Le premier
acte est : « Le
plongeon ».
Je vous le
saisirai dans mon monastère fin décembre ; une
commande de scénarii d’histoires courtes vient de fleurir sur mon écritoire.
Contexte
Les personnages les mêmes. Inès, et Estéban.
La raison de sauter : la même.
Comme un film qui part en arrière.
La fin se tourne. Et reprise un peu plus haut que la
fin du premier texte pour une autre fin.
La
transformation : effet de cause non freudienne mais A M je cite après ma lecture.
-« un
endroit qui est bien : « IO mètres : c’est la hauteur de
l’immeuble de ma Mémé. »
-
Je pense au suicide ».
Le
Bout
Ils n’ont pas sauté.
Estéban hurle. C’est le cri de la femme du peuple dans
« La chevauchée sur le lac de
Constance » de Peter Hankle ».
De chaque plan vertical
de la piscine de Trousse chemises aux Baleines, son cri a "reverbé".
La suite est sur le plongeoir. Une situation qui pourrait se passer comme si
l’un et l’autre étaient assis dans deux fauteuils de conversation d’un salon du
18eme.
Estéban serrant
fort Inès dans ses bras
Nous venons de nous
embrasser. Nous avons autre chose à vivre que ce suicide organisé. Dix mètres
la hauteur de l’immeuble de ta Mémé. Pas le « splach », le crash.
Inès
C’est payé si peu cher
que c’est pas compliqué !
Estéban
Nous ne serons pas le bétail
pub du James Dean customisé. Nous ne valons rien pour ces publicitaires.
Dans
le temps mon géniteur et génitrice disaient :
çà vaut pas trois kopecks, çà va nous causer des milliers de kopecks d’ennui. C’est à ce prix qu’ils m’ont vendu à
mes parents d’aujourd’hui. Ils étaient venus du bout du monde pour me cueillir,
recueillir fleur exotique mâle poussé dans un champ de cactus humains. Ils
avaient si peu à manger que de se remplir le ventre était leur unique émotion.
Satisfaction. Le reste des dégâts collatéraux.
Sur
le plongeoir Estéban allait et venait.
Partout
l’équipe n amont de la compétition, avait installé des micros. Ils avaient
loisirs de choisir la conversation marchande.
Estéban
semblait aller jusqu’au bout de la limite de la "basculade" dans le
vide.
Estéban
Sur
le bout du bout du vide. Je vais. A reculons,
je continuerai l’écheveau de ma palabre. Je veux garder dans chaque pore
de ma peau cette sensation de « l’emplissement » des mains et du
corps de ma maman venue me chercher au bout du monde.
Je
casserai ma tirelire, tu iras au bout,
du bout du Monde de ton père, là où sa sorcière de femme a
interdit, en ponctuation dans votre vie :
votre Mémé. En courbant l’échine, il « irrespecte »
toutes les femmes, il vous ampute de votre part d’Enfance. Je sais dans ma
chair comment çà chante la nuit, à la croche prés.
Inès
C’est
mon père.
Estéban
T’as
vu depuis 8 ans, ton anniversaire, de
quoi s’appela la Tendresse ? Je t’aime Inès. Ton audace m’a tiré sous la
table de la cantine, tu m’as offert tes
lèvres. Tu as après chanté en faisant une chorégraphie dans la coure d’école : je suis une
Femme, une Femme, une Femme. Ce trouble inconnu ne m’a jamais abandonné. J’ai
tout observé, silencieux. Tu t’abîmes.
Il désigne l’espace entre le
plongeoir et la surface de l’eau.
Ce
vide est l’espace entre les mots, c’est le creux que mes parents du bout du
monde ont installé en moi comme un tabernacle des chrétiens à leur église.
Longtemps mes mots étaient collés .
« Echolalique » : ils disaient les toubibs. Une orthophoniste a compris. J’ai pu mettre du silence, du blanc entre les mots.
« Echolalique » : ils disaient les toubibs. Une orthophoniste a compris. J’ai pu mettre du silence, du blanc entre les mots.
Inès pleure, lui prend la main, le berce,
ils sautent sur le plongeoir qui rebondit comme un ventre qui rit.
La lumière de l’ascenseur clignote.
Estéban entend Milles Davis à la trompette dans le film de Louis Malle« Ascenseur pour l’échafaud ». Il se bouche bouche les oreilles.
Les organisateurs arrivent. Ils
mettent sur la bouche d’Estéban une muselière à mots sorte de filet aussi fin
que ceux installés dans les cerisiers au
printemps. Protection des cerises aux oiseaux.
Ils tendent deux enveloppes. Inès,
Estéban les ouvrent. 100 dollars
dans chacune.
Inès est subjuguée, elle réalise
qu’à la parole juste pousse des fruits.
Une buée d’applaudissement.
Dans le jury « Nouvelle
vagues » ces deux là seront
sculptés à l’effigie du « Non
panurgisme »
Estéban
On
va où pour Noël ?
Inès
Mémé
dans quelques jours pourra sortir de sa chambre aseptisée. Faire le tour des couloirs
du secteur Myosotis 4 : c’est son bout du monde. Avec elle nous marcherons, pas à pas, la main dans ses mains, dans le jardin
de son corps, ses cellules « immunité »reconquises. Banquise fondue végétation repousse.
Temps
Estéban,
quel bout, en train, de la vie, nous sommes sur ce « plongeon ». Chaque
Bout du monde a son secret, son enclave mystère est rieuse. Nous portons chacun
l’avenir d’une nouvelle illusion.
Fin
Map's Monde
Sous la direction artistique de A
M
Le retour sur cette écriture n’a pas
encore était fait
à cette heure.
premier acte en janvier.
Bonne lecture

