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jeudi 10 mai 2012

chronique conte de frankie : le pinceau magique


Ti Liang vivait il y a longtemps très longtemps dans une province de Chine. Orphelin il ramassait des fagots de bois qu’il revendait aux paysans pour un bol de riz. Ti Liang avait une passion : il aimait peindre mais il était bien trop pauvre pour s’acheter ne serait-ce qu’un pinceau. Il allait au bord du ruisseau et là, avec une brindille et un peu de boue il dessinait sur un caillou. Il dessinait les fleurs, les arbres, les oiseaux, les nuages. Il dessinait même le vent.

Un jour, par la porte ouverte du palais du Mandarin Ti Liang entendit un maître de peinture faire sa leçon. Tout doucement ......Ti Liang rentra dans la maison :
« Bonjour Maître ! pourriez vous me donner un pinceau, le plus vieux de vos pinceaux. J’aime tellement peindre ! !
- Comment ? ? hurla le Mandarin. Toi ! ! ! un misérable orphelin tu oses rentrer chez moi et tu veux apprendre la peinture, cet art réservé aux nobles ? ? Sors d’ici avant que je ne jette dans mes cachots ! ! ! »
Ti Liang le cœur gros sortit et alla au bord de la rivière dessiner son chagrin.

« Ti Liang ! Ti Liang ? ?»
Ti Liang se retourna tout doucement et il aperçut un très vieil homme avec son manteau de maître de peinture
« Ti Liang, je connais ton cœur généreux et ton désir d’apprendre la peinture. Viens ! »
Ti Liang se leva, suivit le vieillard, qui, une fois arrivait chez lui, lui présenta trois pinceaux. Un en or recouvert de pierres précieuses, le deuxième en argent tout ciselé, le troisième en bois laqué de noir. C’est ce dernier que choisit Ti Liang.
« Tu as fais le bon choix, dit en souriant le vieil homme.
Et pendant des semaines, pendant des mois Ti Liang apprit tous les secrets de la peinture. Un matin, Ti Liang se retrouva tout seul dans la maison et il comprit qu’il était temps pour lui de partir sur les routes afin d’accomplir son destin.
photo editée sur france musique hier
Il marcha pendant une heure environ et son chemin croisa celui d’un homme assis, désespéré, au bord d’un champ, sa charrue cassée. Il savait, cet homme, qu’au soir tombé son travail ne serait pas terminé, et le Mandarin le ferait jeter dans ses prisons. Ti Liang prit son pinceaux et ses peinture et à même le sol dessina une charrue. A peine eut-il tracé le dernier trait qu’elle prit forme et l’homme tout heureux put continuer son travail. Ti Liang le cœur léger poursuivit son chemin.

 Peu de temps après il rencontra une femme, en pleur, un râteau cassé à la main. Elle aussi était terrorisée à l’idée de ne pas pouvoir finir son travail dans les champs, comme tous elle avait peur de la colère du Mandarin. Ti Liang prit son pinceau et ses peintures et sur le banc dessina un râteau. A peine eut-il tracé la dernière dent, que le râteau pris forme. Ainsi la femme put finir sa corvée. 

A midi, Ti Liang poussa la porte délabrée d’une auberge. L’aubergiste, veuve, n’avait plus servi de repas depuis longtemps, depuis la mort de son mari. Ce fut un bonheur pour elle de servir un bol de riz avec quelques morceaux de poisson séché. Quand Ti Liang eut fini, il prit son pinceau et ses peintures, s’approcha du mur et là, il dessina une cigogne. A peine eut-il peint la dernière plume que l’oiseau étira ses pattes, secoua ses ailes et se mit à danser. De ce jour l’auberge ne désemplit plus et on venait des provinces lointaines pour voir ce prodige. Tout ce ceci arriva un jour aux oreilles du mandarin, qui jaloux, ordonna à ses serviteurs d’aller chercher cet oiseau pour l’emmener dans son palais. Mais ils revinrent bredouilles. La cigogne avait bien compris leur intention et dés qu’ils avaient poussé la porte elle s’était envolée par la fenêtre restée ouverte.

Le mandarin rentra dans une violente colère et fit appeler ses soldats :
« Allez me chercher ce Ti Liang. Et plus vite que cela ! ! ! ! »
Lorsque Ti Liang fut devant le mandarin, ce dernier lui ordonna de dessiner une montagne d’or.
L’enfant avec un doux sourire refusa.
« Comment tu ne veux pas dessiner une montagne d’or ?
- Non ! répondit Ti Liang
- Je veux que tu me dessines une montagne d’or, hurla le mandarin
- Non dit Ti Liang, vous êtes assez riche, vous n’avez pas besoin d’une montagne d’or.

- Tu oses refuser quelque chose à moi qui suis mandarin ! ! Tu ne veux pas me peindre une montagne d’or. Qu’on fasse appeler mon maître de peinture et donnez lui le pinceau et les couleurs de ce misérable. »
Le maître de peinture prit le pinceau et les peintures de Ti Liang et par terre dessina une montagne d’or. A peine eut-il peint la dernière pierre que la montagne d’or se changea en un tas de charbon. Il recommença une fois, deux fois, dix fois, et une fois deux fois dix fois au dernier coup de pinceau l’or se changeait en charbon. Le mandarin tremblant de rage jeta Ti Liang dans un cachot. Là, étaient enfermés depuis des années quatre hommes, quatre hommes qui avaient osé défier le mandarin. A la nuit tombée un rayon de lune passa à travers une minuscule fente permettant à Ti Liang de prendre son pinceau et ses peintures. 



Et sur les pierres humides de la prison Ti Liang ....dessina..... Un ciel de nuit.... avec la lune et les étoiles........ Un champ avec en son milieu deux rangés d’arbres qui abritaient un chemin, puis une porte avec sa clef. Ti Liang ouvrit la porte et invita ses compagnons à prendre le chemin de la liberté.
Ti Liang repartit sur les routes aidant les plus déshérites. Mais un jour il apprit que depuis sa fuite le mandarin enfermait chaque jour une personne, la privant de tout. Ti Liang se rendit au palais du mandarin.
« Je savais bien que tu finirais par te rendre. Dessine une montagne d’or et je rendrai la liberté à tous ceux que j’ai mis en prison. »
Ti Liang pris son pinceau et ses peintures, s’approcha du mur et il dessina le ciel avec un magnifique soleil et un tout petit nuage blanc. Sous le ciel il dessina la mer.
« Ce n’est pas la mer que je veux c’est une montagne d’or ! ! ! »
Au milieu de la mer Ti Liang dessina une île.
« Ce n’est pas une île que je veux c’est une montagne d’or ! ! ! »
Au centre de l’île Ti Liang dessina une montagne d’or.
« Et maintenant comment vais-je pouvoir aller chercher l’or ? Dessine un bateau. 

Alors Ti Liang dessina une plage.
« Ce n’est pas une plage que je demande ! ! C’est un bateau ! ! ! »
Ti Liang dessina un embarcadère. Puis une jonque. Le mandarin se précipita à bord du magnifique voilier.
« Je veux que le vent souffle hurla le mandarin. »Et Ti Liang dessina une jolie brise.
« Plus vite, plus vite. »


Ti Liang pris de la couleur noire et il dessina de gros nuages qui bientôt cachèrent le soleil il dessina des vagues énormes et un terrible typhon. Le bateau au milieu de la mer tanguait dangereusement et les cris du mandarin étaient recouverts par le grondement incessant du tonnerre. Soudain une vague plus grosse que les autres recouvra la jonque emmenant au fond de la mer le mandarin. Ti Liang trempa son pinceau dans la couleur bleu redessina le ciel avec un petit nuage blanc et tout se calma. 

Personne ne regretta la mort du mandarin et tous voulurent que Ti Liang prenne sa place. Mais Ti Liang refusa et proposa un des hommes qu’il avait rencontré dans le cachot, sachant qu’il était un sage. Puis il repartit sur les routes.

Si un jour vous trouvez au fond d’un placard, dans une vieille trousse ou au bord d’un chemin si vous trouvez un vieux pinceau à la peinture noire écaillée, c’est peut-être le pinceau magique de Ti Liang.


Avec mes mots «  GY »


l'atelier de Port Saint Foy La grande





 de mots d'esprits , de sourires  simples et magiques
frankie  goes to Hollywood city

vendredi 3 février 2012

chronique des contes du vendredi : petit nuage d'avril deHenri Gougaud


frankie remercie tous ceux qui m'ont soutenu par des petits mots pendant les douleurs réels et d'autres d'un piratage et ceux qui furent interpelé par ce biais là.
ils furent cordiaux, je leur ai demandé le nouveau mot de passe
c'était le m^me mais en recopiant il avait fait une faute d'orthographe du n mon n et le m du nouveau mail créer


voici un très beau conte de henri gougaud




Conte Cheyenne de Henri Gougaud

Nuage d'Avril et les taches blanches du soleil.

"Il était une fois, dans une tribu souricière établie entre quatre rochers, parmi les buissons d'un flanc de colline, une jeune souris grise nommée Nuage-d'Avril. En vérité, Nuage-d'Avril était affligée d'une drôle de particularité. Elle entendait un bruit que les autres n'entendaient pas ; un bruit vague, une rumeur confuse, une musique infiniment ténue et personne, sauf elle, ne le percevait.

De temps en temps, dans la paix des herbes, elle levait la patte devant son museau, et le regard soudain perdu au loin disait à ses compagnes :
- Avez-vous entendu ?
- Non, répondaient les autres. Quoi donc ?
- Ce bruit joyeux, menu.
- Tu rêves, ricanaient ses amis, tu es complètement folle.

Nuage-d'Avril se taisait, mais n'en estimait pas moins, seule contre tous, que son bruit était indiscutable.

Vint le jour où elle se rebiffa et décida, pour prouver qu'elle n'était pas l'écervelée que l'on croyait, de dénicher enfin la source de ce bruit. Elle s'en fut donc, flairant l'air, vers la vallée d'où il semblait venir.


Elle trotta longtemps, découvrit au-delà des ordinaires territoires de chasse des rochers inconnus, des pentes insoupçonnées, des pièges, des fondrières. Elle ne s'en soucia guère, exaltée qu'elle était par cette rumeur qui enflait, plus elle allait, et qui se faisait plus précise, plus chantante.

Après trois jours de galop harassant, elle parvint, dans un creux de verdure, au pied d'un buisson touffu. Derrière ce buisson elle sentit là, présente, à portée de regard, la source même du bruit enfin atteinte. Le coeur battant, elle écarta du bout museau les feuilles luisantes. Elle vit enfin le bruit, là, et elle s'émerveilla. C'était un ruisseau bondissant parmi les rocs, scintillant et vif : voilà d'où venait la musique.

Nuage-d'Avril, éblouie, s'approcha du bord. Alors elle aperçut au milieu de l'eau, posée sur un caillou moussu, une grenouille.
Elle la salua avec enthousiasme :

- Ho bien toi la grenouille, tu as l'air d'aller bien. Comme tu dois être heureuse de vivre environnée par cette rumeur délicieuse ! lui dit-elle. Je donnerais volontiers la moitié de mon temps d'existence pour me trouver à ton côté.
- Tu peux aisément me rejoindre si tu le veux, lui répondit la grenouille.
- Non, je ne te crois pas. Que faut-il que je fasse.

- Prends appui sur tes pattes de derrière et bondis le plus haut possible. Tu retomberas infailliblement près de moi.

Nuage-d'Avril planta donc fermement ses pattes de derrière dans l'herbe humide de la rive, pelotonna son train, bondit, mais aussitôt hurla, tomba, dans une gerbe d'écume, parmi les vagues, se débattit, implora secours, se démena, parvint, râlant et crachant, à prendre pied sur la rive opposée et se retourna vers la grenouille avec autant d'indignation que de terreur :

- Mais ça va pas bien la tête, tu as voulu me tuer ! J'ai failli me noyer ! cria-t-elle à la grenouille, impassible.
- Ce n'est pas là l'important, répondit l'autre.

Nuage-d'Avril, scandalisée, se dressa, fulmina, brailla :

- Il s'en est fallu d'un brin d'herbe que je ne meure, par ton inqualifiable traîtrise, et tu oses prétendre que ce n'est pas important!
- J'ose le prétendre, répondit l'autre.
- Alors si ma vie et ma mort ne le sont pas, qu'est-ce qui est important selon toi ?
- Ce qui est important, répondit le grenouille, c'est de savoir si quelque chose t'est apparu, à l'instant où tu parvenais au plus haut de ce bond ridicule qui t'a conduit où tu es.

Nuage-d'Avril, stupéfaite, réfléchit un court instant.
- J'y pense, dit-elle, tout à coup radoucie. J'ai vu en effet quelque chose que la peur de la mort et ma rage contre toi m'avaient fait oublier. J'ai vu, le temps d'un éclair, des taches blanches dans le soleil.

- Voilà ce qui est important, c'est là que tu dois aller, répondit la grenouille. Crois-en ma vieille expérience, je sais deviner les rares instants où se révèle clairement le but ultime des existences. Tu n'es venue sur terre que pour atteindre les taches blanches du soleil.

Bon sang, mais c'est bien sur ! Nuage-d'Avril resta un long moment muette, puis hocha la tête. Cet animal bizarre avait mille fois raison. Elle n'avait jamais désiré que cela : atteindre les taches blanches du soleil. Comment avait-elle pu perdre cette évidence ?

Elle remercia puis salua la grenouille et s'en fut donc droit devant elle, se demandant comment parvenir dans ce lieu inaccessible où elle devait aller. De longtemps elle ne fit halte que pour dormir et grignoter de rares pitances. Elle traversa ainsi d'innombrables saisons, survécut aux tempêtes, aux crocs ennemis, parvint enfin dans une profonde forêt, s'épuisa tant dans les broussailles qu'un soir, à l'orée d'une clairière, elle se sentit à bout de vie. Or, comme elle se couchait pour mourir, apparut devant son museau poussiéreux une souris semblable à elle, quoique plus vieille. Cette compagne inattendue la recueillit, la soigna, la nourrit. Après cinq lunes de bonne chair et de siestes quotidiennes:

- Je ne me suis que trop prélassée, dit un matin Nuage-d'Avril. Il est grand temps que je reprenne ma route.
-Reste donc avec moi, lui répondit l'autre. Vois: je vis bien, mon territoire de chasse est infini, mes greniers sont pleins toute l'année . Tu pourrais vivre heureuse en ma compagnie.
- Non, dit Nuage-d'Avril. Il me faut aller, avant de mourir, vers les taches blanches du soleil.
- Folie, gémit la solitaire. Sache que moi aussi, dans ma jeunesse, j'ai tenté d'aller où tu ne parviendras jamais. Un tel voyage est impossible. Regarde où il est, le soleil , et regarde nous, humbles souris que nous sommes. Sois raisonnable, et goûte, enfin, comme moi, à la paix du renoncement. Tu n'y arriveras pas.
- Peut-être que je n'y arriverais pas,répondit Nuage-d'Avril, mais mon destin à moi, c'est d'aller vers les tâches blanches du soleil. D'ailleurs je ne désire pas la paix, . Adieu, et sois bénie de m'avoir sauvée.

Par un chemin secret connu de la vieille ermite, Nuage-d'Avril sortit donc de la forêt et parvint un matin au seuil de la grande prairie. À peine avait-elle cheminé d'une centaine de pas qu'elle découvrit, à demi dissimulé dans les hautes herbes, un énorme bison couché là, sur le flanc. L'animal haletait comme font les mourants. Son pelage était mité, son museau larmoyant. Nuage-d'Avril s'approcha, fit halte à deux pas de son souffle.
- Tu me sembles mal en point, belle bête, dit-elle. Puis-je quelque chose pour toi ?

Le bison souleva péniblement une paupière et répondit :
- En vérité, la vie va bientôt me quitter si ne me vient aucun secours. Or, je crains fort que personne ne soit assez bon pour m'offrir la médecine qu'il me faut.

- Que te faut-il donc? Parle, et je te promets, foi de souris, de te sauver pour peu que je le puisse.
- Un oeil de ta tête, voilà ce qui me redonnerait la vie, dit le bison. Or, je sais bien qu'en ce bas monde nul n'est généreux au point de se défaire par bonté d'un oeil de sa tête ! Passe donc ton chemin, et laisse-moi mourir en paix.
- Un oeil de ma tête ! gémit Nuage-d'Avril. Dieu du ciel ! Elle s'assit, bouleversée, sur une motte de terre, renifla, réfléchit. Il en avait de bonnes, c'était la moitié de sa vision, une grande partie de sa beauté... Elle entendit alors une voix murmurer dans son coeur : " Quoi qu'il t'en coûte, il est indéniable que tu peux vivre borgne sans désagrément démesuré. Donc, si ton oeil gauche peut sauver cet animal, il est juste que tu le lui donnes. " À peine avait-elle goûté ces paroles que, de son orbite, jaillit son oeil comme un caillou lancé. Il alla se ficher sous la paupière du bison qui, aussitôt, bondit sur ses pattes et secoua son encolure, aussi fringant qu'aux plus beaux jours de sa jeunesse.

- Si je peux à mon tour quelque chose pour toi, dit-il à Nuage-d'Avril, je t'offre de bon coeur mon aide. Nuage-d'Avril lui dit où elle voulait aller. Le bison lui répondit que les taches blanches du soleil étaient hors de sa portée.
- Cependant, dit-il, je peux t'amener jusqu'au pied des montagnes Rocheuses.

Elles sont si loin d'ici que, de toute façon, tu ne saurais y parvenir seule. Agrippe-toi à ma fourrure, et dans trois jours nous y serons.
Ainsi fut fait. Trois jours plus tard, le bison déposa sa bienfaitrice au pied des Montagnes Rocheuses, lui souhaita bonne chance et s'en retourna vers la vaste plaine. Nuage-d'Avril se mit alors à gravir ces monts démesurés, crevassés de gouffres, battus par les tempêtes. Elle s'échina, s'exténua, s'épuisa. Elle s'arrêta enfin, les pattes saignantes, sur un rocher pointu, leva la tête, contempla la cime. Elle la vit si lointaine qu'elle perdit tout courage. " Jamais, se dit-elle, je n'atteindrai de pareilles hauteurs. Je ne peux faire un pas de plus.

Elle se laissa glisser au pied du roc et poussa un cri de surprise: devant elle était un vieux loup couché, le museau entre les pattes.
- Qui es-tu, bête étrange ? lui dit-elle. Et que fais-tu là ?
- Je l'ignore, répondit l'autre. J'ai perdu la mémoire et le désir de vivre. Sans doute vais-je bientôt rejoindre mes ancêtres défunts. Tout ce dont je suis sûr (mais d'où me vient cette certitude ?) est qu'un oeil de ta tête me rendrait la santé. Je n'aurais cependant pas l'outrecuidance de te le demander. J'imagine à quel point tu dois tenir à celui qui te reste.
- J'y tiens absolument, répondit Nuage-d'Avril, d'un ton si définitif que le vieux loup soupira et à nouveau parut se désintéresser du monde.
" Il va mourir, se dit-elle, affolée. Honte sur moi si je ne le sauve pas, alors que je le peux !
" À peine cette pensée eut-elle germé dans son esprit que, de son orbite, jaillit son oeil droit. Le loup au même instant soulevait sa paupière. Il sursauta comme si quelque gravier l'avait frappé et aussitôt se dressa, tout gaillard et impatient de vivre. Mais Nuage-d'Avril ne le vit pas : elle était aveugle.
- Je ne te quitterai plus, lui dit le loup. Je te conduirai partout, petite soeur, partout où tu voudras aller.
- Je veux aller dans les taches blanches du soleil, Même si je sais que je ne pourrai jamais plus contempler leur lumière, je ne désire rien d'autre que d'aller où elles sont.

Le loup lui répondit:
- Accroche-toi ferme à ma queue et partons à l'instant. Certes, je ne saurais atteindre ces lieux célestes, ils sont trop hauts pour moi, mais par la vie que tu m'as rendue je t'en rapprocherai autant que je pourrai.
Il grimpa longtemps, le museau bas, sans prendre de repos. Il grimpa jusqu'aux neiges éternelles, grimpa jusqu'aux nuées, grimpa encore jusqu'à ne plus pouvoir poser une patte devant l'autre.

- Tu dois maintenant continuer sans moi, dit-il enfin, à bout de souffle. Le soleil est proche, je le vois, là, à quelques enjambées de loup, pareil à une immense boule éblouissante. Il emplit presque le ciel. Va droit devant, petite soeur, je tombe !
Il poussa un hurlement épouvantable. Nuage-d'Avril hurla aussi, se débattit, abandonnée dans une immensité sans bornes. Elle grimpa, grimpa jusqu'au delà de ses forces, hissa une dernière fois sa patte au-dessus de son museau et sentit quelque chose. Elle se hissa dessus et perdit connaissance.

Quand elle s'éveilla, il lui sembla qu'elle sortait d'un songe. Trois choses l'étonnèrent. La première quand elle s'ébroua, et qu'elle ouvrit les yeux. Miracle ! Elle avait retrouvé ses yeux. Elle voyait. La seconde, c'est qu'elle était parvenue au bout de son voyage. Elle était dans la plus belle de toutes les tâches blanches du soleil. Et la troisième, c'est que de majestueux oiseaux se tenaient autour d'elle et la contemplaient avec respect. Elle regarda son corps, lissa son poitrail et rit, émerveillée. Nuage-d'Avril n'avait plus rien d'une humble souris grise. Elle était devenue un aigle. "

samedi 24 septembre 2011

suite de la légende de Galice d'HIER

jean jacques a dit…


Hello Frankie
l'idée récurrente (et judéo chrétienne?) de "prendre un bouillon" pour non respect des "institutions" on peut également la retrouver dans le golfe du Morbihan avec une histoire d'amour entre deux jeunes de l'Isle d'Arz et de l'Isle aux Moines.leurs familles respectives (Capulet et Montaigu?)voyaient d'un sale oeil cette relation et nos jeunes tourtereaux s'en moquaient, ayant autre chose à faire...Et bien pour la peine ils furent engloutis puisque le passage qui reliait les deux isles fut submergé et la morale...sauve.
Depuis les isliens des deux communes se font la gueule mais ça forcément,c'est une autre
histoire...
Belle journée à toi!

ET à vous

vendredi 17 septembre 2010

l'enfant du solstice d'été et du solstice d'hiver cionte du vendredi



bibi l'enfant d'argile


notre dame des neiges










s'ils avaient pu le papa et la maman le mettre sous cloche






L'ENFANT DEs NEIGES




les copains d'école qui ont perdu leur ami de l'hiver !
il fait froid dans le cœur !
givre le bout du nez !

stalactites, et stalagmites jouent aux picadors !
méchantes bestioles de glace, elles jouent avec le chagrin .






quand l'amie belette en directe voit la disparition





quand les paysages deviennent plumes de rêves




Légende du solstice d'hiver et du solstice d'été.


Il était une fois un couple de paysans qui n'avaient pas d'enfants. Par une nuit de Noël glaciale, ils revenaient de l'église vers leur ferme en traversant les champs recouverts d'une épaisse couche de neige. Ils se taisaient, encore émus et bouleversés par le mystère de la Nativité, chacun gardant pour lui ses espoirs et ses regrets. Alors qu'ils avançaient péniblement dans l'immensité blanche, ils découvrirent un bonhomme de neige. Abandonné là par des enfants, il se tenait sous la lumière de la lune.

La paysanne s'écria:

- "Regarde, ne dirait-on pas un enfant, un enfant de neige !"

Alors elle s'agenouilla en pleurant devant la statue de glace et lui caressa doucement le visage. Et, sous ses caresses et ses larmes, peu à peu, le bloc de neige fondit pour laisser apparaître, ô miracle, un véritable enfant, clair comme la lumière de la lune, qui suivit le couple émerveillé.


Ils gardèrent dans leur maison ce prince blanc comme un fabuleux trésor. Il avait l'apparence et l'âge du fils dont ils rêvaient depuis dix ans. Cet enfant était doté d'une fine une intelligence.

-"Je suis né de cet amour fou que vous gardiez dans votre coeur pour cette enfant que le sort vous a refusé. Gardez-vous de trop vous attacher à moi, car je ne suis qu'un reflet de votre songe, ma chair est de neige et au printemps que restera-t-il de moi ?"

En effet au fur et à mesure que les mois passaient, que le temps devenait plus clément, que les premières fleurs émergeaient de la terre, les fermiers voyaient leur fils devenir plus pâle encore, plus frêle, presque transparent. La femme l'enferma dans la chambre du Nord, espérant le garder près d'elle malgré le retour du printemps. Mais l'enfant de neige se sentait prisonnier, ce n'était plus la douceur de l'air et la chaleur de la lumière qui le faisait dépérir, mais la tristesse. Tous les jours il entendait rire les enfants du voisinage et les voyait courir, sauter, danser... Les enfants l'invitaient à venir partager leurs jeux et leurs éclats de rire, mais la fermière refusait de le laisser sortir.

Mais quand vint le soir de la Saint Jean, les rires et les danses et les cris de joie redoublèrent. Échappant à la vigilance de ses parents, l'enfant de neige s'échappa et rejoignit les autres enfants autour du grand feu de joie. Imitant les autres il s'élança à son tour pour sauter par dessus le feu comme le veut la tradition. Le fermier et la fermière arrivèrent juste au moment ou l'immense flamme toucha les pieds de l'enfant. Il y eu un crépitement, des étincelles et une gerbe d'étoiles et l'on entendit :

- "Adieu, mère, adieu, père, adieu les enfants ! Ne m'oubliez pas ! Je resterai blotti au fond de votre coeur !"

je viens de découvrir une version avec du pain

et je connais aussi l'enfant d'argile
peut-être avez-vous vous aussi d'autre version ?
CE SERAIT SYMPA DE SE LES ÉCHANGER
BIEN LE BONJOUR AUX LECTEURS LECTRICES DE LA RUBRIQUE DES CONTES