Il avait laissé ses yeux dans un parc; Trop, beaucoup trop de coquilles! Ses yeux, s'étaient usés à force de les corriger...
Corriger des coquilles! Pourquoi pas dresser des escargots?....
A suivre
croukougnouche a dit…
Elle l'avait aperçu ,un matin très tôt , alors qu'il marchait le long de la promenade de la mer . De dos il aurait pu ressembler à n'importe quel touriste : veste de lin froissé ,stature massive ,cheveux drus en mèches agitées par le vent . Mais il tenait en laisse un très grand et gros chat noir et blanc qui avançait au même rythme nonchalant que son maître. De temps en temps , ce couple insolite faisait une halte pour admirer le rivage encore désert à cette heure, et c'est ainsi qu'elle pu voir le visage de profil .
Ce qu'elle vit lui donna envie d'un peu plus , d'autant que le chat avait tourné la tête au moment où elle passait à sa hauteur : son regard vert liquide profond au milieu du masque surprenant en raison des taches noires et blanches avait accroché le sien d'étrange façon .D'un pas rapide elle avait continué et traversé la chaussée pour se poster à distance , à la terrasse du Bar des Mouettes.C'était le moment de son premier café , elle profitait ainsi du paysage ,vierge de toute agitation parasite tout en mettant ses pensées du jour en ordre : la ligne mouvante de la mer gris pâle berçait et stimulait son introspection.
Mais aujourd'hui, tout cela était un peu perturbé par les deux silhouettes qu'elle apercevait au loin , progressant vers le phare.
Le café ne lui sembla pas aussi bon que d'habitude , elle l'avala trop rapidement ,en se brûlant un peu la langue. Elle se dit que sans doute , l’inconnu se dirigeait vers le bistrot de coquillages qui ouvrait dès 7h .
C’était le rendez-vous des habitués qui venaient engloutir leur dose iodée quotidienne ,pas un endroit chic, plutôt un comptoir à la bonne franquette.
Malgré toutes ces années ,elle n'avait jamais réussi à sauter le pas: l'idée d'absorber une créature vivante ,de la sentir descendre dans son estomac, la révulsait. pourtant , ce n'était pas faute d'avoir essayé , encouragée par Monique et Gérard , ses cousins natifs de Granville, chez qui elle résidait à chacun de ses séjours . Elle en avait été quitte pour une humiliante séance de vomissements , cachée dans les toilettes du restaurant .Rien à faire , les huitres , ce n'était pas pour elle.
C'est donc avec réticence qu'elle se mit à marcher vers la pointe rocheuse : L'homme au chat venait de s'installer effectivement à une table .Il avait posé sa veste sur le dossier de sa chaise, et portait une chemise bariolée ornée de perroquets . Le chat perché en face de lui faisait une consciencieuse toilette .
Elle buta contre une latte disjointe et en trébuchant, alla s'installer contre le mur , il y avait un petit vent frisquet et elle aurait du emporter un gilet. Elle commanda une assiette de crevettes roses avec un verre de vin blanc.Elle observa le serveur qui plaçait devant le promeneur un énorme plateau d'huitres, ainsi qu'une écuelle de crevettes décortiquées , visiblement destinée au chat.
Elle sursauta quand on vint lui apporter sa commande : Crevettes et pain beurré lui paraissaient soudain incongrues . Elle commença par une gorgée de vin , et au moment où elle levait son verre , l'amateur d'huitre se tourna vers elle " Bon appétit!" dit-il en souriant, puis ,saisissant une coquille , il en aspira bruyamment le contenu d'un air réjoui.
Légèrement nauséeuse , elle piqua du nez sur son assiette et se mit à décortiquer ses crevettes .
L’homme avait son trouble. Depuis qu’il avait accepté pour le film de Jaunet et Karo « La bourgade des enfants retrouvés »dans le dernier il avait dompté les puces criminelles çà avait été terriblement dangereux il s’en était tiré par un bide à Kane et une dermite colossale traité à Saint Louis du Sénégal… fidèle en leur dompteur cette fois-ci les coquilles d’huîtres.
Ce matin , il avait travaillé avec la marée et avait trouvé une chose.
Maintenant le repos , dégustation. Il fit signe à son compagnon à poils il regarda en comptant jusqu’à 3 dans la direction aux crevettes décortiquées. Le chat comprit sa mission. Il descendit de son perchoir avec une élégance dépassant ho ! la main celle du perroquet….
Le chat veloutement marchant, alla sous la table à la mangeuse de rose et de sa queue il encercla la cheville de la dame comme les marocaines se bijoutent les jours de fêtes, il fit une tension, il était doué : il était la résurrection de l’hameçon , le point de cette reviviscence , il l’avait logé dans sa queue. Comme sous hypnose , le dame vint s’asseoir en face de l’homme. Le maître héla le serveur pour servir une assiette d’huîtres à son vis-à-vis et une autre chaise pour le chat.
Frankie PAIN
( A suivre)
Je passe le relais
Tous les mercredi seront mis les épisodes écrits dans la semaine
Ceux qui veulent participer l’écriture de ce bête seller pour l’été 2012
Se doivent de tenir compte des différents ingrédients contenu dans les premiers épisodes.
Si vous êtes entrain d’écrire alors que qu’un épisode vient d’être déposé il suffira de faire correspondre comme un autre point de vue de la scène ou la naissance d’un autre fil rouge qui se tend dans l’histoire
Bonne lecture
Et à vos plumes et encrier