jeudi 12 avril 2012

contes de la semaine

Akbar et l’amoureuse









Akbar le Conquérant était un homme pieux. Il avait chevauché jusqu’au fin fond des Indes, conquis d’innombrables cités, asservi des peuples sauvages et d’autres aux sandales brodées, aux robes de safran, aux musiques profondes. Courber la tête, lui ? Jamais, sauf tous les jours, fidèlement, devant Allah et son prophète.





Donc il advint que ce grand homme, un matin d’été sans combat, s’éloigna seul du campement, s’en fut jusqu’a un bosquet proche, parmi les chants des rossignols et les traits de soleil mouvants, et là, dans l’herbe, déposa son précieux tapis de prière. Il se prosterna, puis s’assit, croisa les doigts sous le nombril et les yeux clos il écouta l’infini silence de Dieu. Or, comme il méditait ainsi, un appel soudain le troubla. Il entrouvrit un œil, aperçut une fille qui courait çà et là parmi les buissons bas. Elle appela encore, inquiète, tournant et retournant la tête. Elle semblait prise corps et âme par le désir de retrouver quelqu’un qui manquait à sa vie. En vérité elle l’était tant qu’elle ne vit pas le méditant. Sa robe effleura son épaule, son pied bouscula son tapis. Elle disparut parmi les arbres. La paupière d’Akbar frémit. Son ciel du dedans se couvrit d’éclairs et de nuées d’o-rage. Il se raidit, il inspira, expira un souffle tremblant, tenta de retrouver son calme. Il ne put. Il se redressa, roula son tapis et s’en fut.



Il entendit alors la fille. Elle s’en revenait, elle riait. A son bras était un jeune homme. Elle lui gazouillait son souci, sa joie de le revoir près d’elle. Le Conquérant lui vint devant.

- Holà, femelle, lui dit-il, sais-tu bien qu’aucun être au monde n’a jamais osé déranger Akbar dans son recueillement? Tu l’as fait. Veux-tu donc mourir ?

Elle répondit, toute contrite, les mains unies sous le menton :

- Aie pitié de moi, majesté. J’étais si inquiète, à vrai dire, et si absorbée à chercher ce beau vivant, mon bien-aimé (il tardait tant à me rejoindre !) que je ne pouvais voir que lui. Mais toi, ô prince des croyants, si intimement joint à Dieu dans ton oubli de ce bas monde, comment as-tu pu remarquer qu’une fille passait par là ?

Akbar grogna, puis s’inclina. Il se remit à sa prière. Jusqu’au soir il s’y oublia.



(Henri Gougaud, Le livre des chemins)
vania Brûle pour sa belle soeur






mercredi 11 avril 2012

la mèmére frankie est encore très occupée mais quelques mots du printemps des poétes au jardin 56 avec David le musicien

l'article pour du jardin associatif 56 de la rue sainte Blaise par Donatella Saulnier du Dateau Blaise et d'Hyppocampe associé












Samedi 10 mars en fin d'après-midi le 56 célébrait le Printemps des Poètes avec quelques bourgeons, un hippocampe, beaucoup d'enfants, pas mal d'adultes, nous tous ou presque et puis Frankie Pain et David Thuil.
Un peu grande prêtresse, un peu magicienne et un peu sorcière, Frankie fit voler des licornes, des autruches, des salsifis du Bengale et des pétales de fées en invoquant Tardieu, Prévert, Robert Desnos, Rainer Maria Rilke et la grande Colette… tandis que David avec ses instruments empêchait le vent de souffler trop fort.







l'affiche je ne mets pas la main dessus mais rappelez vous
la petite maison dans l'arbre et le petit garçon qui en sort...

le printemps des poétes 2012 "enfances

lundi 9 avril 2012

« Florantine aux trois messes basses de pâques »

« Florantine aux trois messes basses de pâques »



- oui vous ne le saviez pas, mais il a aussi les trois messes basses comme avant le grand banquet de noël.

Le grand banquet de pâques après :


La messe du vendredi saint : ce sont des cris , des caillots de sang des turpitudes de la cervelle éclatées, de la soupe aux abats, la batterie des judas (prononcer le S ).


Chaque accompagnateur du Christ ou de la mémoire du Christ chante le Judas extirpés de soi, de lui, du monde…

Le samedi de pâques : la soupe aux suaires : éponger de l’agonie du Christ ou des agonies potentielles alors que le Christ a voulu porter les péchés du monde….
Priez pour alléger ses douleurs et celles de ceux qui ce sont fait « péchor »°par en engeance diabolique –le trident du diable-.
Au bout de la branche –une tige fraîche- afin que la sève puisse le désaltérer … Que les chants le bercent, le baignent…


La troisième messe est la descente de la croix et l’enveloppe du linceul . La délivrance, la mise au tombeau . Nous n’y pouvons plus rien.
Alors , les paniers s’ouvrent autour du tombeau l’on sort ce que l’on trouvé de mieux dans les greniers, les jeunes pousses du jardin fèves, radis, artichauts. Sels. Les petits derniers nés des agnelles et de la cochonne. Les « barbes quioù » vont bon train. Les femmes font des boules de farine mêlées à l’huile d’olive et à l’eau salée, elles les mettent dans les bols en grés sous la cendre.
Le repas se passe dans le silence. chacun se réévoque le calvaire , vie la joie d’être rassemblés….




Un bruit dans le tombeau Jésus pousse la pierre tombale, il s’extirpe du caveau.

- « continuer mes amis votre silence m’a inquiété, j’ai voulu vous dire manger en paix, en allégresse, je m’occupe du reste. Que les judas aient honte et s’empêchent d’eux même de recommencer. Une fois suffit….
Tout çà m’a mis en appétit
Mangeons, trinquons à cette délivrance. »


Marie prend jésus dans ses bras, Marie Madeleine lui met la nappe de la table comme pagne autour de lui.


Les voix commencent des Alléluia des incantations de yuo yuoa yoyp yo u

lancées elles sonnent dans les airs où les mouchent bourdonnent autour des grills.

- « Qu’il est croustillant cet agneau de lait. » dit jésus
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° pécho comme on dit




Est
atelier des écritures de L'Hajat

sous la direction de Frankie Pain avec Natacha la hérissonne

«Briser le signe indien » et Combas à Lyon

« Vaincre / briser le signe indien »



Vaincre la malchance.
Briser le mauvais sort.
Interrompre une série noire


Le "signe indien" est une simple traduction de l'anglais "indian sign", terme qui nous vient de l'Amérique à la grande époque du Far West.

Dans certaines tribus amérindiennes, les shamans ou sorciers étaient supposés avoir le pouvoir de jeter une malédiction sur leurs ennemis en les marquant mentalement au front d'un dessin représentant le fléau qu'ils souhaitaient voir s'abattre sur leurs victimes. Seuls ceux dont le cœur était pur et dont la bravoure était grande pouvaient espérer échapper aux sorts de ces puissants sorciers. Autant dire qu'ils n'étaient pas nombreux, les bougres !


Il va donc de soi que ceux qui sont victimes d'une telle malédiction, n'ont aucunement besoin de passer sous une échelle ou de briser un miroir pour que s'abattent sur eux les plus grandes calamités comme, parmi d'autres beaucoup moins pires,......


Et parmi ces victimes, celles qui enchainaient les avanies[1], les désillusions, les catastrophes diverses et qui, soudain, se mettent à vivre une vie calme, reposante, sans contrariétés et sans aucun souci, accompagnée de succès en veux-tu en voilà, peuvent dire qu'elles ont vaincu le signe indien.





Robert Combas : Greatest Hits
Lieu: Musée d'Art Contemporain - Lyon (69006)1
Dates : du 24 Février 2012 au 15 Juillet 2012
Le peintre né à Lyon en 1957, occupe une place singulière dans l'histoire de l'art des trente dernières années....







un saint chez cCombas

bon lundi de paques

samedi 7 avril 2012

Amadou & Mariam - Djama je vous kiffe mes oeufs étaient d'autruche, mes cloches en cuivre, mes lapins en des des hommes en baboteuse quelles pâques !

AMADOU & MARIAM SABALI joyeuses päques

citation du 6 avril de jean pierre Hammel Colbert


la lecture hier de jean pierre Hammel m'a donné envie de faire passer son article sur les rezeaux sociaux
j'ai trouvé cet écrit très inspirant et çà je ne l'ai pas entendu dans tout les discours à croire que l'on cherche que l'esbrouffe plus que le comment faire
je suis peutêtre trop simplette pour ne pas avoir entendu la forme de le faire alors jean pierre m'a autorisé
bonne lectures vous ici en attendant




http://citationdujour.blogspot.fr/
Citation du 6 avril 2012

Si nos fabriques imposent à force de soin la Qualité supérieure de nos produits, les étrangers trouveront avantage à se fournir en France et leur argent affluera dans le Royaume.
Colbert, 3 août 1664
Notre campagne électorale n’est pas avare de poncifs, fussent-ils les plus éculés – comme par exemple : le protectionnisme. Fermons les frontières et consommons ce que nous fabriquons.
Là-dessus : Colbert – Au secours !
Car, voilà ce que nous dit Colbert : il ne s’agit pas de consommer français, mais de vendre à l’étranger des produits français. Or, pour vendre, il faut faire mieux que la concurrence. Tout le colbertisme est là – et le mercantilisme avec (1).
Banalité ? Oui, dans la mesure où ces références remontent à plus de trois siècles et demi, et qu’en regardant ce que font nos voisins allemands pour surmonter la crise, on constate que les « recettes » n’ont pas changé. Si on veut vendre des voitures, mieux vaut fabriquer des BMW ou des VW que des Renault ou des Peugeot.
Si nous n’en faisons pas, ce n’est pas par sottise, mais par manque de savoir-faire.
Alors, c’est là que cesse la banalité. Car Colbert ne s’est pas contenté d’énoncer des truismes. Il a mis en œuvre aussi la politique économique qui en a assuré la réussite. Il a en effet créé les entreprises (fabriques, manufactures) et les normes de qualité qui en assuraient la suprématie.
On dira aujourd’hui que les pays émergeants font du dumping social, que leurs travailleurs sont payés 5 à 10 fois moins que les nôtres, et que c’est la raison pour laquelle nous devons les taxer aux frontières. Refuserons-nous d’acheter ces produits de l’esclavage humain ?
Bien sûr que non : car aujourd’hui si on achète un iPad 500 euros, tout en sachant ce qu’il a coûté de souffrances aux travailleurs chinois qui l’ont produit, c’est que cette machine est supérieure aux autres – et tant pis pour les chinois.
Maintenant, fabriquons à force de soin un produit de Qualité supérieure, nous le vendrons, même aux chinois.
Un exemple ? Le Champagne.
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(1) Le mercantilisme historique considère que «le prince, dont la puissance repose sur l'or et sa collecte par l'impôt, doit s'appuyer sur la classe des marchands et favoriser l'essor industriel et commercial de la Nation afin qu'un excédent commercial permette l'entrée des métaux précieux». (Lire ici)