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lundi 23 février 2015

première urgence dans le marais



  gamme  de la semaine 
je vous l'ai mise en entier c'est vous qui feront les coupures en rapport à vos désirs et emplois du temps.
pour les lecteurs et lectrices du feuilleton Odette et le skipper vous retrouver  l'héroïne Odette.

Le premier rendez vous pour son retour à son ancien métier est sur son carnet neuf : un panaris... L’urgence est mineure alors sur le chemin de l’école désaffectée lieu de son rendez vous, dans un endroit assez dégagé en arbres pour  mieux capter  son émission de  France culture, elle s’arrête  et déguste. Un de ses auteurs favoris est interviewé avec en plus sa  lecture de quelques extraits. Après guillerette est  la route  entre Maillé et la Ronde malgré un trac d’une reprise après un si grand écart.

Odette trouve relativement facilement  la vieille école. Elle tire la cloche au-dessus de la porte, une voix qui  marche lui dit : entrez.  Le timbre de la voix l’interpelle  « pas inconnue ». La porte est ouverte,  un homme avance vers elle, entre la lumière du dehors et la pénombre du dedans, un temps au pourpre rétinien pour entrapercevoir les contours et les détails. Phrase d’accueil.   Odette avance jusqu’à la banquette où  elle s’évanouit.

L’homme la veille. A son réveil l’homme dit : « que puis-je faire pour vous ? » Odette dans son sourire le plus lumineux  elle répond : «voulez vous m’épouser ? ». L’homme au panaris avec ses  douloureux lancements dans son pouce droit  acquiesce de la tête et dit : « oui,         je le veux bien,    ….       dans six mois. »

Odette enfile sa blouse blanche, demande un torchon de cuisine propre et à se laver les mains. Sur la table de cette pièce, plus bibliothèque que salle à manger, elle installe sa boite de petit chirurgie, ses fioles,  sa boite stérile du bistouri. Dans un bol de cuisine  elle immerge la main droite dans du dakin. Odette ajuste ses lunettes, enfile ses gants. Elle observe le gros bobo turgescent, jaunassant, elle palpe,  observe le visage de l’homme,   en même temps, elle mesure  le degré de la douleur. « Je vais inciser, Monsieur Souche. Votre vrai nom ? » Il acquiesce. « Cà vous va bien aussi. Comme votre nom d’auteur d’ailleurs Quelle  synchronicité ! Sur le chemin je vous ai entendu sur  France Musique ».

- Je comprends mieux votre étourdissement. Dans le marais nous pouvons croire à certaines apparitions.  J’aime bien écrire ici. Aïe.
-Pardon, il la fallait cette petite incision. Quand le patient parle, on le prive de l’appréhension, c’est mieux ainsi. Je vais appuyer pour qu’il se vide.  Un bon pansement non compressif, dans quelques jours  tout sera rentré dans l’ordre. Pas de fièvre ? Donnez-moi votre front.  Odette est gênée, rétrospectivement, comment a-t- elle pu être si directe ?  Elle pose le dos de sa main sur le front, le temps de la captation de la fièvre,   elle sourit aux marronniers en fleurs de la cour. Blanc, rose et rouge. L’incongruité  de cette situation  est palpitante  sous sa blouse blanche.

Il lui aurait offert un thé, avec des merveilles qu’aurait confectionné Anna sa  gouvernante. Il lui aurait dit  que l’écriture le comblait tellement qu’il n’envisageait plus sa vie avec un être vivant -  malgré l’avoir souhaité si longtemps -  . Il aurait  eu le temps de l’observer, ces quelques heures dans son évanouissement.  Il aurait même été voir son ambulance aménagée. Sa vielle ambulance remise à jour avec le tout pour y vivre, le tout pour y soigner. Dans la bibliothèque  de  la « doctor » il a vu au moins trois livres de lui et plusieurs de ses grands amis. Il aurait dit « au moins ils s’entendraient. » En buvant le thé il aurait dit : nous commençons mal notre roman d’amour. Ah ! aurait- elle répondu sur un ton ingénu. - n’oui, Melle Odette, d’habitude c’est la fin : la demande en mariage. Qu’elles vont être nos péripéties ? Quand çà commence par ce qui termine ! J’aime passer à la mise en culture en boite de pétrie le roman qui va venir, au cours de l’écriture de mon roman, alors là ???  Il dirait être perdu, chamboulé. Elle aurait répondu : le pire protocole est à l’orée peut-être d’un Prix Goncourt. Ils seraient partis dans un fou rire interminable, un magasin entier de pellicules pensa-telle.  Il lui aurait dit :  « cela fait un moment que la nuit est là. Je ne voudrais pas  vous envoyer par le marais noir après ce remous de vie, ce courant. Voudriez-vous habiter ma chambre d’ami ! » Il n’aurait pas attendu sa réponse, il se serait levé,  il aurait été au chai des bûches, en serait revenu les bras chargés, elle se serait mise  à éclater du petit bois, à l’installer comme un mandala accompagné d’une frise de pommes de pin, elle aurait dit : « c’est moi qui craque l’allumette.  Pour qu’il fasse flamme et prenne : il faut être philosophe ou amoureux. » Il aurait laissé faire, étonné de sa docilité. Ils auraient baigné de silence et de mots, ils se seraient attardés fort longtemps sur la virgule,  les volières de l’aube du marais et leurs chants  les auraient surpris dans leur premier sommeil. Ils auraient eu leurs corps à peine rapprochés.
La fermière voisine aurait fait sonner la cloche et  posé le grand bidon de lait frais. La vue de l’ambulance l’aurait fait frapper aux carreaux. Monsieur Souche l’aurait rassurée. La fermière serait revenue avec un bon poulet juste plumer. Odette serait partie pour une urgence à l’église de Maillet.

Anna aurait été de repos. Monsieur Souche aurait mis le tablier de cuisine  d’Anna. Il aurait farci le poulet  comme il aimait piquer ses chapitres de quelques épices.   Il serait allé cueillir au jardin les herbes qu’il aimait respirer avant  de s’attabler à l’écritoire. Dans la pinède derrière l’école il aurait cueilli sur les bruyères en fleurs des épines de pins. Ils les voyaient bien piquées dans le troufion du poulet.  Dans le garde manger il aurait sorti la truffe, il l’aurait râpée dans le ventre du poulet. Odette serait revenue les mèches en bataille elle aurait aidé un vêlage.

Ils auraient mangé avec un Pomerol qu’il aurait versé auparavant  dans son aiguillère d’argent Daum, cadeau du fils Daum ce journaliste fou de VSD. Une sieste les aurait séparés. Odette aurait voulu la faire dans l’ambulance, il aurait accepté de la suivre. « Vous me devancez aurait-il dit: je vous réservais pour demain la visite de la Venise verte par les canaux,  il me fallait un « pigouilleur »  (pour avancer sur la plate du marais, un bâton une pigouille pousse dans la vase  du canal). Elle aurait demandé pardon : être proche de la vache lui permettrait de mieux se reposer. Ainsi ils auraient vécu leur première proximité de leur corps dans un champ rempli de boutons d’or, dans un concert minimaliste de ruminements  de plongeons de ragondin, de mugissements maternels des jeunes génisses accouchées. Il aurait dit : « le galbe de vos seins me fait découvrir les mystères des marbre de Carrare de Rome. » Monsieur aurait été jusqu’à lui servir d’assistant dans des petites chirurgies : recoudre les sutures. Son éditeur auraient été ravi des petites différences qui auraient émaillé les récits de son adulé auteur. Moins de temps à la table d’écriture. A regarder Odette Monsieur aurait habité sa caverne de la femme comme d’une vulve fécondée, ses mots seraient sortis amplifiés de sonorités sensuelles. Il se croyait au bout en répétition de son dire, il  se sentirait dans la genèse d’un autre mystère, toujours aussi captivé. Odette parlerait peu  de son passé. La seule émergence aurait été le regard au scalpel des réactions  profondes des protagonistes des pages de  Monsieur Souche. IL aurait sacrifié ses salles de classes,- uniquement réservées à ses premiers jets et ses énièmes reprises par chapitre- pour lui aménager une sorte de dispensaire. Recevoir quelques consultations après ses interventions sur le terrain. Il aurait publié les bancs dans les temps. Le mariage aurait bien eu lieu 6 mois jour pour jour après l’évanouissement d’Odette.

L’intimité souhaitée se serait transformée de  surprise en surprise. D’abord Monsieur aurait fait comme l’oublier  Odette sur son fauteuil sous un préau en sa robe de mariée. Tout aurait été pensé pour cela : qu’elle se vide des squames de son passé, qu’elle puisse revenir sur sa décision. Après un kaléidoscope  d’enfer dantesque, au moment où elle n’aurait plus attendu dans cette cour d’école déserte à part les oiseaux, comme l’entrée du film «  Il était une fois dans l’ouest » de Sergio Léone, les musiciens en queue de pie, noir sur blanc, seraient apparus avec le chef d’orchestre. A la première mesure de « La pastorale » de Beethoven,  le curé dans sa robe noire  aux pans flottant aurait franchi le porche  de l’ancienne école, son missel à la tranche violette bien tenue dans ses mains en prière sur sa ceinture carmin. Il aurait avancé au cœur d’un troupeau de mérinos.  Blancs, noirs, marrons. En couronne  des cavaliers et cavalières sur  des chevaux de traits anglos percherons aux robes grises, tâches de blanc et noir, aux crinières comme les vagues de  la mer. Sauf une demoiselle d’honneur  sur une chèvre blanche habillée de rose pivoine  pâle. Deux oui  se seraient réunis  dans l’écho des préaux.   La fermière et ses complices seraient arrivés avec une charrette  de gaëls rouge, violet carmin, blanc.  Elle les aurait répartis cérémonieusement dans des pots au pied de chaque pilier de préau,  portée par les voix choristes des villages alentours.  Un jeune tambour aurait  roulé avec ses baguettes expertes  la peau tannée du tambour, il aurait ensuite  convié les mariés, les invités à un méchoui dans la cour de la ferme d’à côté.

Ce couple n’aurait pas eu  d’enfants, seulement  de nombreux livres seraient nés de cette alliance. Odette n’aurait rempilé des années de travail après la date de sa retraite. Régulièrement venaient peindre ou écrire dans son dispensaire  des voyageurs, des amis des villages.  Des yourtes ce seraient installé autour de l’école… Chaque soir Odette méditer sous l’Hêtre pourpre,  elle chantait la chanson d’Edith Piaf : Non rien de rien non je ne regrette rien. ». …..
  
 de Frankie Map's Monde

les droits sont réservés









C’est là qu’Odette apprit que le réseau de résistance dont faisait partie son père Etienne René avait été fait prisonnier que le père de Monsieur Souche était Monsieur Robert

lundi 28 octobre 2013

Feuilleton d’automne 4 eme épisode: "Oui . Pour un panari ! "



Feuilleton d’automne
4 eme épisode




La robe de docteur  d'Odette

si vous ne l'avez pas encore lu le 5eme épisode  mis pour un peu remuer les méninges mais vous pouvez aussi le lire dans la suite en cliquant sur le lien





Odette dans son bourg de La Ronde s’était bien adaptée. Avec Prospero elle découvrit les complicités des monastères. Les gens venaient plus la consulter pour parler que pour se faire soigner. Ils étaient au parfum des pompiers, il y avait les rebouteux qui avaient de grandes consultations, pour les petits trucs les recettes de grand mère à leur  économie domestique  cela suffisait. Odette accueillait ce qu’elle recevait. Elle savait que les mots soignaient aussi. Elle organisa la mise en place d’un groupe d’alcooliques anonymes, les femmes se plaignaient beaucoup de la « beloterichardite » du canton. Elle organisa des soirées de contes dans la maison de la sœur de Prospero. Chacun racontait une histoire, -vraie, pas vrai-, pendant la contée cuisait  la soupe (avec ce que chacun avait apporté) la soupe  mangée les voix repartaient  jusqu’à épuisement du sac à histoires,   la dégustation des desserts et la fin sonnait. Les mots soignent.
la mére d'odette et son amie Moineau
aux contes le soir 
Odette accepte comment les choses se passent bien différemment de son imagination.  Elle était montée à Paris pour raconter des histoires , c’est en Vendée qu’elle les fait raconter. Elle mange à sa faim, son frigidaire est toujours plein. Ainsi qu’un immense congélateur.
Ses consultations sont rarement payées avec des pièces trébuchantes : les braconnes, les pêches, la saison des champignons. Ce ne sera pas ses dernières années là qui feront gonflées sa retraite mais au moins chaque chose accomplie à sa reconnaissance ce qui la change de Paris où elle donnait de son art, on ne la rappelait plus, elle ne savait jamais pourquoi elle n’était plus prise, au point qu’ elle ne sait par quel miracle,  elle ne s’était pas complètement perdue.
Le skipper qui l’avait amené en bateau sur la terre de ses études et de son premier boulot.  L a noce  à la Mélusine. Le skipper fils père : -le ballot vivant- à la capitainerie : la découverte sans le savoir de son fils : 4 ans et demi, rebaptisé Hugo Victoire. IL   épousa Léo Léon son ami complice,  le bucheron afin d’obtenir la garde de son fils : offrir  un point fixe,  stable : Léo Léon dans le couple. De temps en temps ils viennent visiter Odette. Une belle complicité entre Odette Mélusine est née au point où Hugo Victoire, le petiote a agi pour laisser Chien à Odette  (5eme épisode) afin d’être sur de venir régulièrement en Vendée en visite chez sa Mélusine amie des hommes et du petit monde de la nature.
 
Chien
 
 Colette et Toby


Madame l’Ambulance est toujours de ses sorties ; visite à domicile : aider un fermier à un accouchement délicat d’une de ses génisses ou juments. Et petite acte de chirurgie. Sur la route elle s’arrête pour capter ses émissions préférées et se rendre après à l’urgence. Ce jour là un panaris. Elle avait regardé son émission littéraire où son auteur chéri passait en retransmission.
Un panaris peut attendre.
Elle prit la route pour d’école désaffectée qu’il  lui avait expliqué. Quand le Monsieur Souche panaris ouvrit la porte Odette.

Elle fut  statufiée, elle demanda vite à s’asseoir. Elle était très mal,  sur le point de perdre connaissance. Et elle se remit doucement, son sourire était très prolixe. Et elle resta longtemps sans rien faire comme dans un état de somnambule. Le temps passa l’homme fit un thé, elle y but, il servit un repas, elle mangea. La douleur du panaris démangeait le bout du doigt de Monsieur Souche.
Que puis-je faire pour vous maintenant ?
Odette avait répondu à brule pourpoint 
Epousez moi !
L’homme écarquilla les yeux :
Quoi ?
Odette vous avez bien entendu :
Epousez-moi !
L’homme :
Vous êtes sur de vous ?
Odette :
Oui, absolument.
Le visage d’Odette était rayonnant. Offerte. C’était sous son nom d’usage l’auteur favori qu’elle avait écouté en retransmission en venant chez lui pour le panaris. Elle avait les yeux humides. C’était lui.
L’homme
Si je vous dis « oui » vous vous occuperez de mon panaris ?
Odette 
 oui.
L’homme
oui.
Elle se leva comme sortant d’un autre monde, elle installa Monsieur Souche,  désinfecta son doigt ouvrit sa boite de bistouri, fit l’incision, dégorgea le pus du doigt, lui fit une jolie poupée.
« C’est fini. Tout peut commencer. »
Monsieur Souche
Vous étiez sérieuse tout à l’heure ?
Odette
Oh ! Oui, sans l’ombre d’un  doute.
Monsieur Souche
Je suis..
Odette
je sais.
Monsieur Souche
Heu ! Mais enfin

Odette lui prit la main, l’embrassa.
 Monsieur Souche se laissa faire comme un planeur dans sa colonne d’air montante enfin rencontrée.
Odette
Vous êtes l’homme qui un jour sauva ma vie en me donnant sur une de vos phrases,  une grande extase.
 Je compris que je pouvais attendre d’être amoureuse vraiment, avant de dire oui.
Grâce à la joie de vos livres et d’autres livres,  je pus me passer des rencontres accessoires et malignes.
Monsieur Souche
Je ne connais que les mots
Odette
Vous n’inquiétez pas, moi aussi depuis très longtemps.
Nous prendrons le temps pour nos chairs
Monsieur Souche
Bon Bien venue, je vous présence ma compagne : ma chatte Zita
Odette
 A demain pour le pansement.
J’amènerai de quoi manger.
Monsieur Souche
Vous ne restez pas plus longtemps ?
Odette
Non, je dois me remettre.  Mon corps est en ébullition.
Monsieur Souche
Vous n’allez reprendre la route dans cet état .
D’ailleurs la tempête Christian peut descendre jusqu’à nos terres.
Je vous fais couler un bain, je vous garde jusqu’à demain, prévenez vos gens.

L’homme lui posa un châle de cashmire sur ses épaules, il remua le tronc d’arbre dans la cheminée, et  il se dirigea dans les pièces arrière. L’eau coula dans le bain. Il revint à elle tout sourire. Ca il l’aurait écrit  son éditeur lui aurait dit : « tu n’exagères  pas trop, et commencer une histoire par la fin qu’est-ce qui te prend ? » La vie est plus riche que notre imagination, elle nous offre sur un plateau ce que l’on  n’espérait plus.
Et cette petite bonne femme qu’il a eu le loisir d’observer quand elle était  longuement dans son « falling in love » passant par toutes les formes qui peuvent se vivre une vie durant de femme, de la petite fille perdue, rassurée, rêvant, la jeune fille sauvage, la femme en quête, la femme offerte, la femme emberlificoteuse, la dame souveraine avec son bistouri délivrant, la femme maternelle. La dame sur d’Elle qui le demande en mariage et fait de lui un homme vivant : être autre qu’un faiseur de succès. Monsieur Souche.

Odette alla prendre le bain. Elle vivait l’inconnu en elle,  la fulgurance d’un désir qui s’enflamme, et la simplicité d’un déploiement, d’un changement d’habitude à vue et une porte d’une autre vie consentie.


Zita se logea sur le canapé en face du feu et observait son maitre, qui changeait ses circuits dans sa maison :
« Çà sera quand son thé à nous, son petit biscuit qu’il lui écrasait dans la main pour lui offrir ? J’avais raison de prendre son panaris pour un drôle de bordel. Si çà se trouve elle va rester dormir, dans son lit ? Pas déjà.»

son thé à nous
 
de l'auteure Frankie Pain


le 5eme épisode 
cliquez sur llien



bonne semaine frankie

mardi 17 septembre 2013

Feuilleton entre été et automne Le passage. 2émé partie le Lkipper et Mademoiselle odette



Feuilleton entre été et automne
Le passage. 2émé partie
 Photo Frankie Pain 
la médaille d'or vivante






Odette à la visite du guérisseur de Dompierre, charmant « bounhomme » lui dit que l’argent qu’il gagne c’est pour faire un mariage chaque an avec une jeune  fille. La mariée ne le sera qu’un jour. Il organise avec ses patients une grosse fête dans les habits traditionnels de Charente Maritimes. Odette rigole en elle car le guérisseur n’est pas loin de la folie du mariage de Mélusine. Cet homme lui devient tout de suite sympathique et  de plus il a des résultats, comme quoi quand on croit c’est du 50 % sur la voie de la guérison. Elle lui donne sa carte. « Afin dit-elle que sur certains cas par vos mots nous puissions compléter la prophylaxie  du patient ».


la tenue de la femme de Royan 
photo Frankie Pain 
Le guérisseur Coudair
Quand vous êtes par là, invitez-vous.
Nous ne pouvions recevoir de là haut mieux.
Ne vous privez pas de mes mains pour vous.
Echange d’accolades
Le temps qu’Odette monte dans sa miss Ambulance, la bonne de guérisseur Coudair lui avait mis dans un panier une pintade vivante pour son repas du dimanche.

Sur la terrasse dans la forêt domaniale de Souillac les trois musiciens Léo Léon et le petiote font les finitions des bijoux pour Mélusine.
Le skipper Alain est assis au pied du pin patriarche de la clairière.
Dans la posture du penseur de Rodin,  il laisse venir les pensées , suivant les conseils de sa Mélusine il note. Soudain comme venue de la terre des mots, ses yeux se révulsent, une sorte de micro tétanie se répand dans tous ses muscles. Et il repense à un vieux supporter du Guatemala qui lui racontait que les arbres pouvaient parler car par leurs racines ils étaient en contact avec les gens de la ville qui avaient été engloutis.
 Photo de Frankie Pain
 Et Léo Léon  un jour de ses escapades du lac de Maubuisson pour faire de la maison du bucheron en entendant la belle il lui avait raconté l’histoire de Mélusine qui pour punir quelqu’un … c’est flou… de la ville de Souillac avait fait engloutie  la ville. Elle n’y allait pas par 4 chemins, la garce ! Oui, il se rappelle c’était justement  cette jeune femme Josy, oui, çà correspond. Oh ! Mon Dieu, oui, elle était très amoureuse, c’est là que çà c’était passé, les racines de l’arbre lui disent. Ils s’étaient retrouvés là, plusieurs fois, elle lui avait parlé  qu’elle était enceinte, il avait même dit, « oui on verra », il était parti en compétition de l’autre côté du globe . A son retour il n’avait pas voulu la revoir. Des océans les avaient séparés trop longtemps. C’était donc vrai, il était son môme. Avait il aimé sa mère ? Que savait-il de l’amour ? D’un corps à l’autre qu’est-ce qui s’imprime ? Un éternel retour. Jamais la même. C’était ses défis, sa gloire. Dans le groupe des potes celui qui s’entichait été ridicule. Le skipper repense à ce film italien de Fellini en noir et blanc dont il a oublié le titre : « el bidone ?»  : 4 mecs, jeunesse dorée de Rome en voiture décapotable , c’était un peu çà.
Il l’appelle le petiote, par le prénom du mot.
L’enfant hurle.
Appelle-moi le Petit. Je n’ai plus de prénom. Le chien, ici, s’appelle le Chien.  Comme lui, le Petit.
Il n’y a qu’un mot que je veux t’entendre dire.

Il éclate en sanglots, coure sur le chemin de la mer. Le chien colle à ses pas.
 Photo de Frankie Pain 
L’arbre
Qu’est-ce que t’attend vieux tireur d’élite ?
Coures après lui, s’il te plait pour la dignité de ta race d’hommes.

Le skippeur réalise le drame. Il est en larmes. Il appelle Léo Léon   lui demande d’aller chercher le petiote.
Les quatre copains sont là, ils encerclent l’arbre.
On t’ quitte pas , notre concert est à Andernos, nous  t’accompagnons jusqu’à la Juge. Ce que tu choisiras sera la bonne solution. Magnifique cadeau que la vie t’offre .Entends nous dans ta brume. Soit aussi bruyant et efficace qu’à tes premiers jeux olympiques de Tokyo. C’est ta médaille d’or vivante.
Le gamin, le chien et Léo Léon remonte de la serpentine de la mer.
Le petiote
Ah ! Toi aussi tu pleurs.
 Ce n’est pas dommage.
Il n’est jamais trop tard.

Le gamin s’installe dans la 504 à l’arrière avec Chien et son lapin marron beige dont la tête est rafistolée de fil blanc, il s’endort. Il a posé à ses pieds son baluchon.

Odette est à l’église de Courçon d’Aunis, elle a mis une bougie, et,  à la place où elle se mettait chaque dimanche avec sa grande mère, elle prie. Elle est bouleversée. Une enfant sans mère c’est une montagne à porter pour la vie. Et, sans père c’est l’Atlas sans les 4 points cardinaux. Pour un skipper !  Qu’il offre un ancrage à ce petiote. Combien s’en sont dispensés ?

Elle se rappelle Odette son père quand il avait ressenti en son corps que la vie se débinait à grands pas, quand il s’était jeté dans ses bras, et pourtant ce n’était pas un homme démonstratif, « je t’en supplie seconde ta maman, parle à ton petit frère de mon amour pour lui, dis lui combien il m’est difficile de l’abandonner si jeune, aide le à devenir un homme, tu es de bons conseils et c’est ton métier ». Le père  l’avait serré fort, si fort comme si son corps voulait s’imprimer en elle, pour que  quelque chose de lui, pour lui, soit sur sa peau, dans sa peau. Lui n’avait pas eu de père. Il en savait quelque chose. Il savait l’horreur qu’il lui offrait en bagages. Ses sœurs seraient ses alliées. La grande pour l’adolescence.

La 504 roule à vive allure sur la route, ils ont passé Liège, maintenant  c’est la forêt vers Andernos. Les potes sont derrière, ils chantent comme pour invoquer les instances supérieures. Remués de partout en totale osmose avec le gosse le père est Léo Léon qui lui est un enfant de la DDASS. A ses deux voitures la charge d’affectes est si lourdes que le bitume a l’impression de recevoir le passage des chars d’assaut.

 Le numéro de la maison  de la juge est bientôt en
Photo de Frankie Pain 
 
vue. Le Petit attrape le Skipper par le cou , de l’autre lui met un pistolet sur la tempe :
« Tu es mon père ou je te tue ».
Les potes klaxonnent comme pour un mariage. Ils tentent de faire  diversions.
Le petiote
 « Alors ? »
Alain regarde le petiote, il voit le pistolet à eau.
Il a une envie d’éclater de rire, il a une fierté pour ce gamin qui se défend coûte que coûte.
Le gamin les yeux dans les yeux du Skipper : dit
« Cassé papa, cassé Papa ».

Léon Léon renifle.
Il avait pris son habit des grands jours. Pour la salle d’attente pour que le petit soit fier de lui. Il avait gardé le béret basque. Il ne pouvait s’en défaire,  une unique certitude dans sa vie : c’était de Là qu’il venait.

Le petiote
Tu nous attends Chien.
Le skipper prend la main du petit. Il le prend dans ses bras, l’embrasse fort . Longtemps.
Photo de Frankie Pain 
Le chien jappe au soleil.
 Les copains s’installent  dans la 504. Léo Léon leur a laissé la clé. Gérard D. prend le violon et chante, improvise un blues cajun :
Sur, le temps rattrapé ,
en tortue du baïlou commencé
en lièvre de la steppe défilé ,
Amour, magie, Mélusine la fée….
et les autres en chorus, place leurs résonnances.
                                                                  Frankie Pain
Autoportrait de Frankie Pain

Le 21 sera le premier épisode d’automne

je remercie les bons soins de Titine ses arbres qui furent mes muses. 
Merci .