jeudi 5 août 2010

vndredi conte d'origine :L'épis de blé



demain j'écrirai une autre version




après mon petit voyage dans la Beauce

Quand Dieu, au temps jadis, se promenait encore en Personne sur la terre, le sol était beaucoup plus fertile que de nos jours et les épis portaient, non pas cinquante à soixante grains comme maintenant, mais de quatre à cinq cents grains qui venaient sur toute la hauteur de la tige, du ras du sol à son sommet ; aussi longue avait-elle poussé, aussi long était l'épi.

Seulement les hommes sont ainsi faits que, dans l'abondance, ils ne rendent plus grâce et ne reconnaissent plus la bénédiction que Dieu leur donne; ils sont indifférents et pleins d'insouciance, ingrats et irrespectueux. Un jour, il y eut une
femme qui longeait un champ de blé, quand son petit enfant, qui gambadait à côté d'elle, tomba dans une flaque et salit sa blouse. Sa mère, alors, arracha une pleine poignée de beaux épis pour en frotter les taches de boue.

Voyant cela, le Seigneur, qui passait justement par là, entra en courroux et déclara: « A l'avenir, la paille ne portera plus d'épi du tout. les hommes ne sont pas dignes de profiter plus longtemps de ce présent céleste! » En entendant cette malédiction, l'assistance fut terrifiée et tomba à genoux, suppliant le Seigneur de laisser quand même venir quelque chose sur la tige, sinon pour eux-mêmes qui n'en étaient pas dignes, du moins pour les innocentes poules qui mourraient de faim, autrement. Le Seigneur, qui avait déjà devant les yeux leur détresse future, s'apitoya sur leur sort et exauça la prière. Et c'est ainsi qu'il reste, au bout de la tige, un épi comme vous pouvez le voir encore aujourd'hui.

mercredi 4 août 2010

expo des cimetières du monde entier et une image pour la dernière demeure



regardez le texte la dernière demeure rubrique du jeudi
et les annonces de l'expo des cimetières

Nino Rota - 'La Dolce Vita (finale)'

images et aquarelles du texte Frankie sauvez du Rhône




dans le cloître le bain de vapeur de Frankie de la Motte de la Tour saint Jacques
vous savez maintenant son nom de mariée
pas mal n'est-ce pas !



L'AQUARELLE DU TEXTE DE FRANKIE
FRANKIE SAUVEZ DU RHONE

'

DEUX CONTEUSES EN PLEINE CONVERSATION


LE COEUR PLEIN DE JOIE
MAIS QUI DONC SONT SES DEUX SUBLIMES CONTEUSES
JE VOUS LES RECOMMANDE
FRANKIE PAIN

Smetana - La Moldau

La dernière demeureRUBRIQUE LDE LA MAISON


La dernière demeure

La toute première fois que j’ai vu un feu follet, c’était dans le petit cimetière du village de mon enfance.

La frayeur passée, j’ai regardé cette lueur qui dansait dans le noir absolu.

Une couleur verte légèrement fluorescente seule au milieu des tombes.

Cela faisait comme la danse rougeoyante des braises lorsque le feu s’apaise, fatigué d’avoir trop flambé.

Je me suis imaginée que peut-être une âme à qui la vie manquait revenait quelques instants pour danser sur sa tombe. Comme une pirouette.

J’avais treize ans et étais assez rationnelle. Le lendemain je me suis rendue au cimetière, vers l’endroit d’où était apparu la lumière.

Il n’y avait que de vieille tombes anciennes et aucune trace de ma vision nocturne.

Je me souviens m’être assise sur une vieille souche le long du mur.

J’ai toujours aimé les cimetières, surtout ceux des campagnes, ils sont moins fiers que ceux des villes. La mort y est plus modeste sans doute, et plus pauvre aussi.

C’est là qu’au printemps je trouvais les plus odorantes et les plus belles violettes (ce n’était pas bien loin de Toulouse) et que les lendemains de pluie nous trouvions les plus gros escargots pour un escargolade de rires.

Dans ces lieux de dernières demeures on trouve une paix et une sérénité sans pareil. J’y ai flâné, écris et cueillis des fleurs sauvages. Je m’y sens chez moi.

On y trouve même les strates sociales de notre société humaine : certains, bouffis d’orgueil, se sont fait bâtir des mini-cathédrales, d’autres se sont contentés d’une sobre pierre tombale et en bas de l’échelle ceux qui n’ont pu s’offrir que le lopin de terre où éclosent les fleurs des graines apportées par le vent bien des années plus tard…

Pour ma dernière demeure, je n’ai qu’un souhait : avoir une jolie vue.

Je suis sûre que serai un joli feu follet, que je viendrai parfois danser et admirer encore ma Terre, "ronde et bleue comme une orange" disait le poète !
texte proposé par SOPHIE LA BRODEUSE DE MOTS ECRIT PAR ELLE