Quatrième envoie
La mélopée. Une
chora s’égraine , m’enveloppe de langes de sons. Mes yeux réceptacles de
cascades de larmes venant d’un lointain impalpable. M’assaille la fraîcheur d’une éclosion,
comme un carillon en montagne et l’écho de mes 4 points cardinaux en moi. Comme
une petite rivière souterraine, une joie enflamme mon thorax : une
floraison d’aurore . Je ferme les yeux après ces longs temps à apprivoiser dans
le regard ce corps autre, et si connu, étrangement, irrésistiblement le pas dans
un chemin comme dans une conche recouverte de feuilles dorées . Je ferme les yeux pour m’en incorporer le
tout et ses ondes . A L’affût d’un rare animal tapie dans notre étreinte,, ces
graines de grenade bonheur, aussi rapide qu’un soufle sur l’eau, aussi multiple
que les vagues de Méditerranée. Je flotte au gré de son gréement.Je subodore
son infini dans ma calanque. Seule ma respiration
est retenue en laisse . Corps comme le rythme léger des pas nus d’un enfant . Sa
Morphée eut raison de moi.
L’odeur du café
mêlée au pain grillé me fit sortir du songe. « Hellooo ! It’s a breakfast ».
J’écarquille les paupières lourdes de la nuit d’un soupir. La belle voix de jazz de
Mille Davis. L’ instrumentation à museler votre logorrhée matinale. Oui, votre Carlotta Nationale a des montées de mots
à l’aurore . Petit regard à l’autre locataire du lit. La jeune fille trempe sa
tartine dans son bol. Elle ne me voit
pas. Mon voyageur ébène me tend mon
plateau, s’assoit le dos à la
terrasse, nous observe de l’une à l’autre . . Un grand sourire
m’accueille en sa journée. La montre : il est 7 heures, la séance sur la
plage de Saint Jean de Luz va débuter. J’accélère les bouchées. Apprécie le
café. J’imprime mes parois du palais de son arôme comme d’un millésimé. Il est
tel j’imagine le capuccino de Venise entre les deux lions de la place Saint
Marco . « Au revoir demoiselle ». A Monsieur, je joins mes deux mains
sous le menton et de ses yeux je fais « fish eye » , je coule mes
iris jusqu’à ses orteils. Trois fois de
suite comme le margouillat de mon jardin de Saint Louis : « cela porte
bonheur » disent les Wolofs. Ou si ce n’est pas cela, çà inscrit la
mémoire . Musique de barcarole.
Alte à la salle
de bain , rhabillage rapide, la voiture est sous son balcon. Drapé d’un paréo
violet, il étire ses bras, son dos avec la balustrade , il me fait un signe balayant l’air de ses sveltes bras –muscles effilés-
l’envol de l’aigle noir. C’était peut-être cela la vison de Barbara. Pour Carlotta :
« yes » c'est celle là. Au volant de ma voiture, deux bouquets de vendangeuses l’un parme,
l’autre rose foncé petite touche de fuchsia. Je lève la tête vers lui. Il
guette . Sourire espiègle : content
de sa blague fleurie. Il disparait dans
la chambre, et, ferme la porte.
Vite la plage.
Ne pas rater l’échauffement.
(suite)
auteure Françoise La Mangou de l'île des P()ins .
Belle journée en ce le la vierge cette très belle fête de l’Assomption.










