jeudi 11 février 2010

le conte du vendredi : le serpent blanc


Le serpent blanc

temps: 11'
Les frères Grimm - KHM 017


Il y a maintenant fort longtemps que vivait un roi dont la sagesse était connue dans tout son royaume. On ne pouvait rien lui cacher, il semblait capter dans les airs des nouvelles sur les choses les plus secrètes. Ce roi avait une étrange habitude: tous les midis, alors que la grande table était desservie et qu’il n’y avait plus personne dans la salle, son serviteur fidèle lui apportait un certain plat. Or, ce plat était recouvert, et le valet lui-même ignorait ce qu’il contenait; personne d’ailleurs ne le savait, car le roi ne soulevait le couvercle et ne commençait à manger que lorsqu’il était seul. Pendant longtemps cela se passa ainsi. Mais un jour, le valet, ne sachant plus résister à sa curiosité, emporta le plat dans sa chambrette et referma soigneusement la porte derrière lui. Il souleva le couvercle et vit un serpent blanc au fond du plat. Cela sentait bon et il eut envie d’y goûter. N’y tenant plus, il en coupa un morceau et le porta à sa bouche. Mais à peine sentit-il le morceau sur sa langue qu’il entendit gazouiller sous la fenêtre. Il s’approcha, écouta et se rendit compte qu’il s’agissait de moineaux qui se racontaient ce qu’ils avaient vu dans les champs et dans les forêts. Le fait d’avoir goûté au serpent lui avait donné la faculté de comprendre le langage des animaux.

Ce jour-là, justement, la reine perdit sa plus belle bague, et les soupçons se portèrent sur le valet qui avait la confiance du roi et avait donc accès partout. Le roi le fit appeler, le rudoya et menaça de le condamner s’il ne démasquait pas le coupable avant le lendemain matin. Le jeune homme jura qu’il était innocent mais le roi ne voulut rien entendre et le renvoya. Le valet, effrayé et inquiet, descendit dans la cour où il commença à se demander comment il pourrait bien faire pour s’en tirer. Il y avait là, sur le bord du ruisseau, des canards qui se reposaient en discutant à voix basse tout en lissant leurs plumes avec leur bec. Le valet s’arrêta pour écouter. Les canards se racontaient où ils avaient pataugé ce matin-là et quelles bonnes choses ils avaient trouvées à manger puis l’un d’eux se plaignit: “J’ai l’estomac lourd car j’ai avalé par mégarde une bague qui était sous la fenêtre de la reine.” Le valet l’attrapa aussitôt, le porta dans la cuisine et dit au cuisinier: “Saigne ce canard, il est déjà bien assez gras.” - “D’accord,” répondit le cuisinier en le soupesant. “Il n’a pas été fainéant et il s’est bien nourri; il devait depuis longtemps s’attendre à ce qu’on le mette dans le four.” Il le saigna et trouva, en le vidant, la bague de la reine. Le valet put ainsi facilement prouver son innocence au roi. Celui-ci se rendit compte qu’il avait blessé son valet fidèle et voulut réparer son injustice; il promit donc au jeune homme de lui accorder une faveur et la plus haute fonction honorifique à la cour, que le valet choisirait.

Le valet refusa tout et demanda seulement un cheval et de l’argent pour la route, car il avait envie de partir à la découverte du monde. Aussi se mit-il en route dès qu’il eut reçu ce qu’il avait demandé. Un jour, il passa près d’un étang où trois poissons, qui s’étaient pris dans les roseaux, étaient en train de suffoquer. On dit que les poissons sont muets, et pourtant le valet entendit leur complainte qui disait qu’ils ne voulaient pas mourir si misérablement. Le jeune homme eut pitié d’eux; il descendit de son cheval et rejeta les trois poissons prisonniers dans l’eau. Ceux-ci recommencèrent à frétiller gaiement, puis ils sortirent la tête de l’eau et crièrent: “Nous n’oublierons pas que tu nous as sauvés et te revaudrons cela un jour.” Le valet continua à galoper et eut soudain l’impression d’entendre une voix venant du sable foulé par son cheval. Il tendit l’oreille et entendit le roi des fourmis se lamenter: “Oh, si les gens voulaient faire un peu plus attention et tenaient leurs animaux maladroits à l’écart! Ce cheval stupide piétine avec ses lourds sabots mes pauvres serviteurs!” Le jeune homme s’écarta aussitôt et le roi des fourmis cria: “Nous n’oublierons pas et te revaudrons cela un jour!” Le chemin mena le valet dans la forêt où il vit un père corbeau et une mère corbeau en train de jeter tous leurs petits du nid. “Allez-vous-en, sacripants,” croassèrent-ils, “nous n’arrivons plus à vous nourrir vous êtes déjà assez grands pour vous trouver à manger tout seuls!” Les pauvres petits, qui s’agitaient par terre en battant des ailes, piaillèrent: “Comment pourrions-nous, pauvres petits que nous sommes, subvenir à nos besoins alors que nous ne savons même pas voler! Nous allons mourir de faim!” Le jeune homme descendit aussitôt de son cheval, le transperça de son épée et l’abandonna aux jeunes corbeaux pour qu’ils aient de quoi se nourrir. Les petits s’approchèrent et, après s’être rassasiés, crièrent: “Nous ne t’oublierons pas et te revaudrons cela un jour!”

Le valet fut désormais obligé de continuer sa route à pied. Il marcha et marcha et, après une longue marche, il arriva dans une grande ville dont les rues étaient très peuplées et très animées. Soudain, un homme arriva à cheval et annonça que l’on cherchait un époux pour la princesse royale, mais que celui qui voudrait l’épouser devrait passer une épreuve difficile et, s’il échouait, il devrait payer de sa vie. De nombreux prétendants s’y étaient déjà essayés et tous y avaient péri. Mais le jeune homme, lorsqu’il eut l’occasion de voir la princesse, fut si ébloui de sa beauté qu’il en oublia tous les dangers. Il se présenta donc comme prétendant devant le roi.

On l’emmena immédiatement au bord de la mer et on jeta sous ses yeux un anneau d’or dans les vagues. Puis, le roi lui ordonna de ramener l’anneau du fond de la mer, et ajouta: “Si tu émerges de l’eau sans l’anneau, les vagues te rejetteront sans cesse jusqu’à ce que tu périsses.” Tous plaignirent le jeune homme et s’en allèrent. Seul, debout sur la plage, le valet se demanda ce qu’il allait bien pouvoir faire, lorsqu’il vit soudain trois poissons s’approcher de lui. C’étaient les poissons auxquels il avait sauvé la vie. Le poisson du milieu portait dans sa gueule un coquillage qu’il déposa aux pieds du jeune homme. Celui-ci le prit, l’ouvrit et y trouva l’anneau d’or. Heureux, il le porta au roi, se réjouissant d’avance de la récompense. Or, la fille du roi était très orgueilleuse et, dès qu’elle eut appris que son prétendant n’était pas de son rang, elle le méprisa et exigea qu’il subît une nouvelle épreuve. Elle descendit dans le jardin et, de ses propres mains, elle répandit dans l’herbe dix sacs de millet. “Tu devras ramasser ce millet!” ordonna-t-elle, “que ces sacs soient remplis avant le lever du soleil! Et pas un seul grain ne doit manquer!” Le jeune homme s’assit dans l’herbe et se demanda comment il allait pouvoir s’acquitter de cette nouvelle tâche. Ne trouvant pas de solution, il resta assis en attendant tristement l’aube et la mort. Or, dès que les premiers rayons de soleil éclairèrent le jardin, il vit devant lui les dix sacs de millet remplis à ras. Ils étaient rangés les uns à côté des autres et pas un grain ne manquait. Le roi des fourmis était venu la nuit avec des milliers de ses serviteurs et les fourmis reconnaissantes avaient rassemblé tout le millet avec infiniment de soin et en avaient rempli les sacs. La princesse descendit elle-même dans le jardin et constata avec stupéfaction que son prétendant avait rempli sa tâche. Ne sachant pourtant toujours pas maîtriser son cœur plein d’orgueil, elle déclara: “Il a su passer les deux épreuves, mais je ne serai pas sa femme tant qu’il ne m’aura pas apporté une pomme de l’Arbre de Vie.” Le jeune homme ignorait où poussait un tel arbre, mais il décida de marcher là où ses jambes voudraient bien le porter, sans trop d’espoir de trouver l’arbre en question. Il traversa trois royaumes et il arriva un soir dans une forêt. Il s’assit au pied d’un arbre pour se reposer un peu lorsqu’il entendit un bruissement dans les branches au-dessus de sa tête et une pomme d’or tomba dans sa main. Au même moment, trois corbeaux se posèrent sur ses genoux et dirent: “Nous sommes les trois jeunes corbeaux que tu as sauvés de la famine. Nous avons appris que tu étais en quête de la pomme d’or et c’est pourquoi nous avons traversé la mer et sommes allés jusqu’au bout du monde où se trouve l’Arbre de Vie pour t’apporter cette pomme.” Le jeune homme, le cœur joyeux, prit le chemin du retour et remit la pomme d’or à la belle princesse qui ne pouvait plus se dérober. Ils coupèrent la pomme de Vie en deux, la mangèrent ensemble et, à cet instant, le cœur de la princesse s’enflamma d’amour pour le jeune homme. Ils s’aimèrent et vécurent heureux jusqu’à un âge très avancé.


FIN

"Mea culpa, mea maxima culpa" ,battre sa coulpe




Se repentir
Reconnaître ses torts


Vous avez probablement tous lu ou entendu dire "mea culpa" qui, s'il se prononce exactement comme "méat coule pas", n'a pourtant rien à voir avec des problèmes urinaires.

"Mea culpa, mea maxima culpa" (c'est ma faute, c'est ma très grande faute) est un extrait du Confiteor (), l'acte de contrition du catholique qui reconnaît devant Dieu avoir péché, et qui devrait normalement prononcer ces paroles en se frappant la poitrine (mais tout se perd, ma bonne dame).

Bien entendu, vous n'êtes pas sans remarquer la similitude entre le mot latin 'culpa' (faute) et notre 'coulpe'. C'est parfaitement normal, puisque le deuxième vient du premier qui a aussi donné 'culpabilité', entre autres.
En français, le mot 'coulpe' n'existe plus que dans notre expression qui apparaît au XIIe siècle, et qui veut d'abord dire "se frapper la poitrine en se repentant de ses fautes" ; il était en effet d'usage, au Moyen Âge, d'être démonstratif lorsqu'il s'agissait de montrer sa foi.

Ce n'est qu'au XVe siècle qu'elle prend les sens qu'on lui connaît encore aujourd'hui.


Le mot 'coulpe' a existé dans d'autres expressions maintenant tombées dans l'oubli, comme :
- Rendre sa coulpe : reconnaître sa faute
- Dire sa coulpe : avouer et regretter sa faute

Maitre spirituel ET UNE FRANKIE BOUDEUSE






Puis-je vous raconter une histoire ?

Un maître spirituel avait plusieurs disciples et, tous les matins, il leur parlait de la nature, de la bonté, de la beauté et de l’amour.

Un matin, alors qu’il s’apprête à parler, un oiseau se pose sur le rebord de la fenêtre et commence à chanter. Il chante un moment, puis disparaît.

Le maître dit : « La causerie de ce matin est terminée ».

(Krisnamurti, La flamme de l’attention

a ne voir aucun commentaire
je suis dans le fog anglais
dans un tableau de Turner

Ou suis je comme mon amie Anne Garde photographe qui aprés son premier contrat
pour réaliser son livre sur l'architecture anglo indienne après trois moIs de vie aux indes dés qu'elle a reposé PIED DANS LA VIE à Paris
elle avait tout perdu de son adaptation à cette grande métropole
déprime et elle est repartie faire un autre livre
et après avec Hermés Le musée BACCARRA Elle est partie sur la route de la soie
. .
ce n'est pas mon cas
mon cas eSt de rester
alors je cherche d'autre mode de communication
et le blog est vraiment trop une bouteille à la mer je voulais creer de l'inter6activité
IL FAUT SAVOIR REAGIR SUR SES INCOMPETENCES
A BIENTÖT QUAND J'AURAI TROUVe

mardi 9 février 2010

AU PAYS DE J. F. BLADET ET L'IMAGINAIRE DE LA CONTEUSE


M a j e s t u e u s e et A b o n d a n c e
&
Elle roupille, repue de ses années de rangements .
On y met, on y laisse, on y oublie !
Conchita l’ époussette quand elle a du rabe sur son temps et ce n’est pas souvent.
Quelque chose la chatouille !
Conchita a laissé un tiroir entrouvert.
La petite chatte y est venue se pelotonner.
Elle s’étire, griffe, chatouille la Majestueuse en merisier. Elle sent « vivbre » ses planches de l’intérieur.
Elle rêve que la prochaine journée de Conchita , elle la cire. Cette bonne cire d’antiquaire. Cette odeur d’essence de pin et de térébenthine. Quand elle brille, elle capture le visage des petites jeunes filles de la maison.
Après elle se pavane comme si elle avait gardé l’empreinte de leur visage, et de leur beauté en décollage .

La grande porte d’entrée du château grince sur ses gongs ; trop vieux pour une telle masse de planches de chênes à porter . Il est loin le temps où ils ouvraient , fermaient la porte comme un battement de cils d’une coquette.
Le grincement se répercute à l’armoirie au dessus de la porte ; ce grand écusson où l’abondance est figurée, sculptée en trompe l’œil .
U n e c o r n e
dont les contours semblent par une illusion d’optique rebondis comme si une force tellurique poussée pour agrandir les berges de la corne.
De son contenant, nous n’y voyons rien mais nous ne pouvons nous empêcher de penser à l’histoire de la moufle dans Toundra en plein décembre !
« … Le petit lapin a froid, il y rentre, s’y étire dit
– « ah ! Ce qu’il y fait bon et chaud dans cette moufle perdue au milieu de la sente. Quelle aubaine ! »
Un renard arrive les moustaches givrées, la queue chargée de flocons de neige cristallisés –
« y a quelqu’un là dedans ?
Le lapin
« oui, entre quand il y en a pour un , il y en pour deux ! »
Poulom, poulom, la terre tremble, un ours tout brun saupoudré de neige montre son groin à la bouche de la moufle .
« Y a quelqu’un là dedans ?
Le lapin , le renard en chœur :
« Oui, entre quand il y en a pour deux , il y a en pour trois ! »

. . . et la moufle se tend , se tend. . . »

La corne d’abondance est tendue comme la moufle.
L’abondance est invisible…
Avec les grincements des gongs il y a comme une vibration en son dedans.
Nous la percevons tel , dans le lointain, celle d’un bol « thibétien » où l’on tourne avec un bon morceau de bois.

La journalière Conchita est en pleine forme. Le vieux chiffon de coton imbibé de cette bonne cire astique et chante en tapant du pied :
« L’amour est enfant de Bohême et si tu ne m’aimes pas prend garde à toi. . . »
Les visages des petites Euménides de la maison grossissent dans leur empreinte.
La chatte dans le tiroir du milieu se chamaille avec toute sa portée et çà griffe les planches intérieurs de la « Majestueuse » comme un bastringue de la Nouvelle Orléans la « washing Wood » et le bruit des dés à coudre déferlent dessus.
La commode s’ébranle. Conchita ferme les yeux et danse, elle se couche parfois dessus pour polir et faire briller. Le vieux jardinier qui est devenu aussi immobile que l’arbre pourpre devant le château voit çà passer, il trouve cette poussée vers le dehors attrayante, il enlève un chiffon de la poche de Conchita ,l’imbibe de ce miel de cire et frotte les côtés de Majestueuse , s’abandonne à ce transport et il « vertige ». . .

Couine, couine le grand portail sur ses gonds.

Les empreintes des visages des petites Euménides gravées sur les tiroirs chantent :
« Nous sommes là »
Conchita se sent soulevée vers l’armoirie, le vieux jardinier aimanté à Conchita. La commode rajeunit comme à ses premières règles lors d’une dévoration d’un « vers » de bois . Tous en alternance chantent :
- dégouline sur nous !
- épanche-toi, éclabousse
- largue tes anses
A B O N D A N C E S
- tu es un gave tumultueux de richesses comme la mer,
nous sommes ta jouvence ,
- déleste toi , saigne . . .
- miaou, miaou font tous les petits chats
- mes tiroirs t’accueillent . Les poches de Conchita , les bottes du jardinier sont pour toi ;

la c o r n e se d é b a n d e .

L’on entend un large soupire dont l’écho dans la chaîne des Pyrénées renvoient .
Ca donne la chair de poule. Les tiroirs de la commode jouent des castagnettes, le dentier du jardinier s’emballe et fait claquer les dents, Conchita appelle M a t e r D o l o r o s a et chante el M i r a c u l o,
Les coqs de la basse cour et des terres du château lancent leur chant à la ronde, ils sonnent comme la fanfare -le prince de Hambourg ressuscite et sort de la prison - .

Quand la lourde porte grince annonçant une visite :
Le chœur des Euménides :
« Nous ne sommes là pour personne, vous repasserez dans 10 ans. »

Les laquets,
Les garçons d’écurie,
Le forgeron,
La robeuse,
Le prince des 7 vaches d’or
Le valet noir,
Les dames de conversation ,
Les dames de la pleur aux essences…. :
sortent des fenêtres , des portes et

des enclos
ainsi se mêlent à eux : les chevaux les vaches les moutons les chèvres, et les chiens des bergers.

De la fontaine jaillit des cuisseaux de chevreuil, des casseroles de chaudrées d’anguilles et de lamproies, des guirlandes de galantine de faisans, , des rivières de boudins blancs et noirs fumant, des poulardes truffées, des brochets sur lit d’écrivisses et œufs d’esturgeon, . . .
Et des jambons basques, couleur rocaille de crabe : des piments d ’ Espelette avec des ailes de Cupidon volettent au dessus des pelouses pralinées de cette effervescence .

Des mandolines violoncelles clavecins, haut-bois-basson-triangles parsèment leurs mélodies baroques.

Sur les gazons des couples improbables se forment et forniquent ; des chants s’élèvent de leur gosier d’extases .

«J u b i l a t é c a n t a b i l é » coiffe l’ensemble émit par la C o r n e.

La M a j e s t u e u s e est « benaise ».

Elle est silencieuse. Ce qu’elle tisse avec A B O N D A N C E et leur
é t e r n i t é est un mot qu’elles vont inventer ; un A M O U R renommé .

Les témoins
De ses deux là iront de par le monde raconter
« Quand il y en a pour
il y en a pour…………………………………………………. »
Frankie Pain

lundi 8 février 2010

Voyager avec René Char (suite)






Mon inaccompli bourdonne d’essentiel.

Nous découvrons nos forces trempées de la sève de notre exil au monde de l’humain .

« Vie, où est ta victoire ?
- Dans celle-ci. Sur celui –là
- -Je sais, amie, que l’avenir est rare. »
René CHAR

Ecorces et jeunes feuilles d’érables ont des égards pour ce ventre héraldique ! dans les saunas sauf quelques femmes coquines aimeraient y toucher alors elles fouettent les fesses dans la fumée des pierres chaudes où une verse frénétiquement l’eau, la chaleur nous suffoque , nous chantons pour nous encourager , dans le trou dans la glace dans le lac nous allons faire trempette . Faire le bain .

Le divin à égoutter et dépêcher ses baumes et ses onctions salvateurs.

Il faut deux rivages à la vérité :
Des chemins qui boivent le brouillard qui gardent intacts nos rires heureux, nos pleurs de félicité.
La verve folle comme un torrent à la fonte des montagnes, des eaux glacées sur lesquelles j’ai dansé et frémis de peur et d’effroi.

Maintenant réchauffée des caresses inattendues du SOUK entre Moon et Sun ; mes qualités ont trouvé acquéreur heureux d’elles. Quitter les adjectifs mutilateurs

( LA suite )éditer sur le blog samedi 7 Février .

… leur source dans mon désir tari. Quelques sérosités, la terre des reins cassés, nous prenons soin à maintenir tout cela a un lieu de nous.

La neige n’accourait plus dans les mains des enfants. Elles s’amassaient et enfantaient sur notre visage devenu nordique des sourires ; dans cette nuit exiguë.

C’était pas vraiment la saison pour visiter la Mongolie- les jours sont si courts à peine là déjà partie comme la présence d’un président, d’un maire ou la visite d’un chirurgien. Pas tous.

Nous ne distinguions pas ce qui naissait. Etincelle d’origine inconnue, palpable. Un transfert inattendu, j’ai eu si mal à avoir une relation transférentielle avec mes psychanalystes, avec du recul je réalise qu’enfin ma relation à l’autre , l’Autre est enfin restaurée . Un des fruits de ce voyage.

Quelle aventure que cette Mongolie !

Les qualités que nous avons développées dans le désert urbain fait du voyage une félicité. Quand nous rentrerons à Paris nous ne pourrons vivre qu’en programmant un autre voyage, . . .

Le vaste silence ne se brisait pas, la vie s’y lisait éclairée.

Elle sait qu’un jour ou l’autre Fransèva frappera du regard, elle dessinera dans les yeux de l’autre, des autres, cet amour qui jusqu’à ce jour ne s’était livré à elle et lui ombrait sa ceinture, encaissée des alluvions de ce manque, des déserts y étaient accrochés et brinquebalaient avec de temps en temps le chant des youyoux des femmes pleureuses du Haut Atlas. Elle les avait fréquentées lors des ses chevauchées d’alpiniste.

S’éloigner, se courber fermement son aurore dans le dos, aux lentes péripéties d’une montagne aimée.

Rien ne demeure longtemps identique, combien de fois Christine lui avait rappelé.

Sergueï après le dîner du soir l’avait suivi dans sa cabine, leur confidence avaient rendu leur nuit plus épaisse ; elle l’avait installé dans la cabine du bas, elle s’était allongée dans la couchette en diagonale celle plus haute , dans son coin bibliothèque il avait pris un livre « Aromates chasseurs » de René Char et Sergueï lentement avait lu à haute voix . Elle écoutait, elle écrivait.

Quand il eut fini sa lecture, il lui offrit un tic tac comme dans un spectacle de Pina Baush il rappela l’image et dit : « le tapis mentholé pour un baiser ».

Elle dit oui,

elle avait vu ce spectacle en Allemagne,

elle était devenue la maîtresse de Milan, un des danseurs des 15 OOO œillets,

discrets ils turent la nouvelle mais elle s’était répandue comme une traînée de poudre dans le festival à Munich et cela avait suivi en Avignon.

Jamais sans elle. Quand il la perdait dans la foule, elle l’observait , il scrutait méthodiquement chaque rangée de gens. Au verger dans le dos du Palais des Papes quand Pina discutait avec le public, il était assis prés de Pina. Nous ne nous quittions pas du regard, c’est là qu’il fit parler le plus d’eux, il l’avait perdue une fois de plus , il la cherchait comme un fou quand il la vit, il la porta à bout de bras et la garda après sur son dos.

Tout le monde parlait de cet incident, il lui réservait toujours une place en premier rang du palais. Nous nous retrouvions à la sortie des artistes alors, il lui confiait ses bandages, ses fioles d’huiles de massage. Dés que nous passions la guérite du gardien de nuit de l’hôtel , il disait en la présentant : « ma masseuse » ! A six heures du matin il fallait déguerpir. Pina ne supportait pas que ses danseurs fassent des folies en chambre. Ne pas se faire voir des autres danseurs.

Elle descendit s’asseoir prés de Sergueï, elle lui lit son écrit :

-J’ai picoré les mots de René Char en votre lecture. Il a nourri mon fleuve souterrain. Il dit si bien mon voyage. Notre voyage.

Ils étaient blottis l’un contre l’autre comme des pigeons sur une branche une nuit d’hiver , dans le silence entre les fragments, elle s’accrochait à la chaleur transmise par sa joue sur le pull de laine de lama de Sergueï , c’était bon comme enfouie toute entière dans un édredon .

Après la lecture, un grand silence les enveloppa, un grand sourire ils échangèrent.

Elle dit :
Je trace la route .
- Ma fille disait aussi cette phrase là !

Les yeux de Sergueï libérèrent des grosses larmes bleues comme les rives de ses yeux, elle lui prit la main, la caressa.

Il lui parla de sa Claire jusqu’à la clochette du petit déjeuner.

A Varsovie Franséva avec Ivan avait recherché le marché où Thomas Bernhard avait trouvé le petit gilet en peau de mouton de Lermontov tant cité dans « La société de chasse » quand l’écrivain ouvrait et fermait la fenêtre dans l’appréhension de faire naître un aphorisme.

A suivre

dimanche 7 février 2010

Se lever du bon pied


BEAU DIMANCHE CHER LECTEUR ET LECTRICE ET BIEN SUR DU BON PIED
Se lever du pied gauche »


Être de mauvaise humeur (dès le réveil).
Mal commencer une journée.


Tout homme normal est droitier, c'est bien connu. Il est donc très maladroit (ou très gauche) de ses membres gauches.
Par conséquent, tout homme normal se lève de son lit en commençant par poser son pied droit par terre .

Si, par malheur, il vient à poser d'abord son pied gauche à celui du lit, par métaphore, la journée démarre très mal, peut mettre de fort mauvaise humeur.

Même si c'est un tantinet capillotracté, il ne faut pas chercher plus loin l'origine de cette expression.


Mais il n'y a pas que les humains qui soient concernés : dès le XVIIe siècle, on disait d'un cheval qui levait le pied gauche avant en premier, qu'il galopait sur le mauvais pied.
Est-ce que, pour autant, le canasson était de mauvaise humeur ? L'histoire ne le dit pas.

Il semble que cette expression ait changé de sens assez récemment, puisque le dictionnaire de l'Académie Française de 1932 indique que "partir du pied gauche", c'est "partir du bon pied, s'engager comme il convient dans une affaire".