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vendredi 27 juillet 2012

Pour une tranche de jambon Sérena.


Sous la treille, sur la terrasse d’un petit bistrot de village, à la récolte des courants d’air, un soir en attendant l’orage, quelques hommes parlent  en sirotant de l’eau citronnée : la veille avait été très arrosée.
1
Elle disait pouvoir tout donner d’elle pour une tranche de jambon Sérena. Alors tu la voyais partir en se « dondolinant », la truffe à l’air, elle se faisait juste payer un jambon Serena.

C’était une beauté dans ce village juste à la sortie des gorges du rio Verdé.

…Les hommes avaient remplacé l’argent au jeu par des fèves sèches pour faire leur bas de laine et un jour s’acheter un jambon Serena.

2
Son mari était mort sur les terres à poilus de L’Argonne  disait son voisin, un jour elle l’avait fait rentrer chez elle. C’était un hôtel de bondieuseries. Les jambons Serena étaient  pendus aux poutres  de son plafond et elle disait que quand elle avait arrosé ses tranches de jambons elle levait les yeux , elle entendait les corps agonisés et plus le plafond était chargé de  ces jambons là, plus les plaintes étaient précises .Elle entendait son Augusto, son poilu. Pas de prix à cela . Et  de comment elle avait eu son jambon.

3
Tu parles dit le cocu du village qui avait une dent contre toutes les femelles., les jambons elle les revend et très chers. Elle dit que c’est moins sale que de se faire payer en argent et au moins le prix est le prix. Pas besoin d’ergoter car t’as toujours un membru pour te retirer un billet, deux billets comme la main du boucher jauge l’aiguille de la balance et te retire  une pince de chair à saucisses pour faire le poids , bon poids , moins de poids… et à la fin elle se retirait avec  un presque rien pour sa Gorge du Rio Verdé

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Le voisin  de la femme aux jambons Serano dit : et alors tu peux parler si tu donnais ce qu’il fallait à ta femme, elle ne t’aurait pas fait porter cette belle paire de cornes de Miroua. Il ya toujours une sacré raison pour arriver à cet extrême de l’usage de son corps. Veuve de guerre et 4 marmots. La marmite pois chiches, fèves et cebolia par tous les temps. Une tranche de jambon même pas Serena çà améliore l’ordinaire et t’as vue comme ses gosses travaillent au lopin de terre que lui a donné la commune. Ses oliviers quand ils donneront on la suppliera avec deux jambons Serena et rien que pour marchander, la tenter et ils les lui  laisseront sans lui avoir touché le bout du têton. Converser avec elle. C’est devenu plus important que de se satisfaire avec un tour de reins…

5
Et dans un coin un qui ne l’avait encore ouverte dit : qui ici a vraiment fait l’amour avec elle ?
Temps
Hum, qui ?
Et levez la main et jurez : «  si je mens , cracher, jurer , je vais en enfer…
Personne n’est-ce pas ? !

C’est une femme qui a su faire marcher le moulin à fantasmes et de vous voir en catimini traverser la village pour aller à la prairies aux juments, la colline des moutons. Revenir les mains vides avec de l’herbe collée à différents endroits de vos paletots…

Faire monter la chaleur dans votre sac à couilles mal secoué par vos femmes à barbe. Sur votre orgueil elle vous fit : Coqs. Elle vous a mené la dragée haute. Tout à son honneur et à sa débrouillardise. Elle est l’innocence même.

Je me présente , je fais partie du jury de la Rosière de Pessac. C’est elle cette année à qui nous allons décerner ce titre et la décorer.
6

Maugréant l’homme aux cornes de Miroua : et be putas , où çà mène les jambons Serena. Je sens que je deviens musulman. 
«  Rosière de Pessac »«  Rosière de Pessac » «  Rosière de Pessac »


texte de Françoise P()in




























premier jet hier sous l'orme  

belle soirée

jeudi 26 juillet 2012

le point de vue : couper la langue de frankie pain




hier je donnais un cours sur le point de vue
sous mon orme

Texte écrit le 4 février 2012

« Couper la langue ! ».
La plus belle basse.
Si elle avait pu la mettre dans sa poche.
Dans certaines conditions çà peut se recoudre…
On va lui faire la peau à cette meuf.
A 5 heures du mat, qu’est-ce qu’elle avait à trainer
 sur une aire d’autoroute ?

La sangria musquée.
Les danseuses terrifiques,
 Leur chutes de reins,
leur coup de talon,
 la castagnette.
On les avait encore dans l’oreille
Tout le chemin.
Pecho ,nos corps de matchos :
Aldente à des ruts à la boulette Russe.

Merde ses graves.
Cette nuit avait dégoupillé
son futal noir-cuir du gaucho
 en goguette-concert.
Quel con ! Quel con !

Dolorés l’aurait bien pris chaud comme çà.
L’exotisme. Le grand frisson.
Qu’est-ce qu’il va dire à Dolores ?
 Sans langue ; çà va parler tout court.
Dans la prise : l’embrasser.
Il se fait toujours avoir avec son côté
 rock-rome-antique, Saint Mitouche de la mer.
Dolores va l’éclater de ses trois pots de géraniums.
10 jours à peine que je lui ai chapardés.

Tiens les v’là qui déboulent.
 Tant mieux : ce couloir au sous sol !
Et la Mercédes refaite pleine de sang :
C’est trop.
                                         Le guitariste            

L’autre témoin.

Les accidents du petit matin
Les yeux dans les bottes aseptisées
Une envie de camélia dans la rosée
Avec le rouge gorge qui attend ses graines
à trois mains de soi
Le café son odeur, les fesses appuyées contre
la paillasse de la cuisine du déchoc.
Les croissants chauds que les flics ont portés
En même temps que la victime.
Fallait les séparer.

Lui : recoudre quoi ? avec quoi  ? Nette, franche.
Couper la langue.
 Couper comme à l’emporte pièce.
Désinfectée , cautériser : colmater l’hémorragie.
Anesthésie locale ? !.
Je file la métaphore de la jeune fille  .
Faire sens . Mémoire indélébile. L’indicible tatouage.
Après 10 heures de bloc… je ragoutonne.

« Ouvrez la bouche. Je vais vous mettre un speculum
Pour la laisser ouverte. »

La jeune fille est en salle de déchocage.
 Sous une couverture de survie.
Constater.
Je déteste ses moments
 pourtant je préfère que ce soit une femme.
 Qui sait un interne plus doux
 que ce qu’elle a pâti :
serait lui offrir une bouée s’opposant à l’autre image mnésique.

Elle a les yeux égarés, éclaté de sang :
« Tenez voila son bout de langue :  cela pourrait encore servir 
Sa puissance m’a rendu plus hard que lui… »

« Ramenez là vite chez elle, elle vit avec des copines
Elle sera mieux qu’ici.
Ils vont pas tarder de débarquer…
C’est toujours comme çà qu’ils font.
Il vaut mieux qu’elle ne soit plus là. »
                                                           La chef de clinique

  La jeune fille 

« ne rien dire surtout pas à mon fiancé,
Il serait capable de me dire :
« je ne peux plus t’aimer, tu as appartenu à un autre homme »
J’ai un intuition d’animal.
C’est cela même.


Frankie vous souhaite une belle journée

















l'atelier  des écritures sous l'orme avec Anna Jo et Chantal S