier, et une fois, en hiver, la femme était sous le genévrier et se pelait une pomme ; son couteau glissa et elle se coupa le doigt assez profondément pour que le sang fît quelques taches dans la neige. La femme regarda le sang devant elle, dans la neige, et soupira très fort en se disant, dans sa tristesse : « Oh ! si j'avais un enfant, si seulement j'avais un enfant vermeil comme le sang et blanc comme la neige ! » Dès qu'elle eut dit ces mots, elle se sentit soudain toute légère et toute gaie avec le sentiment que son vœu serait réalisé. Elle rentra dans la maison et un mois passa : la neige disparut ; un deuxième mois, et tout avait reverdi ; un troisième mois, et la terre se couvrit de fleurs ; un quatrième mois, et dans la forêt, les arbres étaient tout épais et leurs branches vertes s'entrecroisaient sans presque laisser de jour : les oiseaux chantaient en foule et tout le bois retentissait de leur chant, les arbres perdaient leurs fleurs qui tombaient sur le sol ; le cinquième mois passé, elle était un jour sous le genévrier et cela sentait si bon que son cœur déborda de joie et qu'elle en tomba à genoux, tant elle se sentait heureuse ; puis le sixième mois s'écoula, et les fruits se gonflèrent, gros et forts, et la femme devint toute silencieuse ; le septième mois passé, elle cueillit les baies du genévrier et les mangea toutes avec avidité, et elle devint triste et malade ; au bout du huitième mois, elle appela son mari et lui dit en pleurant : « Quand je mourrai, enterre-moi sous le genévrier. » Elle en éprouva une immense consolation, se sentit à nouveau pleine de confiance et heureuse jusqu'à la fin du neuvième mois. Alors elle mit au monde un garçon blanc comme la neige et vermeil comme le sang, et lorsqu'elle le vit, elle en fut tellement heureuse qu'elle en mourut.
Son mari l'enterra alors sous le genévrier et la pleura tant et tant : il ne faisait que la pleurer tout le temps. Mais un jour vint qu'il commença à la pleurer moins fort et moins souvent, puis il ne la pleura plus que quelquefois de temps à autre ; puis il cessa de la pleurer tout à fait. Un peu de temps passa encore, maintenant qu'il ne la pleurait plus, et ensuite il prit une autre femme.
De cette seconde épouse, il eut une fille ; et c'était un garçon qu'il avait de sa première femme : un garçon vermeil comme le sang et blanc comme la neige. La mère, chaque fois qu'elle regardait sa fille, l'aimait beaucoup, beaucoup ; mais si elle regardait le petit garçon, cela lui écorchait le cœur de le voir ; il lui semblait qu'il empêchait tout, qu'il était toujours là en travers, qu'elle l'avait dans les jambes continuellement ; et elle se demandait comment faire pour que toute la fortune revînt à sa fille, elle y réfléchissait, poussée par le Malin, et elle se prit à détester le petit garçon qu'elle n'arrêtait pas de chasser d'un coin à l'autre, le frappant ici, le pinçant là, le maltraitant sans cesse, de telle sorte que le pauvre petit ne vivait plus que dans la crainte. Quand il revenait de l'école, il n'avait plus un instant de tranquillité.

Un jour, la femme était dans la chambre du haut et la petite fille monta la rejoindre en lui disant :
- Mère, donne-moi une pomme !
- Oui, mon enfant ! lui dit sa mère, en lui choisissant dans le bahut la plus belle pomme qu'elle put trouver. Ce bahut, où l'on mettait les pommes, avait un couvercle épais et pesant muni d'une serrure tranchante, en fer.
- Mère, dit la petite fille, est-ce que mon frère n'en aura pas une aussi ?
La femme en fut agacée, mais elle répondit quand même :
- Bien sûr, quand il rentrera de l'école.
Mais quand elle le vit qui revenait, en regardant par la fenêtre, ce fut vraiment comme si le Malin l'avait possédée : elle reprit la pomme qu'elle avait donnée à sa fille, en lui disant : « Tu ne dois pas l'avoir avant ton frère. » Et elle la remit dans le bahut, dont elle referma le pesant couvercle.
Et lorsque le petit garçon fut arrivé en haut, le Malin lui inspira son accueil aimable et ses paroles gentilles : « Veux-tu une pomme, mon fils ? » Mais ses regards démentaient ses paroles car elle fixait sur lui des yeux féroces, si féroces que le petit garçon lui dit :
- Mère, tu as l'air si terrible : tu me fais peur. Oui, je voudrais bien une pomme.
Sentant qu'il lui fallait insister, elle lui dit :
- Viens avec moi ! et, l'amenant devant le gros bahut, elle ouvrit le pesant couvercle et lui dit : Tiens! prends toi-même la pomme que tu voudras !
Le petit garçon se pencha pour prendre la pomme, et alors le Diable la poussa et boum ! elle rabattit le lourd couvercle avec une telle force que la tête de l'enfant fut coupée et roula au milieu des pommes rouges.
Alors elle fut prise de terreur (mais alors seulement) et pensa : « Ah ! si je pouvais éloigner de moi ce que j'ai fait ! » Elle courut dans une autre pièce, ouvrit une commode pour y prendre un foulard blanc, puis elle revint au coffre, replaça la tête sur son cou, la serra dans le foulard pour qu'on ne puisse rien voir et assit le garçon sur une chaise, devant la porte, avec une pomme dans la main.
La petite Marlène, sa fille, vint la retrouver dans la cuisine et lui dit, tout en tournant une cuillère dans une casserole qu'elle tenait sur le feu :
- Oh ! mère, mon frère est assis devant la porte et il est tout blanc ; il tient une pomme dans sa main, et quand je lui ai demandé s'il voulait me la donner, il ne m'a pas répondu. J'ai peur !
- Retournes-y, dit la mère, et s'il ne te répond pas, flanque-lui une bonne claque !
La petite Marlène courut à la porte et demanda : « Frère, donne-moi la pomme, tu veux ? » Mais il resta muet et elle lui donna une gifle bien sentie, en y mettant toutes ses petites forces. La tête roula par terre et la fillette eut tellement peur qu'elle se mit à hurler en pleurant, et elle courut, toute terrifiée, vers sa mère :
- Oh ! mère, j'ai arraché la tête de mon frère !
Elle sanglotait, sanglotait à n'en plus finir, la pauvre petite Marlène. Elle en était inconsolable.
- Marlène, ma petite fille, qu'as-tu fait ? dit la mère. Quel malheur ! Mais à présent tiens-toi tranquille et ne dis rien, que personne ne le sache, puisqu'il est trop tard pour y changer quelque chose et qu'on n'y peut rien. Nous allons le faire cuire en ragoût, à la sauce brune.
La mère alla chercher le corps du garçonnet et le coupa en menus morceaux pour le mettre à la sauce brune et le faire cuire en ragoût. Mais la petite Marlène ne voulait pas s'éloigner et pleurait, pleurait et pleurait, et ses larmes tombaient dans la marmite, tellement qu'il ne fallut pas y mettre de sel.
Le père rentra à la maison pour manger, se mit à table et demanda : « Où est mon fils ? » La mère vint poser sur la table une pleine marmite de ragoût à la sauce brune et petite Marlène pleurait sans pouvoir s'en empêcher. Une seconde fois, le père demanda « Mais où est donc mon fils ?
- Oh ! dit la mère, il est allé à la campagne chez sa grand-tante ; il y restera quelques jours.
- Mais que va-t-il faire là-bas ? demanda le père et il est parti sans seulement me dire au revoir !
- Il avait tellement envie d'y aller, répondit la femme ; il m'a demandé s'il pouvait y rester six semaines et je le lui ai permis. Il sera bien là-bas.
- Je me sens tout attristé, dit le père ; ce n'est pas bien qu'il soit parti sans rien me dire. Il aurait pu quand même me dire adieu ! »
Tout en parlant de la sorte, le père s'était mis à manger ; mais il se tourna vers l'enfant qui pleurait et lui demanda :
- Marlène, mon petit, pourquoi pleures-tu ? Ton frère va revenir bientôt. Puis il se tourna vers sa femme : « 0 femme, lui dit-il, quel bon plat tu as fait là ! Sers-m'en encore. »
Elle le resservit, mais plus il en mangeait, et plus il en voulait.
- Donne-m'en, donne-m'en plus, je ne veux en laisser pour personne : il me semble que tout est à moi et doit me revenir.
Et il mangea, mangea jusqu'à ce qu'il ne restât plus rien, suçant tous les petits os, qu'il jetait à mesure sous la table. Mais la petite Marlène se leva et alla chercher dans le tiroir du bas de sa commode le plus joli foulard qu'elle avait, un beau foulard de soie, puis, quand son père eut quitté la table, elle revint ramasser tous les os et les osselets, qu'elle noua dans son foulard de soie pour les emporter dehors en pleurant à gros sanglots. Elle alla et déposa son petit fardeau dans le gazon, sous le genévrier ; et quand elle l'eut mis là, soudain son coeur se sentit tout léger et elle ne pleura plus. Le genévrier se mit à bouger, écartant ses branches et les resserrant ensemble, puis les ouvrant de nouveau et les refermant comme quelqu'un qui manifeste sa joie à grands gestes des mains. Puis il y eut soudain comme un brouillard qui descendit de l'arbre jusqu'au sol, et au milieu de ce brouillard c'était comme du feu, et de ce feu sortit un oiseau splendide qui s'envola très haut dans les airs en chantant merveilleusement. Lorsque l'oiseau eut disparu dans le ciel, le genévrier redevint comme avant, mais le foulard avec les ossements n'était plus là. La petite Marlène se sentit alors toute légère et heureuse, comme si son frère était vivant ; alors elle rentra toute joyeuse à la maison, se mit à table et mangea.
L'oiseau qui s'était envolé si haut redescendit se poser sur la maison d'un orfèvre, et là il se mit à chanter :

Ma mère m'a tué ;
Mon père m'a mangé ;
Ma sœurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

L'orfèvre était à son travail, dans son atelier, occupé à fabriquer une chaînette d'or ; mais lorsqu'il entendit l'oiseau qui chantait sur son toit, cela lui parut si beau, si beau qu'il se leva précipitamment, perdit une pantoufle sur son seuil et courut ainsi jusqu'au milieu de la rue, un pied chaussé, l'autre en chaussette, son grand tablier devant lui, tenant encore dans sa main droite ses pinces à sertir, et dans la gauche la chaînette d'or ; et le soleil brillait clair dans la rue. Alors il resta là et regarda le bel oiseau auquel il dit :
- Oiseau, que tu sais bien chanter ! Comme c'est beau ! Chante-le-moi encore une fois, ton morceau!
- Non, dit l'oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la chaînette d'or, et je le chanterai encore.
- Tiens, prends la chaînette d'or, elle est à toi, dit l'orfèvre, et maintenant chante-moi encore une fois ton beau chant.
L'oiseau vint prendre la chaînette d'or avec sa patte droite, se mit en face de l'orfèvre et chanta :

Ma mère m'a tué ;
Mon père m'a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Et aussitôt il s'envola pour aller se poser sur le toit de la maison d'un cordonnier, où il chanta :

Ma mère m'a tué ;
Mon père m'a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Le cordonnier entendit ce chant et courut en bras de chemise devant sa porte pour regarder sur son toit, et il dut mettre la main devant ses yeux pour ne pas être aveuglé par le soleil qui brillait si fort.
- Oiseau, lui dit-il, comme tu sais bien chanter !
Il repassa sa porte et rentra chez lui pour appeler sa femme. « Femme, lui cria-t-il, viens voir un peu dehors : il y a un oiseau, regarde-le, cet oiseau qui sait si bien chanter ! » Il appela aussi sa fille et les autres enfants, et encore ses commis et la servante et le valet, qui vinrent tous dans la rue et regardèrent le bel oiseau qui chantait si bien et qui était si beau, avec des plumes rouges et vertes, et du jaune autour de son cou : on aurait dit de l'or pur ; et ses yeux scintillants on aurait dit qu'il avait deux étoiles dans sa tête !
- Oiseau, dit le cordonnier, maintenant chante encore une fois ton morceau.
- Non, dit l'oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien ; il faut que tu me fasses un cadeau.
- Femme, dit le cordonnier, monte au grenier : sur l'étagère la plus haute, il y a une paire de chaussures rouges ; apporte-les-moi.
La femme monta et rapporta les chaussures.
- Tiens, c'est pour toi, l'oiseau ! dit le cordonnier. Et maintenant chante encore une fois.
L'oiseau descendit et prit les chaussures avec sa patte gauche, puis il se envola sur le toit où il chanta :

Ma mère m'a tué ;
Mon père m'a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Et quand il eut chanté, il s'envola, serrant la chaîne d'or dans sa patte droite et les souliers dans sa gauche, et il vola loin, loin, jusqu'à un moulin qui tournait, tac-tac, tac-tac, tac-tac, tac-tac ; et devant la porte du moulin il y avait vingt garçons meuniers qui piquaient une meule au marteau, hic-hac, hic-hac, hic-hac, pendant que tournait le moulin, tac-tac, tac-tac, tac-tac. Alors l'oiseau alla se percher dans un tilleul et commença à chanter :

Ma mère m'a tué.

Un premier s'arrêta et écouta :

Mon père m'a mangé.

Deux autres s'arrêtèrent et écoutèrent :

Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine.

Quatre autres s'arrêtèrent à leur tour :

Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie.

A présent, ils n'étaient plus que huit à frapper encore :

Qu'elle a porté

Cinq seulement frappaient encore :

sous le genévrier.

Il n'en restait plus qu'un qui frappait du marteau :

Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Le dernier, à son tour, s'est aussi arrêté et il a même encore entendu la fin.
- Oiseau, dit-il, ce que tu chantes bien ! Fais-moi entendre encore une fois ce que tu as chanté, je n'ai pas entendu.
- Non, dit l'oiseau, je ne chante pas deux fois pour rien. Donne-moi la meule et je chanterai encore une fois.
- Tu l'aurais, bien sûr, si elle était à moi tout seul, répondit le garçon meunier.
- S'il chante encore une fois, approuvèrent tous les autres, il est juste qu'il l'ait, et il n'a qu'à la prendre.
L'oiseau descendit de l'arbre et les vingt garçons meuniers, avec des leviers, soulevèrent la lourde meule, ho-hop ! ho-hop ! ho-hop ! ho-hop ! Et l'oiseau passa son cou par le trou du centre, prenant la meule comme un collier avec lequel il s'envola de nouveau sur son arbre pour chanter :

Ma mère m'a tué ;
Mon père m'a mangé ;
Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Dès qu'il eut fini, il déploya ses ailes et s'envola, et il avait la chaînette d'or dans sa serre droite, et la paire de souliers dans sa serre gauche, et la meule était autour de son cou. Et il vola ainsi loin, très loin, jusqu'à la maison de son père.
Le père, la mère et petite Marlène sont là, assis à table. Et le père dit :
- C'est drôle comme je me sens bien, tout rempli de lumière !
- Oh ! pas moi, dit la mère, je me sens accablée comme s'il allait éclater un gros orage.
Petite Marlène est sur sa chaise, qui pleure et qui pleure sans rien dire. L'oiseau donne ses derniers coups d'ailes, et quand il se pose sur le toit de la maison, le père dit :
- Ah ! je me sens vraiment tout joyeux et le soleil est si beau : il me semble que je vais revoir une vieille connaissance.
- Oh ! pas moi, dit la mère, je me sens oppressée et tout apeurée, j'ai les dents qui claquent, et dans mes veines on dirait qu'il y a du feu !
Elle se sent si mal qu'elle déchire son corsage pour essayer de respirer et se donner de l'air. Et la petite Marlène, dans son coin, est là qui pleure, qui pleure, et qui se tient son tablier devant les yeux ; et elle pleure tellement qu'elle a complètement mouillé son assiette. L'oiseau est venu se percher sur le genévrier ; il se met à chanter :

Ma mère m'a tué.

Alors la mère se bouche les oreilles et ferme les yeux pour ne rien voir ni entendre ; mais ses oreilles bourdonnent et elle entend comme un terrible tonnerre dedans, ses yeux la brûlent et elle voit comme des éclairs dedans.

Mon père m'a mangé.

- Oh ! mère, dit le père, dehors il y a un splendide oiseau qui chante merveilleusement, le soleil brille et chauffe magnifiquement, on respire un parfum qui ressemble à de la cannelle.

Ma soeurette Marlène
A pris bien de la peine.

La petite Marlène cache sa tête dans ses genoux et pleure de plus en plus.
- Je sors, dit le père, il faut que je voie cet oiseau de tout près.
- Oh non, n'y va pas ! proteste la mère. Il me semble que toute la maison tremble sur sa base et qu'elle s'effondre dans les flammes !
L'homme alla dehors néanmoins et regarda l'oiseau.

Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie
Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

Aux dernières notes, l'oiseau laissa tomber adroitement la chaîne d'or qui vint juste se mettre autour du cou de l'homme, exactement comme un collier qui lui allait très bien.
- Regardez ! dit l'homme en rentrant, voilà le cadeau que le bel oiseau m'a fait : cette magnifique chaîne d'or. Et voyez comme il est beau !
Mais la femme, dans son angoisse, s'écroula de tout son long dans la pièce et son bonnet lui tomba de la tête. L'oiseau, de nouveau, chantait :

Ma mère m'a tué.

- Ah ! s'écria la femme, si je pouvais être à mille pieds sous terre pour ne pas entendre cela !

Mon père m'a mangé.

La femme retomba sur le dos, blanche comme une morte.

Ma soeurette Marlène

chantait l'oiseau, et la petite Marlène s'exclama : « Je vais sortir aussi et voir quel cadeau l'oiseau me fera!» Elle se leva et sortit.

A pris bien de la peine
Pour recueillir mes os jetés
Dessous la table, et les nouer
Dans son foulard de soie.

Avec ces mots, l'oiseau lui lança les souliers.

Qu'elle a porté sous le genévrier.
Kywitt, kywitt, bel oiseau que je suis !

La petite Marlène sentit que tout devenait lumineux et gai pour elle ; elle enfila les souliers rouges et neufs et se mit à danser et à sauter, tellement elle s'y trouvait bien, rentrant toute heureuse dans la maison.
- Oh ! dit-elle, moi qui me sentais si triste quand je suis venue dehors, et à présent tout est si clair ! C'est vraiment un merveilleux oiseau que celui-là, et il m'a fait cadeau de souliers rouges !
- Que non ! que non ! dit la femme en revenant à elle et en se relevant, et ses cheveux se dressaient sur sa tête comme des langues de feu. Pour moi, c'est comme si le monde entier s'anéantissait : il faut que je sorte aussi, peut-être que je me sentirai moins mal dehors !

Mais aussitôt qu'elle eut franchi la porte, badaboum ! l'oiseau laissa tomber la meule sur sa tête et la lui mit en bouillie. Le père et petite Marlène entendirent le fracas et sortirent pour voir. Mais que virent-ils ? De cet endroit s'élevait une vapeur qui s'enflamma et brûla en montant comme un jet de flammes, et quand ce fut parti, le petit frère était là, qui les prit tous les deux par la main. Et tous trois, pleins de joie, rentrèrent dans la maison, se mirent à table et mangèrent.

samedi 15 mai 2010

mon an 40, l'art des quarantaines, l'avenir d'une illusion


Je fonce vers cet an 40

MES QUARANTAINEs
Un chapelet de prière les quarante boules de buis
S’égrènent sur le divan des calendriers
Vers cet an 40 à « joie de vivre »
Plus palpable

Commencer ma vie dans un métier de médecine,
L’art de la quarantaine était le temps que l'on se donnait pour poser un diagnostique.

Quand j'étais dans le monde de la psychopédagogie en réunion de synthèse je me laissais après avoir bien débattu du sujet-les strates d'évolution sont longues à se mettre en place- j'ai développé l'art de la quarantaine en créant une version d’un jeu de l'oie,
Evidemment je faisais cela avec la psychologue, la belle Hélène,
Au cache de l'autre partie de l'équipe très "LACANIENNE"
À part que le directeur et moi faisions partie de "l'école de la cause"
Des suivants, les autres : ne pas contredire le directeur
Qui était un très grand p. . . . . .

Grâce à ce travail de la quarantaine de son jeu de l'oie
J’ai attendu la bonne occasion
Et la maison de l'enfance inadaptée fut fermée.

Aujourd'hui mon an 40
Référence à la définition de l'expression ci dessous.

Je reprendrai un livre"L'avenir d'une illusion" de FREUD
(Cher FREUD vous qui venez complètement de vous faire compresser par le philosophe qui suscite beaucoup de remue-ménage)…
remettons FREUD en citation !
Je disais donc "L'avenir d'une illusion"
Face à cet état de crise qui se repend sur le temps comme le pétrole dans les eaux des Amériques,
nous sommes dans un point de réel
Qui n'est pas la définition de BRESSON : « le réel c’est du surnaturel »,
Le réel surgit de partout,
Les humains dans une utopie devraient se relier,
Il y a des jointures :
Les fêtes aux multitudes d'invités sur "face -book", oui on se rallie, quel rallye !
On pense à cette vieille histoire du joueur de flûte
Qui joue pour les entraîner les rats en hors de la ville,

Je vais dans mon 40 AN
Décortiquée de beaucoup d'espoir
Grâce « à l'avenir de cette illusion » et après
J’ai tracé déjà beaucoup de changement dans ma vie,
Toujours sur des chemins de traverses
Où l’improbable était le compagnon chevillé dans mes traces

Alors dans cette forêt très profonde,
Les cailloux blancs de mes essentiels,
Mes valeurs fermes comme de la mie de pain "granitfiée",
Je sème,
Devant, derrière, à droite à gauche.
En espérant que germera une nouvelle utopie
Afin de réinstaller un peu de jeu dans notre vie
Qui pourra nous faire décoller de ses lourds réels
Qui écrasent et appellent sans modération
Les pulsions de Thanatos à squatter de plus en plus de terrain.

L’isolement guillotine les êtres, les échafaudages ne sont que l’oeuvre du cerveau



J'accueille et regarde de prés toute idée
si c'est compliqué de laisser un message et commentaire
lamangou@yahoo.fr
Il sera édité sur ce blog

L’avenir d’une expression française
M’a fait écrire cette petite humeur

Bon week-end !

vendredi 7 mai 2010

le conte du vendredi :la lumière blue des frères grimms




photo de nick BRANDT

IL Y A TOUJOURS EN NOS UNE LUMIeRE BLEUE CHACUN PORTE EN LUI UNE FORCE ET UN MIRACLE NE JAMAIS CESSAIT D'Y CROIRE
et cela nous donne où nous donnera la force d'un buffle


Il y avait une fois un brave soldat, nommé François, qui pendant plusieurs années avait combattu dans bien des batailles et avait toujours fait son devoir. Mais lorsque la paix fut conclue et qu'il fut congédié avec la plus grande partie de l'armée, on ne lui accorda pas la moindre pension ; il alla trouver le roi et il réclama contre cette injustice. Mais Sa Majesté, qui avait besoin de beaucoup d'argent pour bâtir un magnifique palais, l'envoya promener.
« Tu me le payeras peut-être un jour », se dit le soldat, et il s'en fut s'acheter un pain avec les derniers liards qui lui restaient. Puis il sortit de la ville et parcourut la campagne pour trouver un peu de travail comme homme de peine ; car il n'avait appris d'autre métier que celui de soldat. La journée se passa sans que personne eût voulu l'occuper.
Vers le soir, il s'engagea dans un bois, et, la nuit étant venue, il n'en était pas encore sorti. Tout à coup il aperçut de loin une lumière ; il marcha dans cette direction et finit par atteindre une maisonnette. Il y trouva une vieille femme, qui n'était autre qu'une méchante sorcière.
- Bonsoir, ma bonne femme, dit François ; je me suis égaré dans la forêt et je viens vous prier de me donner un gîte pour la nuit et une croûte pour souper.
- Une autre, répondit la sorcière, refuserait de loger un homme qui, comme toi a quelque air d'un vagabond. Mais moi j'ai bon cœur et je vais te donner de quoi calmer ta faim. Demain tu me rendras, j'espère, un petit service.
- Volontiers, dit François, si c'est dans mon pouvoir.
- Oh ! il ne s'agit que de bêcher mon jardin.
Là-dessus François, ayant soupé, s'en fut au grenier se coucher sur une botte de paille. Le lendemain il se mit à l'ouvrage et bêcha le jardin ; il eut de la peine à avoir fini le soir.
- Nous voilà quittes, lui dit la vieille ; mais si tu veux demain fendre en bûches ma provision de bois pour l'hiver, je te donnerai de nouveau à souper et je t'hébergerai la nuit.
François accepta et, le jour suivant, il joua de la hache jusqu'au soir ; il en était tout harassé.
- Tu as bien travaillé, dit la vieille ; aussi demain je ne te demanderai qu'un léger service qui ne te fatiguera guère. Ce sera de descendre dans le vieux puits de la cour ; il ne contient plus d'eau, mais j'y ai laissé tomber une chandelle ; j'y tiens parce qu'elle donne une belle flamme bleue et qu'elle ne s'éteint jamais.
Le lendemain François se rendit auprès du puits avec la vieille qui le laissa descendre dans un panier attaché à la corde de la poulie. Lorsqu'il fut au fond, il aperçut en effet une flamme bleue qui provenait de la chandelle magique ; une espèce d'étui était à côté, dans lequel on pouvait l'enfermer ; quand on le rouvrait, la flamme brillait de nouveau, et jamais la chandelle ne s'usait. François la prit ainsi que l'étui et agita la corde. La sorcière remonta le panier et, lorsqu'il fut arrivé à l'orifice du puits, elle tendit aussitôt la main et dit : « Allons, vite, passe-moi ma chandelle! »
Mais François, devenu méfiant, répondit :
- Auparavant je veux de nouveau avoir mes pieds sur la terre ferme.
- Donne tout de suite, dit la vieille, pleine de colère.
François refusa de nouveau ; alors, saisie de fureur, la sorcière lâcha la corde, et le pauvre François retomba au fond du puits. Lorsqu'il se fut relevé, il se souvint qu'il avait dans sa poche une pipe à moitié bourrée de tabac.
« Ce sera ma dernière consolation, se dit-il, que de me régaler encore de quelques bonnes bouffées. »
Puis, ayant allumé sa pipe à la flamme bleue, il se mit à fumer. Au bout de quelques secondes apparut devant lui un petit homme noir, qui, se prosternant avec respect, lui dit : Maître, que commandes-tu ?
Comment , ce que je commande ? répondit François . Pourquoi aurais-tu à m'obéir ? je n'ai jamais eu de ma vie à donner des ordres.
- Tout ce que je sais, dit le petit homme, c'est que je suis chargé d'exécuter tes volontés.
- Soit, dit François ; eh bien, tire-moi de ce vilain lieu.
Le nain alors lui fit apercevoir un couloir qui conduisait à une caverne, où la sorcière avait entassé des trésors. François y puisa largement et, les poches remplies d'or et de diamants, il arriva à la lumière du jour.
- Maintenant, dit-il, va empoigner la sorcière et livre-la à la justice.
Le petit s'en fut bientôt il reparut monté sur un gros chat sauvage, et tenant devant lui, liée aux mains et aux jambes, l'affreuse vieille, qui hurlait.
Au bout de quelque temps, il revint et dit : - Elle est enfermée dans la tour ; demain on la jugera. Que me faut-il faire encore ?
- Va te reposer, mon garçon, répondit François. Mais si j'avais besoin de toi, comment ferais-je ?
- Tu n'auras de nouveau qu'à fumer un peu avec ta pipe après l'avoir allumée à la lumière bleue.
François sortit de la forêt et retourna à la capitale. Après s'être fait habiller tout de neuf et très magnifiquement chez le premier tailleur, il alla loger dans le plus bel hôtel de la ville, et il fit une grande dépense. Au bout de quelques jours de cette vie de luxe, qui lui semblait comme un rêve, une idée lui traversa l'esprit et, avec sa pipe, il fit venir le petit homme noir.
- Écoute, dit-il, j'ai à me venger du roi qui m'a traité si injustement. Cette nuit tu m'amèneras sa fille unique, pour qu'elle me nettoie mes bottes.
- Rien de plus facile, répondit le nain. Seulement tâche que la chose reste secrète; tu dois savoir que le roi n'entend pas la plaisanterie, et du reste celle-ci est un peu forte. Mais cela te regarde ; moi je n'ai qu'à obéir.
Et en effet, sur le coup de minuit, il amena la princesse, qui était plongée dans un état pareil au somnambulisme.
- À l'ouvrage, Mademoiselle, s'écria François, et servez-moi, comme j'ai servi votre père. Prenez ce balai, et balayez le plancher.
La princesse, muette et les yeux presque entièrement fermés, fit tant bien que mal la besogne qui lui était demandée.
- Maintenant, voici des brosses et du cirage, reprit François ; nettoyez mes bottes et faites-les bien briller, je vous prie.
La fille du roi obéit de nouveau mais, n'ayant jamais fait de pareil ouvrage, elle y resta bien longtemps. Puis, sur l'ordre de François, le petit homme la ramena dans son appartement. Le lendemain matin elle raconta à son père ce qu'elle croyait n'avoir été qu'un simple rêve.
- Cependant, ajouta-t-elle, je suis toute fatiguée, et j'ai les os comme rompus. Mais le roi, qui savait que dans ce temps des fées il se passait des choses bien extraordinaires, prit la chose au sérieux et dit à sa fille de remplir, le soir, les poches de son peignoir de pois et d'y faire un trou.
C'est ce qu'elle fit et, lorsque le petit homme vint la prendre et la transporta à travers les airs à la chambre de François, les pois s'échappèrent et auraient pu indiquer le chemin qu'elle avait pris. Mais le petit homme s'aperçut de la ruse et, lorsqu'il eut ramené la princesse chez elle, il alla semer des pois dans toutes les rues de la ville. C'est ce qu'on vint annoncer au roi, qui alors ne douta plus que sa fille n'eût en réalité fait office de servante. Il en fut mortifié. Après avoir réfléchi, il dit à la princesse de garder ses pantoufles en se couchant, et d'en laisser une sous un meuble, si on venait de nouveau l'enlever.
C'est ce qu'elle fit. Cette fois le petit homme ne s'aperçut de rien, et lorsque, le lendemain, les gens du roi vinrent visiter tous les appartements de la ville, ils découvrirent, dans la chambre de François, la mule de la princesse.
Il fut aussitôt appréhendé au corps et jeté en prison. À travers les barreaux de sa cellule, il vit placé là, comme sentinelle, un de ses anciens bons camarades du régiment. Il parvint à ouvrir la fenêtre et il appela son ami.
- Écoute, dit François, quand on t'aura relevé de faction, tâche de t'introduire dans la chambre que j'occupais à l'hôtel. Au fond de l'armoire à bois, tu trouveras un sac plein d'or, ce sera pour toi ; je ne te demande en retour que de m'apporter un étui en cuivre que tu trouveras à côté.
La chose sourit au soldat : il sut s'y prendre habilement, et vint apporter à François l'étui où se trouvait toujours la chandelle, à la flamme bleue ; quant à l'or, il le garda pour lui, comme c'était convenu.
Rassuré maintenant, François, lorsqu'il fut amené devant le tribunal, se laissa, sans protester, condamner à mort. On le mena aussitôt à l'échafaud, sur la plus grande place de la ville. Une foule immense s'y trouvait rassemblée le roi avec toute la cour était venu se placer sur une estrade.
Pendant le trajet, François demanda au bourreau, comme dernière grâce, de pouvoir fumer une pipe de tabac. Cela lui fut accordé. Lorsque ayant allumé sa pipe à la lumière magique, il eut tiré quelques bouffées, le petit homme se présenta à ses côtés.
- Rosse et fouette-moi tout ce monde-là, dit François, le roi, la cour, les juges et toutes les autorités. Ménage seulement la princesse ; je l'ai déjà assez fait souffrir. Au fond j'ai été brutal à son égard elle était innocente des torts de son père.
Le petit homme alors s'élança, et, frappant, daubant avec une force surnaturelle sur toute l'assistance, il mit tout le monde en fuite. Il n'y eut que le roi qui, meurtri de coups, ne pouvait se sauver , alors il demanda grâce à François, qui la lui accorda sans conditions. Le roi alors se piqua d'honneur et il donna à François la princesse en mariage.
FIN

jeudi 6 mai 2010

quelques mots sur MARTINE TOLLET

Conteuse et Formatrice

Diplômée de l’lnsas à Bruxelles, en mise en scène, écriture et jeu théâtral, Martine Tollet a également étudié l’Histoire de l’Art et s’intéresse à l’anthropologie et aux sciences humaines. Dans les années 70, elle anime des ateliers de théâtre pour adolescents pour la Maison de la Culture d’Arlon en Belgique, elle réalise de petites formes et écrit des scénarii pour la RTBF (Radio Télévision Belge). Elle commence à raconter en public en 1990, en Belgique, créant en parallèle un atelier de recherche sur la parole conteuse et, dès 1993, des cycles de contes. Fin des années 90, elle met en place des projets pédagogiques visant à intégrer des enfants étrangers en difficulté scolaire par l’oralité.

Depuis 1997, elle travaille en atelier régulier avec Henri Gougaud et en 2001, elle rejoint l’atelier Fahrenheit 451 animé par Bruno de La Salle, pour y travailler le récit épique. En 2001 également, elle ouvre à Paris " L’Atelier de la Parole ", lieu de spectacle, de rencontres et de formation qu’elle dirige et anime. Elle a aussi oeuvré à la remise en valeur du patrimoine oral étranger en aidant à la création d’une Maison du Conte en Mauritanie, en collectant des contes cubains et en adaptant en Français une collecte congolaise.

Directrice de l’Atelier de la Parole, 22 rue Godefroy Cavaignac 75011 Paris et Initiation et perfectionnement au conte et à la narration

En silence ces quelques jours !





DEMAIN RENDEZ VOUS AVEC UN CONTE

le conte du muguet où trouver son auteur

http://pirouettes.over-blog.com/
c'est un blog
ou vous retrouverez le conte que je vous avez choisi por illustrer ce jour de fête de cette fleur
je vous invite à faire une visite à ce blog
il est riche de beaux écrits , les illustrations
sont belles apaisantes
et au détour de commentaire des adresse de concours d'écriture de contes des information
belle visite

dimanche 2 mai 2010

conterie de frankie disponible miroir izard blanc, sagesse l'arbreà la branche coupée



Contes de Grimm Ouistiti pour introduire le fantastique de l'histoire de monsieur Souche et ODETTE qui est celle d'une métamorphose

spectacle d'une conteuse de conversation
elle s'adapte à tous les lieux

lamangou@yahoo.fr


prix adaptable à l'association la ville qui la reçoit

la conteuse a fait "fourire" les invités à la conterie

et elle aussi


samedi 17 avril 2010

quelques phrases pour le bonheur dominical



La phrase impertinente de Flaubert :
"le rêve de la démocratie est d'élever l'ouvrier au niveau imbécillité de la bourgeoisie"

"Je resterai jusqu'au bout stupéfaite que des créatures qui par leur constitution et leur fonction devrait ressembler à la terre puissent être à ce point factice"
Marguerite Yourcenar in lettres à mes amis et aux autres septembre 1968

de Christaine Singer qui suit la phrase
"à ce point factice"
se tiennent ensorcelées et prêtes à bondir la reine,la sœur, l'amante , l'épouse,l'amie, la mère - toutes celles qui ont le génie de la relation, de l'accueil: le génie d'inventer la vie.
IN" n'oublie pas les chevaux écumants du passé"
ce qui est ce qui vient , ce qui se présente.
nous ne jetterons pas aux orties des millénaires de mémoire , de ferveur,de tendresse, et d'engagement pour la vie contre une petite mode sordide que l'on appelle l'"actualité"

une phrase de Borges :
"Nos néants différent à peine. Le fait est fortuit et sans importance, que ce soit moi le rédacteur de ses lignes ou vous lecteur"
Christiane reprend la phrase de borges et écrit : " mon seul souhait est qu'à certains moments après toute une vie où je tente de capter l'indicible, j'ai la chance de vêtir les mots telle ou telle intuition qui est peut-être aussi la vôtre.


CHAQUE JOUR NOUVEAU, je suis appelée à réactualiser l'espérance, à renouveler l'alliance.Chaque jour de neuf !

vendredi 16 avril 2010

Les conte du vendredi : L'oie d'or . Conte de Grimm


Il était une fois un homme qui avait trois fils. Le plus jeune avait été surnommé le Bêta et était la risée de tout le monde. Ses frères le prenaient de haut et se moquaient de lui à chaque occasion. Un jour, le fils aîné s'apprêta à aller dans la forêt pour abattre des arbres. Avant qu'il ne parte, sa mère lui prépara une délicieuse galette aux oeufs et ajouta une bouteille de vin pour qu'il ne souffre ni de faim ni de soif. Lorsqu'il arriva dans la forêt, il y rencontra un vieux gnome gris. Celui-ci le salua, lui souhaita une bonne journée et dit :
- Donne-moi un morceau de gâteau et donne-moi à boire de ton vin.
Mais le fils, qui était malin, lui répondit :
- Si je te donne de mon gâteau et te laisse boire de mon vin, il ne me restera plus rien. Passe ton chemin.
Il laissa le bonhomme là où il était, et il s'en alla. Il choisit un arbre et commença à couper ses branches, mais très vite il s'entailla le bras avec la hache. Il se dépêcha de rentrer à la maison pour se faire soigner. Ce qui était arrivé n'était pas le fait du hasard, c'était l'œuvre du petit homme.
Un autre jour, le deuxième fils partit dans la forêt. Lui aussi avait reçu de sa mère une galette et une bouteille de vin. Lui aussi rencontra le petit homme gris qui lui demanda un morceau de gâteau et une gorgée de vin. Mais le deuxième fils répondit d'une manière aussi désinvolte que son frère aîné :
- Si je t'en donne, j'en aurai moins. Passe ton chemin.
Il planta le petit homme là et s'en alla. La punition ne se fit pas attendre. Il brandit sa hache trois ou quatre fois et son tranchant le blessa à la jambe.
Peu de temps après, le Bêta dit :
- Papa, laisse-moi aller dans la forêt. Moi aussi je voudrais abattre des arbres.
- Pas question, répondit le père. Maladroit comme tu es, tu n'iras nulle part.
Mais le Bêta insista et son père finit par céder :
- Vas-y, mais s'il t'arrive quelque chose, tu recevras une belle correction.
Sa mère lui donna une galette faite d'une pâte préparée à l'eau et cuite dans les cendres et une bouteille de bière aigre. Le Bêta arriva dans la forêt et y rencontra le gnome vieux et gris, qui le salua et dit :
- Donne-moi un morceau de ton gâteau et laisse-moi boire de ton vin. J'ai faim et soif.
- Je n'ai qu'une galette sèche et de la bière aigre, répondit le Bêta, mais si cela te suffit, asseyons-nous et mangeons.
Ils s'assirent et le Bêta sortit sa galette qui soudain se transforma en un somptueux gâteau et trouva du bon vin à la place de la bière aigre. Ils mangèrent et burent, puis le vieux bonhomme dit :
- Tu as bon cœur et tu aimes partager avec les autres, c'est pourquoi je vais te faire un cadeau. Regarde le vieil arbre, là-bas. Si tu l'abats, tu trouveras quelque chose dans ses racines.
Le gnome le salua et disparut.
Le Bêta s'approcha de l'arbre et l'abattit. L'arbre tomba et le Bêta aperçut entre ses racines une oie aux plumes d'or. Il la sortit, la prit et alla dans une auberge pour y passer la nuit.
L'aubergiste avait trois filles. Celles-ci, en apercevant l'oie, furent intriguées par cet oiseau étrange. Elles auraient bien voulu avoir une des plumes d'or. « Je trouverai bien une occasion de lui en arracher une », pensa la fille aînée. Et lorsque le Bêta sortit, elle attrapa l'oie par une aile. Mais sa main resta collée à l'aile et il lui fut impossible de la détacher. La deuxième fille arriva, car elle aussi voulait avoir une plume d'or, mais dès qu'elle eut touché sa sœur, elle resta collée à elle. La troisième fille arriva avec la même idée en tête.
- Ne viens pas ici, que Dieu t'en garde ! Arrête-toi ! crièrent ses sœurs.
Mais la benjamine ne comprenait pas pourquoi elle ne devrait pas approcher, et elle se dit : « Si elles ont pu s'en approcher, pourquoi je ne pourrais pas en faire autant ? » Elle s'avança, et dès qu'elle eut touché sa sœur, elle resta collée à elle. Toutes les trois furent donc obligées de passer la nuit en compagnie de l'oie.
Le lendemain matin, le Bêta prit son oie dans les bras et s'en alla, sans se soucier des trois filles qui y étaient collées. Elles furent bien obligées de courir derrière lui, de gauche à droite, et de droite à gauche, partout où il lui plaisait d'aller. Ils rencontrèrent un curé dans les champs qui, voyant ce défilé étrange, se mit à crier :
- Vous n'avez pas honte, impudentes, de courir ainsi derrière un garçon dans les champs ? Croyez-vous que c'est convenable ?
Et il attrapa la benjamine par la main voulant la séparer des autres, mais dès qu'il la toucha il se colla à son tour et fut obligé de galoper derrière les autres.
Peu de temps après, ils rencontrèrent le sacristain. Celui-ci fut surpris de voir le curé courir derrière les filles, et cria :
- Dites donc, monsieur le curé, où courez-vous ainsi ? Nous avons encore un baptême aujourd'hui, ne l'oubliez pas !
Il s'approcha de lui et le prit par la manche et il ne put plus se détacher.
Tous les cinq couraient ainsi, les uns derrière les autres, lorsqu'ils rencontrèrent deux paysans avec des bêches qui rentraient des champs. Le curé les appela au secours, leur demandant de les détacher, lui et le sacristain. Mais à peine eurent-ils touché le sacristain que les deux paysans furent collés à leur tour. Ils étaient maintenant sept à courir derrière le Bêta avec son oie dans les bras.
Ils arrivèrent dans une ville où régnait un roi qui avait une fille si triste que personne n'avait jamais réussi à lui arracher un sourire. Le roi proclama donc qu'il donnerait sa fille à celui qui réussirait à la faire rire. Le Bêta l'apprit et aussitôt il se dirigea au palais, avec son oie et toute sa suite. Dès que la princesse aperçut ce défilé étrange, les uns courant derrière les autres, elle se mit à rire très fort.
Le Bêta réclama aussitôt le mariage, mais le roi n'avait pas envie d'un tel gendre. Il tergiversait et faisait des manières, pour déclarer finalement que le Bêta devait d'abord trouver un homme qui serait capable de boire une cave pleine de vin. Le Bêta pensa que le petit bonhomme gris serait certainement de bon conseil et consentirait peut-être à l'aider, et il partit dans la forêt. À l'endroit précis où se trouvait l'arbre abattu par le Bêta était assis un homme au visage triste. Le Bêta lui demanda ce qu'il avait.
- J'ai grand-soif, répondit l'homme, et je n'arrive pas à l'étancher. Je ne supporte pas l'eau. J'ai bu, il est vrai, un fût entier de vin, mais c'est comme si on faisait tomber une goutte sur une pierre chauffée à blanc.
- Je peux t'aider, dit le Bêta. Viens avec moi, tu verras, tu auras de quoi boire.
Il le conduisit dans la cave du roi. L'homme commença à boire le vin et il but et but jusqu'à en avoir mal au ventre. À la fin de la journée, il avait tout bu.
Le Bêta réclama de nouveau le mariage, mais le roi biaisait encore : un tel simplet, un tel dadais -comme d'ailleurs même son nom l'indiquait - pourrait-il devenir le gendre d'un roi ? Il inventa donc une nouvelle épreuve : le Bêta devrait d'abord lui amener un homme capable de manger une montagne de pain. Le Bêta n'hésita pas une seconde et partit dans la forêt. À l'endroit habituel était assis un homme, qui serrait sa ceinture avec un air très contrarié :
- J'ai mangé une charrette de pain, mais à quoi bon quand on a faim comme moi ? Mon estomac est toujours vide et je dois toujours serrer ma ceinture.
Le Bêta fut très heureux de l'apprendre et lui dit gaiement :
- Lève-toi et suis-moi ! Tu verras, tu mangeras à satiété.
Il emmena l'affamé dans la cour royale. Entre-temps, le roi fit apporter toute la farine du royaume et ordonna d'en faire une montagne de pain. L'homme de la forêt s'en approcha et se mit à manger. À la fin de la journée, il avait tout englouti. Et le Bêta, pour la troisième fois, demanda la main de la princesse. Mais le roi se déroba encore en demandant à son futur gendre de trouver un bateau qui saurait aussi bien se déplacer sur l'eau que sur la terre.
- Dès que tu me l'amèneras, le mariage aura lieu.
Le Bêta repartit dans la forêt et, là était assis le vieux gnome gris qui dit :
- J'ai bu pour toi, j'ai mangé pour toi. Et maintenant je vais te procurer ce bateau ; tout cela parce que tu as été charitable avec moi.
Et, en effet, il lui donna ce bateau qui naviguait aussi bien sur l'eau que sur la terre et le roi ne put plus lui refuser la main de sa fille.

mardi 13 avril 2010

gratitude



une belle pensée de géo notre amie écriture et bien lus encore

La gratitude est un donné pour un reçu. Un échange non point hasardeux, mais conscient. De n’importe quelle façon nous devons remercier pour ce qui nous est donné, sinon nous sommes en état de dette permanente. Ce n’est pas que ce soit mauvais, c’est simplement dommage, parce que la gratitude mène à la relation. Et dans la relation, il n’y a plus d’indifférence. Nous donnons, nous recevons, nous participons à la respiration du monde.

(Henri Gougaud, Les sept plumes de l’aigle)

samedi 10 avril 2010

l'histoire du vendredi : la résurection de la chair


Le mot "chair" ne désigne pas ici l’ensemble de nos muscles, mais, selon le sens général de ce mot dans la Bible, l’homme dans sa condition de créature fragile et mortelle. Au début de son évangile, saint Jean n’hésite pas à dire que "le Verbe s’est fait chair" (Jn 1,14), c’est à dire qu’il s’est fait pleinement homme, jusqu’à prendre un corps capable de souffrir et même de mourir.

A ce réalisme de l’Incarnation, correspond, dans les évangiles, un réalisme de la Résurrection de Jésus : ce n’est pas un fantôme, il porte encore les cicatrices de la croix et on le voit manger avec ses disciples sur le bord du lac ! Et cette Résurrection du Christ nous donne de croire "à la résurrection de la chair", c’est à dire à notre propre résurrection avec tout ce que nous sommes et que notre corps exprime. Bien sûr ce corps sera alors transfiguré et nous ne pouvons pas nous représenter ce que sera ce corps "spirituel" ou "glorieux" dont parle St Paul (1 Co 15,42-44), dans un univers qui est au-delà du temps et de l’espace. Mais ce qui nous importe, c’est que cette promesse de vie éternelle concerne notre personnalité toute entière. Même s’il se transforme au cours des âges de la vie, le corps humain est bien ce qui exprime l’identité de la personne et en maintient la cohésion au fil des années. Affirmer une résurrection du corps, c’est maintenir une forme de continuité entre celui que je suis maintenant et celui que je serai dans le Royaume céleste.

vendredi 9 avril 2010

« Faire une conduite de Grenoble »

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la table ronde à grenoble
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ile verte prés de grenoble

[ SIGNIFICATION ]
Réceptionner de manière hostile, sous les huées
Chasser, mettre à la porte brutalement


[ ORIGINE ]
Si l'origine, comme la date de naissance de cette expression quelque peu tombée en désuétude, ne sont pas certaines, une chose est sûre, au vu des documents qui la citent, c'est qu'elle est antérieure à la révolution de 1789.

Son origine est en effet incertaine mais, parmi quelques autres, on en trouve trois qui semblent tenir la route[1].

Avant de les proposer, il faut que savoir que "la conduite de Grenoble" est une désignation qui s'appliquait à une exclusion brutale de son obédience d'un compagnon qui avait failli, qui était un voleur ou un escroc.
À ce propos, on trouve cette description dans "Le livre du compagnonnage" d'Agricol Perdiguier en 1841 :
« Cette conduite se fait, dans une Société, à un de ses membres qui a volé ou escroqué ; c'est le châtiment qu'on lui inflige dans une chambre ou dans les champs. Celui qui a reçu la conduite de Grenoble est flétri moralement ; il ne peut plus se présenter devant la Société qui l'a chassé comme indigne d'elle. Quand on a vu faire cette conduite, on n'est pas tenté de la mériter ; elle n'attaque pas le physique brutalement, mais rien n'est si humiliant : il y a de quoi mourir de honte ! »

La première des explications proposées, mais pas forcément la plus plausible, nous dit justement que cette expression serait née suite à une rixe, non datée, qui aurait opposé aux portes de Grenoble deux obédiences compagnonniques rivales.

La seconde viendrait du grammairien Richelet qui, en 1680, après avoir osé écrire dans une édition de son Dictionnaire « les Normands seraient les plus méchantes gens du monde s'il n'y avait pas de Dauphinois[2]. » et alors qu'il était de passage à Grenoble et participait à un souper, aurait été chassé de nuit de la ville à coups de canne.

La troisième enfin, nous dit qu'un régiment de Louis XVI, chargé de faire appliquer les ordres du roi, aurait été chassé de la ville à coups de pierres.

[1] La route Napoléon, bien sûr, celle qui mène de Golfe-Juan (Vallauris) à Grenoble à travers les Alpes (Lien externe).

[2] Pour rappel, Grenoble est la capitale du Dauphiné dont les habitants sont des Dauphinois. Mais ce n'est par autant qu'on dit que les nobles de cette région faisaient partie du gratin dauphinois.

dimanche 28 mars 2010

Accroche mon coeur






LES ACCROCHE-COEURS

belle messe des rameaux


Ravivant les langueurs nacrées
De tes yeux battus et vainqueurs,
En mèches de parfum lustrées
Se courbent deux accroche-coeurs.

A voir s'arrondir sur tes joues
Leurs orbes tournés par tes doigts,
On dirait les petites roues
Du char de Mab fait d'une noix;

Ou l'arc de l'Amour dont les pointes,
Pour une flèche à décocher,
En cercles d'or se sont rejointes
A la tempe du jeune archer.

Pourtant un scrupule me trouble,
Je n'ai qu'un coeur, alors pourquoi,
Coquette, un accroche-coeur double?
Qui donc y pends-tu près de moi?


Théophile GAUTIER ( Emaux et Camées, 1852