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jeudi 1 novembre 2012

et roule galette vendredi conte pour les enfants

 il vivent en direct les aventures de la galette galopante

et aprés tout çà il ne nous reste plus qu'à le dessiner ?????

jeu récréatif 

vous le saurez en regardant le schéma de toutes les figures  du recit et vous pouvez m'envoyer les dessins du conte sur mon mail et je les mettrai vendredi prochain 

lamangou@yahoo.fr


photo de Titine



 

images séquentielles de roule galette : texte et images

Avant de vous présenter Ma version de "roule galette", un conte très utilisé en maternelle au moment de la galette des rois, voici l'original , histoire de se le mettre ou remettre en mémoire, suivi d'une série de 6 images séquentielles.
galette_1

http://bdfromars.canalblog.com/archives/2009/12/22/16241874.html 










galette_2

à vos crayons et vos  aquarelles 

 et la petite Etoile de Lolo et toutes les petites filles  que l'on va découvrir  grâce à leur grand mère ou pépé

ou

 tata 

 quelle surprise ...

et très bon vendredi  frankie pour vous ravir

 la terrible Mamaïta sorcière 

vendredi 27 janvier 2012

chronique du conte de vendredi : la poule grasse

L’affamé et la poule grasse



C’était une misère d’homme. Son champ lui donnait trois épis, sa chèvre trois giclées de lait et sa femme un enfant par an. Il en avait une dizaine, maigrichons comme des roseaux, qui lui agrippaient la chemise, la bouche ouverte et les yeux grands, quand il s’en revenait fourbu de ses désolantes journées. Racines, légumes sauvages, folle avoine volée au vent, il leur faisait soupe de tout et ne gardait rien pour son ventre. Ils survivaient mais lui, le pauvre, dépérissait de jour en jour. Vint l’inévitable matin où ses genoux le menacèrent de l’abandonner aux chacals. Alors une rogne le prit, jubilatoire, irrépressible. Il s’en fut droit chez son voisin, le vit qui troussait sa servante et profita de l’occasion. Il lui vola une volaille. Son rêve. Une poule dodue à dévorer, rôtie, en douce, à la pointe de son couteau, tout seul, sur le coup de midi, à l’ombre muette d’un roc.


Il escalada la colline. Il chercha parmi les buissons l’endroit vierge, idéal, sauvage, cette sorte de lieu parfait où personne ne vient jamais, s’installa dans un soupir d’aise, pluma son poulet, le vida, le bourra d’herbes parfumées, l’embrocha, fit un feu vivace et mit sa bestiole à dorer. L’air s’embauma. Des oiseaux vinrent, pépièrent autour du rôti, s’en furent chanter sa louange à grands cris, au plus haut du ciel. Et voilà qu’à l’instant d’extase où il allait, du bout des doigts, détacher un lambeau de peau de la cuisse cuite à merveille, il vit soudain paraître un homme, à vingt pas, sur la lande nue. Il enfouit précipitamment son festin sous des ronces basses.



- Salut, lui dit le vagabond. Que fais-tu là. Es-tu perdu ?
- Hé non, l’ami, je me repose.
- Ton feu sent le poulet rôti.
- Ah bon ? Vraiment ? répondit l’autre, les yeux perdus au fond de l’air.
- Par pitié, un lambeau de viande. J’ai grand faim, je suis fatigué.
- Rien de rien, marmonna le pauvre. Tu n’auras rien. Voilà. C’est dit. C’est vrai, j’ai volé une poule. J’en prive même mes enfants pour m’en rassasier tout seul, pour me goinfrer jusqu’au gosier, pour voir ma panse rebondie au moins une fois dans ma vie. Pense de moi ce que tu veux, mais s’il te plaît, hors de ma vue !




- Sais-tu qui je suis ?
- Je m’en moque !
- Ami, je suis ton Dieu. Ton Seigneur.
Le pauvre d’un bond se dressa. Il lui rugit à la figure :
- Et tu voudrais que je partage avec toi mon poulet rôti ? Que m’as-tu donné, toi, dis-moi. Même pas la force de vivre et de nourrir mes dix petits. Aux uns les pieds dans la caillasse, aux autres les palais royaux, les carrosses, les coffres-forts. Va donc mendier chez les riches, maudit patron des cousus d’or !
Une flopée de postillons étoila la divine face. Dieu leva un coude craintif et s’enfuit, le dos bombardé d’invectives extrêmement graves.
L’affamé ramassa sa proie, un peu terreuse et refroidie mais encore assez à son goût. Comme il allait mordre dedans :




- Salut, dit une ombre nouvelle.
Le bonhomme pensa : « Misère ! Encore un. Au prochain, je tue. » Il leva le nez.
- Qui es-tu ?
- Je suis la Mort. Je meurs de faim.
- Avec toi, d’accord, je partage, répondit le pauvre vivant. Ta justice est celle que j’aime. Même chemise de néant pour les gros comme pour les maigres. Rien à redire. Sers-toi donc. L’aile, la cuisse ou le croupion ?

(Henri Gougaud, Contes et recettes du monde)










jeudi 12 août 2010

Parabole de l'éléphant vendredi jour de chabath des contes chez frankie et du poisson chez les chrétiens


petit clin d'oeil



Parabole de l'éléphant



Différend au sujet de sa description et de sa forme.

Des Hindous avaient amené un éléphant; ils l'exhibèrent dans une maison obscure.

Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir.

Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main.

L'un posa la main sur sa trompe; il dit: « Cette créature est telle un tuyau d'eau. »

L'autre lui toucha l'oreille : elle lui apparut semblable à un éventail.

Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara : « L'éléphant a forme de pilier. »

Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : « En vérité, cet éléphant est comme un trône. »

De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée.

Leurs affirmations variaient selon ce qu'ils avaient perçu l'un l'appelait dal, l'autre alîf.

Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé.

L'œil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait cerner la totalité (de l'éléphant).

L'œil de la mer est une chose, l'écume en est une autre; délaisse l'écume et regarde avec l'œil de la mer.

Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent les flocons d'écume; tu vois l'écume, non la mer. Que c'est étrange! Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques; nos yeux sont aveuglés; l'eau est pourtant claire. O toi qui t'es endormi dans le bateau du corps, tu as vu l'eau; contemple l'Eau de l'eau.

L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit un Esprit qui l'appelle



Djalâl ud-Dîn Rûmî