Un Repentir
Le supprimé de poulet
Ma sœur et moi
nous nous regardions
Après avoir
longuement cherché
Dans notre
assiette et dans le plat, le poulet n’y était pas.
Comment avions
nous pu y sentir son goût, son fumet ?
Notre maman
déraisonnait.
Nous avions les
larmes aux yeux, sans ouvrir notre clapet.
Nous baisions le
nez dans l’ assiette, nous étions dérangées.
Ce ragout de
poulet avait son roux , ses patates
Son bouquet garni ,
les petites feuilles du thym
qui se rependaient partout dans la sauce
le bateau « laurier »
traversait la circonférence
de la casserole
quand on se resservait
Curieuses d’aller
jusqu’au bout, pour découvrir le fond :
Tapis, recroquevillés
une aile de poulet ,
Le croupion que j’aimais tant, la cuisse, pour la Titine
et l’os , le petit
os au dessous du cou,
avec lequel nous jouions à savoir si quelqu’un
pensait à nous
si on gagnait le plus petit bout.
C’était pas une
casserole sans fond , le fond raclé :
Rien .
Nous avions bien
vu
J’appris le mot :
supprimé. De
poulet .
j’avais confondu
« entre-met » : séparé avec rien au milieu
comme l’espace
entre certains mots.
Il n’y avait pas
de dessert : c’était moins grave.
Et Mère nous
voyant si tristes comme punies sans avoir fait de fautes :
Çà : c’est le
genre de la mère,
elle avait une logique, bien à elle
pour se manifester avec ferveur,
martinet qui claque,
le jour de la récolte de nos + de bompoints
et, les jours de rien, elle nous faisait la fête !
« Je n’ai pas
reçu la solde de papa. (Temps)
J’ai cuisiné pour
vous y faire manger du poulet sans qu’il y en est. »
Alors nous avons
ri , ri , d’ un rire emballé
comme un canasson
à qui son fermier
donne un grand coup de pied.
donne un grand coup de pied.
de Françoise Pain La Mangou
le nom d'auteure de frankie
beau mercredi
demain c'est mon dernier jour de travail
enfin du statut de travailleur.

